‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 160 sur 245 · LITTÉRATURE ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE ESPAGNOLE

Vimportance du pays de Noütka, chaîne dé montagnes ou de forêts impraticables, à l'exception des bordures verdoyantes le long de la: mer, toutes en golfes et en ports, avec une témpérature tellement douce, à une pareille latitude, que les plantes d'Europe s’y acclimataient. Les Espagnols s'étaient établis, ‘dès 1774, dans le port Saint-Laurent pour la pêche de la baleine et d'autres cétacés, pêche qui est extrêmement'abondante. Le commerce des peaux et des fourrures y attira les navires anglais , russes, français, et le portde Noutka fut bientôt considéré comme le principal marché de la côte nord-ouest de l'Amérique. Les Espagnols, jaloux de cette concurrence, envoyèrent des gens pour y construire une redoute, ét ‘arrêtèrent un bâtiment anglais qui arrivait avec ordre d’agir'de la même manière. Maisl’Angleterré obtint par ses armes une réparation complète des prétendues injures qui lui avaient été faites; elle eut la liberté de naviguer et de pêcher tant dans la mer Pacifique que sur ces côtes, et bientôt elle planta son drapeau sur les ruines du fort espagnol (1789 ). Charles IV monta sur le trône à l’âge de quarante ans, au moment où commençait la révolution française, dans laquelle il devait se trouver entraîné,

Philippé'V ne prétendit importer en Espagne ni les usages, ni la littérature de la France ; cependant il institua, à l'exemple de son pays natal, uné Académie royale (1714), qui abolit le gongorisme et donna un excellent dictionnaire. Il fonda aussi l’Académie d'histoire (4735), qui $’appliqua à des recherches d’érudition nationale ; mais l'influence française se fitsentir en Espagne comme dans toute l’Europe ; en effet, lorsque certains auteurs se tenaient cramponnés à leurs dladsiques jusqu’à imiter leurs incorrections , d’aûtres introduisaient le sans:façon raffiné de leurs voisins. Le théâtre conserva mieux les formes nationales, bien que parfois il enfantât, en y mêlant les formes françaises , des monstruosités sans caractère.

François Brancas Cadaneo, J oseph de Canizares, Antoine de Zamora, Gérard Lobo étaient à la tête des conservateurs ; l’Origine de la langue espugnole , de Grégoire Magans y Siscar, est écrite dans le séns de leurs doctrines. Les novateurs avaient pour chef Ignace dé Luzan, qui compose une poétique (1737) en cinq cents pages in-folio, appuyée sur des auteurs et des exemples français. Il prétendait ramener la poésie à son but primitif, celui de servir à la morale, et faire renoncer aux hardiesses pour atteindre à l’élégance ; aussi met-il bien au-dessous des modèles français la fécondité aésordonnée de l’ancien théâtre espagnol. Vélasquez pense

4788, 13 août,

Influence française,

de même (Origine dé la poésie espagnole, 1754 }; c’est un homme de goût, mais incapable de se reporter dans les temps passés et d’en deviner l'originalité. Au milieu de tant de discussions et de tant de règles, il ne surgit aucun poëte digne de mémoire dans une littérature qui avait commencé avec une énergie si luxuriante. Il ne parut guère d’original que quelque Auto sacramental, genre qui fut ensuite prohibé par Charles IIL'en 4765.

Cependant, lorsque Garcias de la Huerta fit paraître sa Rachel (1778), pièce conçue à l’ancienne manière, elle fut accueillie avec un enthousiasme patriotique. Quoiqu'il suivit le goût national, il se laissait subjüguér par la manière française ; dans quatorze volumes de compositions du Thédtre espagnol, publiés par lui (1788) en opposition aux gallicistes, il n’osa insérer que’ des comédies de cape et d’épée, et un seul Auto. Il ne nomme même pas Lope de Véga, quoiqu'il reproduise beaucoup dé pièces de Caldéron, et se plaise dans ses préfaces à maltraiter les auteurs étran-

gers peu favorables à ce 'poëte, notamment Quadrio; Bet- .

tinelli, Tiraboschi, dont les jugements avaient été moins ménagés. Don Lopez de Sedano recueillit (Parnasse espagnol, 41768)) , avec une égale timidité, les productions lyriques; mais, dans ce genre, il yen eut peu dont le nom ait retenti au dehors: Nous citerons Iriarte, auteur de fables gräcieuses ; Jean Melendez Valdes, chantre d’amours et de pastorales, que ses: Chansons populaires mirent en crédit, et Moratin, qui écrivit des comédies élégantes et sensées, FH

La plus heureuse imitatioz de Don Quichotte est due au jésuite de Isla, qui, dans la Viede frère Gerundio de Campazas (1), tourna en ridicule le style affecté et les mauvais prédicateurs. Gerundio avait appris, en fréquentant dés capucins, que son père traitait généreusement, un grand nombre de textes détachés qu’il ne comprenait pas, des propositions théologiques qu’il entendait mal, mais qui, grâce aux applaudissements de ces bons religieux , lui avaient fait une réputation dans sa patrie, Son père l’envoya donc aux écoles, où l’auteur contrefit l'enseignement pédantesque , les graves disputes sur l'orthographe, l'ignorance magistrale de l’hu-

” maniste qui cite à tort et à travers des passages latins, et émer-

veille les écoliers par des titres de livres et le pathos ampoulé des dédicaces. On en cite une entre autres d’un Allemand, adres-

(1) Historia del famoso predicador fray Gerundio de Campazas, alias Zotes, escrita por el lic. d. Francisco Lobon de: Salasar ;1758-1770, deux vol. in-40,

est un homme temps passés discussions et mémoire dans si luxuriante.

nental, genre

ître sa Rachel iccueillie avec ût national, il quatorze voibliés par lui r que des coomme même pièces de Calauteurs étran-

Juadrio; Bet- .

pins ménagés.

:4768:) , avec ans ce genre, Nous citerons Valdes, chanopulaires miélégantes et

ue au jésuite as (1), tourna rs. Gerundio père traitait qu’il ne comtendait mal, religieux , lui ‘envoya donc antesque , les trale de l’huns, et émerhos ampoulé and , adres-

mpazas, alias 758-1770, deux

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