‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 19 sur 245 · LA PAUSSE, FRÉDÉRIC II · texte numérisé non relu

LA PAUSSE, FRÉDÉRIC II

. » à 2. cs MR 0 OO Ur RES PES ESS ne EEE Sa sp vi

Frédéric Il, 41 mal. :

40 DIX-SSPTIÈME ÉPOQUE.

qüand le bruit se répandit qu’il voulait épouser la fille de Georges II. Ce prince achetait-il des livres, son père les lui arrachait ; jouaitil dé la flûte ; son père la lui brisait; il lui donnait dgs coups de canne, lui arrachait les cheveux, le menaçait de l’étrangler, le mettait aux arrêts, Frédéric, ayant tenté de s'enfuir pour échapper à cette tyrannie , fut traduit par son père comme déserteur devant un conseil de guerre: Attaché à une fenôêtre , il vit la jeune fille qui lui avait prêté assistance fouettée par la main du bourreau ; sa sœur, qui intercédait pour lui, frappée à coups de poing par son père ; et Katt, son confident, fusillé sans pitié, Lui-môême fut condamné à mort, et n’échappa que parce que Charles VI le réclama comme prince de l’Empire.

Frédéric IE succéda à son père à l’âge de vingt-huit ans. IL tenait de lui l’activité , la hardiesse du caractère , l'économie , l’inclination pour la justice et les armes , et il joignait à ces qualités J’amour du savoir et de la philosophie , transplantée en Prusse par les Français fugitifs ; il se concilia l'opinion en se proclamant le disciple de Voltaire ; qui à son tour le protégea de ses éloges , et promit au monde un nouveau Titus. Frédéric écrivit sous cette inspiration l’Anti-Machiavel, où il fait la satire des perfidies , des astuces ; des actes arbitraires des rois, de tous les vices, en un mot, dans lesquels une fois monté sur.le trône, il chercha ses moyens de grandeur.

En effet, sa politique fut celle de l'intérêt; ilregarda la religion comme un préjugé utile pour le peuple, fit ses dieux dela force et de l'esprit, sans pour cela devenir cruel, L'observation et l’histoire l'ayant doué d’un coup d'œil juste, il résolut d'accomplir et même de dépasser les espérances de ses pères; s'ils avaient conquis le titre de roi, il voulut conquérir la réalité et en exercer les droits sur une échelle proportionnée à son génie.

A peine monté sur le trône, « il étudie sa position, dit Guibert (4) ; ilembrasse le passé , le présent , l’avenir: il voit ses provinees éparses, ses ressources faibles et divisées » 88. puissance précaire et entourée de voisins formidables. Sa maison n’est plus, à la vérité, resserrée dans les sables du Brandebourg , comme elle l'était il y a un siècle; elle a jeté de tous côtés, et de près et au loin ; des rameaux étendus; il a des possessions sur la mer Baltique; sur le Veser, sur l’Oder, sur l’Elbe , sur le Rhin , jusqu'aux frontières de la France et de la Suisse ; mais presque toutes ces possessions, sans liaison, sans communication, sans rapport entre elles,

(t) Alogé du roi de Prusse.

Page 1