‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 17 sur 245 · LA PRUSSE. FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

LA PRUSSE. FRÉDÉRIC

29 avril.

Frédéric Ier.

a DIX-SEPTIÈME ÉPOQUE.

versation des hommes instruits et des étrangers embellirent sa cour, où elle savait maintenir l’harmonie sans recourir à l'intrigue. Belle, elle aimait à s'entourer de jolies femmes, et se plaisait à l’entretien de celles qui étaient renommées par leur esprit; elle entretint avec Leibniz une correspondance suivie, dont la Théodicée fut le résultat , et favorisa les principaux poëtes allemands. Si nous en croyons Frédéric IE, elle refusa à son lit de mort l’assistance du ministre en disant : Laissez-moi mourir sans disputer; et, s’adressant à une de ses amies qui pleurait, elle ajouta : Ne me plaignes pas ; car je vais satisfaire ma curiosité sur des questions que Laibniz n’a jamais su me résoudre pleinement, l'espace, l'infini, l'être, le néant, at je vais fournir à mon mari l'occasion d'une pompe funèbre où il pourra déployer sa magnificence.

C'était une allusion piquante au peu d'amour de son mari pour elle et à son faste, qui parfois dégénérait en prodigalité insensée , au point de donner un fief de quarante mille écus à un chasseur. On conçoit que.ce prince brûlât d’envie de porter la couronne, surtout depuis qu'il avait vu le due de Brunswick-Lunebourg élevé au rang d’élegteur, le prince d'Orange monté sur le trône d'Angleterre, et l'électeur de Saxe devenu roi de Pologne. Comme il arrive souvent, en effet, que les noms des choses décident, il lui sembait qu'avec le titre de roi il s’affranchirait « de ce joug de servitude sous lequel la maison d'Autriche tenait tous Jes princes de l'Allemagne (4) ». Il sollicita donc l’assentiment des puissances et enfin le plus difficile et le plus nécessaire à obtenir, gelui de l’empereur Léopold; il réussit en lui promettant de donner toujours son vote pour l’Empire à l’aîné des archiducs ; mais le prince Eugène s’écria : Léopold aurait dû faire pendre des ministres qui lui donnèrent ce conseil imprudent.

Frédéric ne prit point le titre de roi des Vandales afin de ne pas blesser la Suède, ni celui de roi de Prusse par égard pour le Pologne, mais celui de roi ex Prusse; il se couronna de sa propre main, avec une pompe sans égale, et mit tout en œuvre pour se faire reconnaître de l’Europe. Néanmoins, le pape et le grand-maître de l’ordre Teutonique , dont le chef-lieu était à Mergentheim , refusèrent toujours de le reconnaître, le considérant comme hérétique et xsurpateur des possessions ecclésiastiques. Il en fut de même de la France et de l'Espagne, qui voyaient en Jui un ennemi; mais les autres puissances l’admirent, dans l’espoir qu'il emploierait pour leur intérêt son or et ses troupes dans d:s

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