FILANGIERI
étre corrigés que par l'expérience. Mais les hallucinations qu’éprouve celui qui a vécu dans les ténèbres ne se guérissent pas en l'y replongeant ; il lui faut, au contraire, une lumière complète. Filangieri, jeune, bienveillant, persuadé qu’il suffit d’annoncer la vérité pour la faire adopter, ne calcula point les difficultés, et par suile conçut des espérances illimitées Le gouvernement anglais, tout historique, qui conserve tant d'abus parce qu’ils protégent tant de libertés, lui paraissait devoir être réformé selon les idées spéculatives du temps: toutefois. bien qu’il en comprenne les difficiles particularités, « rstitution des jurés, il le croit en général pire que le px bsolu, et désapprouve la puissante conservée à | insi que la chambre haute, et son heureuse ap odifier les lois.
En ce qui touche le criminel, il embrasse moins es lois pénales que celles qui règlent la procédure, et il révèle avec chaleur les abus, quoiqu'il prenne aussi pour base, lorsqu'il s’agit d’édifier, les systèmes fallacieux de pactes sociaux. Du reste, on y chercherait vainement quelques idées nouvelles. Sa vénération pour les philosophes d’alors, dont il traduisit des pages entières et adopta beaucoup de raisonnements, lui fit chercher l’origine du droit pénal dans la défense qui appartient à chacun dans le fantastique état de nature; cependant tous les grands penseurs, ceux de la Grèce même, avaient proclamé qu’on ne doit pas punir un coupable parce qu'il a failli, mais pour empêcher les méfaits futurs et l’améliorer. Après avoir indiqué heureusement les ressemblances entre l'instruction judiciaire en Angleterre et celle des Romains, il invoque la procédure publique et contradictoire ; il s’élève contre le secret, les cachots, et repousse le système de l'accusation par le ministère public ; il voudrait qu’elle appartint librement à tout citoyen. Attribuant, avec les philosophes français, une importance suprême à l’éducation, il trace le plan d’une éducation où les jeunes gens, soustraits à l’affection domestique , sont façonnés par l'autorité comme il lui plaît.
Montesquieu n’a pas considéré la bonté absolue des lois, mais leur bonté par rapport aux temps et aux lieux, en recherchant les causes des lois qui paraissent le moins conformes à l'idéal. Filangieri, tout au contraire, admet la bonté absolue des lois, et s'arrête plutôt sur les imperfections de la société que sur les résultats qu’elle produit. Montesquieu observe les motifs de ce qui s’est fait ; l’auteur italien indique ce qui aurait dû se faire, en supposant toujeurs à l'individu un sens plus droit que le sens
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