LITTÉRATURE ESPAGNOLE
sée « aux trois seuls souverains héréditaires sur la terre et dans le ciel, Jésus-Christ, Frédéric-Auguste, prince électoral de Saxe, et Maurice-Guillaume de Saxe-Zeits. »
Gerundio finit par se faire moine, grâce à l’éloquence d’un prédicateur, et aux exhortations d’un laïque, qui lui exposa les plaisirs des novices, etles jouissances plus grandes encore que procurent, une fois qu’on est monté en chaire ; les dons dévots, sans compter l'attrait des confidences féminines. Frère Blaise, le prédicateur le plus renommé du couvent, savait se concilier les femmes soit par l’art avec lequel il arrangeait son toupet et sa robe, soit par de douces paroles, soit par des propositions inattendues qui excitaient la curiosité (4). |
Gerundio se forme sur ces modèles; il grandit en renommée, et l’auteur nous régale de quelques-uns de sessermons, mélange bizarre de sacré et de profane, sans connexion ni sentiment.
Cette satire, exagérée comme le sont touteslessatires, et quiattira sur le jésuite la colère de tous les ordres monastiques , cette satire nous montre toutefois à quelle corruption était arrivée l’éloquence
après qu’on eut porté dans la chaire, son seul asile, les réveries
de l’école, les prétentions mesquines du style châtié, une folle étude d'harmonie, une érudition affectée, un enchevêtrement laborieux de la période, la recherche de l’étrange et de l’inattendu.
L’Espagnol José de Samoza décrit ainsi, en 1760, la manière de vivre à Madrid, qui était celle d’une grande partie de l’Europe : « Tout gentilhomme, en sortant du lit, attendait le barbier. Puis le perruquier venait peigner, pommader, édifier et poudrer la tête, ce qui était fort long. Alors seulement on procédait à la grande affaire de s’habiller, ce que les plus lestes ne terminaient pas en moins de trois quarts d’heure, tant il y avait de pièces à ajuster, d’agrafes à mettre depuis celles qui soutenaient le col jusqu’à celles qui serraient les chausses. Cette architecture terminée, notre homme ceignait son épée, et priait Dieu qu'il fit beau, attendu qu’il allait affronter l’intempérie de l’air de pied ferme et la tête découverte, quelque temps qu’il fit.
(1) Ainsi il débute une fois en ces termes : Je nie que Dieu soil une seule essence en trois personnes. Tous restent stupéfaits, et il continue en ces termes : C’est ainsi que parlent l’ébionite, le marcionite, l’arien, le manichéen ; mais, etc. Une autre fois il monte en chaire, et s’écrie : À votre santé, chevaliers ! Tout le monde part d’un éclat de rire, ce qui ne l’einpêche pas de continuer ainsi: 4 n’y a pas de quoi rire, chevaliers ; car Jésus- Christ, par son incarnation, a pourvu à votre santé, à la mienne et à celle de tous.
« Allait-il à pied, il lui fallait la plus grande précaution pour préserver de la houe ses bas de soie blanche et'ses souliers’ à # Mahonnaise. J'ai connu un jeune officier qui se fit'uné' grande réputation pour avoir traversé Madrid en hiver sans sé crotter; c'était un talent de quelque importance dans un temps où tous devaient aller prédestrement, ce que ne font aujourd’hui que'les négociants et les gens d’affaires. Les plus indépendants étaient astreints à certaines convenances , réglées par un cérémonial inexorable, qui ne laissait pas un seul jour de repos. On célébrait trois Pâques, à Noël, à l'Épiphanie et à la Résurtection; il y avait le jour de la fête du saint, il ÿ avait le bout de l’an. Manquer à Pun de ces devoirs suffisait pour que deux familles devinssent ennemies. Le moindre Voyage exigeait des visites de congé, que chacun rendait le lendemain ; il en était de même’ au retour, Quand venait la fête d’un saint dont lé nom était un peu répandu, l’étranger qui entrait dans une ville pouvait croire qu’il y ‘éclatait un incendi: où une sédition , tant lu foule courdit empréssée, se heürtant, se bouleversant , criant par les rues. Les ‘artisans mouraierit à'la peine pour servir tant de pratiques , qu'il fallait peigner, chausser, habiller dans ces grandes circonstances. Telle était la société dans les jours solennéls.
« On dinait à une heure; ôn mangeait; plus qu’à présent, et il fallait plus d’habileté pour savoir manger que pouf gagner de quoi mangët. On s’adaptait sur les manchettes c:*tains ‘eritonnoirs de carton. D'autres machines ‘avaient ‘été inventées pour garantir des taches le bord de Thabit et le col de la chemise ; mais aucune n’était si compliquée et si singulière que celle dont on se servait pour faire la méridienne, usage général de notre ‘climat. J'ai vu le célèbre Jovellanos dormir le’ nez sur l’oreiller, mais sans le toucher autrement qu avec le front pue ne pas se défriser.
« Il n’était permis qu'aux personnes qui n’avaient point de visites à faire le soir de délivrer leur chevelure de cette gêne en l’enveloppant-d’une résille. Quelquès-uns sôrtaient couverts d'une cape écarlate ; mais il n’en étaient pas plus à l’aise dans leur promenade, les bas de soie et les escarpins ne leur permettant pas de s’écarter du chemin royal. Cependant la condition des homines était meilleure que celle des femmes; car ils pouvaient du moins appuyer le piéd par terre, tandis que, perchées sur de hauts talonsen bois, elles étaient contraintes à une marche chancelante et dangereuse. Étranglées impitoyablement par un corps de baleine, quel exercice pouvaient-elles faire, et comment n’auraient-
caution pour s souliers à /a L'uné' grande 8 se crotter; :mps où tous d’hui que'les ts étaient asnonial inexoélébrait trois y avait le jour à Pun dé ces nnemies. Le aCuñ rendait nd: venait la étranger qui ün incendis hevrtant, se utaierit ‘à 'lo ner, Chausit la société
résént, et il * gagner de ains ‘eitonentées pour emise ; mais dônt on se tre ‘climat.
'eillér, mais | pas ’se dé-
nt point de tte géne en iverts d’une 1 leur promettant pas es hommes t du moins Je hauts tachancelante orps de ban’auraient-