‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 148 sur 245 · LESSING. BAUMGARTEN: SCHLEGEL · texte numérisé non relu

LESSING. BAUMGARTEN: SCHLEGEL

. « triotes? Je veux donc posséder cet instrument efficace. On n’a

« fait que bégayer depuis l'invasion dés barbares jusqu’à Érasme ; « d'Érasme à Leibniz on a écrit; de Leibniz à Voltaire on a rai- «sonné; je parlerai. » Mais il prit un ton déclamatoire peu convenable à l’histoire ; il noie l’intérêt général dans les détails, et il ne connaît pas le secret de l’art, qui consiste à se cacher. Dans son Histoire universelle même, il s'arrête sur des faits particuliers , sans aucune idée générale ; ce n’est d’autre part qu’une esquisse des leçons qu’il faisait à ses élèves. Néanmoins , il a le mérite de s’être éloigné de la raillerie contemporaine pour admirer la grandeur, même sous d’autres formes que celles de notre société, et jamais il ne cessa de montrer Famour de la liberté.

Dégager la critique des entraves de l’école, où lon ne jurait que par Le Batteux, et donner à sa patrie ume prose nouvelle et de nouvelles appréciations du beau , tel fut le mérite de Lessing. Il passa en revue les drames étrangers représentés en France, et osa prendre Voltaire à partie, non sur quelques détails de ses œuvres, mais sur les caractères et les sentiments; pour bannir toute affectation d'élégance, À me craignit pas d’affronter la trivialité. Dans un grand mombre décrits, il vengea la littérature aïlemande des dénigrements de l’Académme de Berlin, et Von peut dire que Pesthétique naquit avec lui. Béjà Winckelmann avait commencé à observer avee une pénétration inconnue les monuments de Rome: associant dans l’Æistoire des beauxarts la théorie à la réalite, il vit les choses d’un point de vue

Müller, 1752-1809,

nouveau, bien qu’il fût adorateur exclusif de lantiquité. Les partisans de Winckelmann étaient tout à fait idéalistes ; Lessing voulut, au contraire, ramener l’art à l’individuel, au réel. Quoiqu’il ait donné dans cet excès opposé, il a le mérite d’avoir soutenu le naturel contre l’artificiel, et bafoué le clinquat classique ainsi que l'étiquette française. Il rajeunit la cr:'que en traçantles Limites de la poésie et de la peinture; mais l’ignorance où il était des chefs-d’œuvre de l’art antique lui porta malheur, et certaines de ses doctrines parurent fausses à l’application, même celles qu’il posait comme capitales. Il prétend à tort renfermer la peinture dans les bornes assignées aux arts plastiques, et tracer entre les beaux-arts une ligne inf:anchissable ; il met à part la poésie, qui est l’âme de tous les autres.

Une foule d'écrivains vinrent après lui, qui sondèrent toutes les sources du beau. Baumgarten, de Berlin, élève de Wolf et par lui de Leibniz, donna le premier une forme systématique à la théorie du goût, qu’il intitula esthétique, en la définissant l’art des belles pensées, en même temps qu’il la présentait comme un sentiment, la faisant dériver de la morale. Il la divisa en théorique et en pratique, et plaça le beau dans la connaissance parfaite, qui consiste à ramener les pensées à l’unité, dans la beauté de l'ordonnance et dans l’expression des pensées et de leurs objets : conditions du beau qui se trouvent détruites par les contradictions dans les pensées, le désordre des idées et des objets, l'expression fausse ou vicieuse. Ce n’était qu’une première tentative; mais depuis lors, l’esthétique fut constituée comme science indépendante par Mendelsohn, Sulzer, Éberhard, et devint une partie de la philosophie. Sulzer, métaphysicien estimé, donna une Théorie universelle des beaux-arts, en se proposant de les rappeler à leur destination , c'est-à-dire à l’utilité sociale, et de former à l’aide du beau de bons citoyens. Tieck et Hagedorn dirigèrent leur attention sur la peinture et la poésie antiques; Herder. Heinsius, Gœthe portèrent la leur sur tout le domaine de Part, en fondant l'esthétique sur la psychologie ; Schiller appliqua la doctrine de Kant.

Guillaume Schlegel nous a donné le cours de littérature dramatique le plus étendu et le plus profond. Son frère Frédéric supposa qu’il ne pouvait y avoir de véritable science qu'avec la connaissance de tout; il étudia donc toutes les langues, se fit le contemporain des Romains, des Grecs, des Chaldéens , ües Indiens, et, de la comparaison des mots qui expriment les idées primitives, il déduisit l’origine connue des hommes. Dans l’his-

DIX-SÉPTIÈME ÉPOQUE.

toire d prenait piratio offrent parut à et des génie Q et en d tience, taines ions p un type

seulem ses CO génies

exciter

Ains

De

r'appro lieux d littérat avait i march:

des An Ce f qui, de pooula il s’élè du pre une pl rituali raillai ries € Jea tions sonce de to un st phra vent

quité. Les 8 ; Lessing réel. Quoi- ’avoir souant classirique en ais l’igno- > lui porta à l’applicaprétend à S aux arts nfanchislas autres, ent toutes b Wolf et atique à ssant l’art it comme divisa en nnaissance , dans la sées et de ruites par ées et des première e comme rhard, et en estimé, proposant é sociale, k et Haoésie anut le doie ; Schil-

ture dra- Frédéric u’avec la >s, se fit ns , des les idées ans l’his-

Page 1