‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 146 sur 245 · POÈTES · texte numérisé non relu

POÈTES

aux discours hasardés, à l’esprit athée et aux doctrines superticiellesquirégnaient à Berlin, il opposa unephilosophie toute sévère, dont nous parlerons bientôt,

Bernard Basedow, de Hambourg , esprit élevé, ne cessa dans sa Philaletia ou système de la saine raison, de ramener à l'utilité pratique {a philosophie, qu’il définissait l’exposition des connaissances qui peuvent être d’un avantage général. Il donnait l’analogie pour principe de la raison suffisante , et rendit la métaphysique populaire. 11 sungeait aussi à améliorer l'éducation en proposant des règles rationnelles et des habitudes opposées à celles qui étaient en usage, comme l’exercice en plein air, des vêteinents larges, des cheveux courts, le cou découvert , et le tout au grand scandale des gens routiniers ; il excluait des études le latin et le grec, et voulait que l’on cultivât en mê:ne temps la mémoire et le jugement.

Voss traduisit Homère, Virgile, Théocrite, Hésiode, Horace, Shakspeare, mais sans savoir donner à chacun le coloris qui lui convenait. Adelung publia un dictionnaire et une grammaire estimés, bien qu’il w’attribuât la pureté du langage qu’à l’ancien marquisat de Misnie et à un prétendu siècle d’or.

Jacques Bôdmer se fit l’adversaire de la littérature francisée, mais pour s'attacher aux Anglais, dont la gravité naturelle convient mieux aux Allemands ; i! traduisit Milton, écrivit , à l’imitation du Spectateur d’Addison, le Peintre des mœurs, publia les Minnesingers, et soutint ne guerre de plume et de plaisanteries contre Gottsched. Il it son pauvre poëme de Noé porté aux nues par toute une génération d’esprits qui se reconnaissaient pour ses disciples.

Tel était Haller, illustre naturaliste ; tel Wieland , tel , et le plus grand de tous, Frédéric Klopstock. Sa Messiode (1750-69) n’est plus une œuvre d’école, comme tant d’autres qui naïssaient et mouraient en Allemagne. S’inspirant de la Bible, il traça la vie de l’Honime-Dieu; comme la quiétude de la Divinité, exempte de passions, devait y jeter de la monotonie, il l’évita en variant les caractères des apôtres:et des esprits célestes, surtout par le lyrisme qui éclate par inte: valle dans ce poëme. Les incrédules l’attaquèrent avec acharnement, en haine d’un sujet religieux ; Gottsched Pattaqua par dépit de ce qu’il ne marchait pas sur ses traces. Klopstock gar.ia le silence et continua à travailler dans la misère , jusqu’au moment où le, roi de Danemark lui donna une pension. Il put s’écrier au terme : « Je l’ai espéré de toi, céleste « Médiateur, et voilà que j'ai terminé le cantique de la nouvelle

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