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LE PIÉMONT

pestive; puis, dès qu’il crut pouvoir le faire sans danger, il les réunit, et lui rendit sa résidence de Mencalieri, où il mourut plein de résignation.

Charles-Emmanuel IIE, qui jusque alors était resié éloigné des

affaires, et dont l'éducation avait été très-médiocre, montra plus de qualités qu’on n’en attendait de lui; secondé par les con-

. seils du marquis d'Ormea, le Richelieu du Piémont, il aida, avec

une lenteur prudente, au développement de la prospérité dans ses États. Nous avons vu les avantages que lui valut la guerre, et qu’il assura par le traité de Worms une. bonne partie du Milanais; quant au duché de Plaisance, auquel il prétendait, il eut comme compensation une rente de 328,000 livres, égale au revenu de ce pays. "

On regarda comme une œuvre capitale le Codex carolinus publié par lui en 1770, dans lequel il reproduisit l’œuvre de Victor- Amédée II, en y ajoutant de nouvelles lois pour en assurer les effets ; il en ordonna la publication, « afin que toutes les provinces, villeset communautés obtinssent le bienfait d’une législation uniforme, » Toutefois, il prescrivait que, dans les cas non prévus, on appliquât les statuts locaux, et, à leur défaut, qu’on eût recours au sénat, enfin au droit commun ; c'était rétablir les anciennes complications. Le pays fut protégé par les forteresses d'Exilles, de Demonte, de Fenestrelle ; il améliora l’armée. Bien qu’elles fussent réprouvées par la censure, il revit lui-même et fit imprimer les révolutions d'Italie, de Denina, et il répondit à ceux

qui s’en étonnaient : J'aime mieux les esprits modernes que les

vieux pédants. Il disait encore : Je ne connais pas de meilleure méthode d'études pour un État que de choisir de bons mattres, et de les laisser enseigner à leur manière (1),

Le c.::.t1 Bogino, qui, après avoir été employé dans la diplomatie, était alors ministre d'État, imprimait à l’administration une direction active ; il termina le cadastre, réforma les monnaies, chercha même à s'entendre avec les autres princes italiens pour les rendre uniformes dans la péninsule , s’appliqua à relever les études, jusque-là négligées, et affranchit la Savoie des mainmortes et des liens féodaux.

La Sardaigne, érigée en royaume, cessa d’être une de ces provinces dont la diplomatie se sert comme d’un appoint pour égaliser les poids dans la balance. Devenue propriété inaliénable, elle acquit par sa réunion avec la petite Savoie une plus

(4) Roseuri, Lettre à un professeur dans le Frioul, 1777.

ss,

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dndé finporlaïte que celle qu’elle avait eue avèt l'Espagne. tr en fit contiattié la Valeüt; il chercha à faire dispatätre

u à peu les inégalités établies par l’Espagné, à encourager Page türe par des mors de sécottés, à détruité les btigands, lés véngeances Sdhguinäirés el Ces rivalités qhé les Aragonals avaient éntiétenües Entré les deux factiohs qui së paitägéaient l'île. 11 à répeuplà at moyen de colbnies, surtout dés gehs de Tabaïca, cidfgéd divérs suvañils de ürééser la carte dë cé pays préique ignôté, et lohda les üivérsités de Cagliari ét dé Sassaris il fit prévaloit là lätiguë Hallénnie sur l’éspagtibl, et dimintia le nombre des emploÿés forestiers.

Cëpendant là ctäinte des innovätions dômifiait dans le royaume, avec le respect pour d’absurdes préjugés. Des entraVes qué l’on biisait alllèuts ÿ étaieñt rtinititentiés et fortitiées. Alñéri, Lagrange, Déhina, Berthôllét, Botloni durent renoncer au séjour de leu pätrie. Alfleri s’ébtitiyäit d’uti pays amphibie avec une Cour et un ÿouvernement français, des mœurs et des croyances ilaltennes et où lon entéhid patler que du roi.

” Lés princes lotfäifis qui succédäient aux Médicis trotivérétit 14 Toscané façonnée à uhe douce obéissance et livrée atlx abus di pouvoir. Le 8tatüt floténtin, réformé eti 144$, conténait ce qué l'aniéisnné expérience avait prodüit de plus sage, ét stppléait äux latünés des statuts partiels, dont il existait environ 4500; il réptiriait la fécdalité; mais Cosnie L°*, pout se procüter de l'argent et ün apbut, attira bédtcouüp d'étrangers par la concession de fiefs , ét il se forma un grand noinbre de seigneüries, impériales où grand-dücäles. Il existait encore quarante-sept fiefs, dont les seigneurs arrogants btävaiënt la loi. Les emiperèurs avaiënt inVesti là famille Bourbon du fiéf du mort Sainte-Marie, situé &ur les cotifins dü territoire papäl, dans uné contréé shuvage, refuge dé brigands ét de bannis; dont les marquis féis:erit les inStruthéhits de léur oppression. La brañiché qui vivait sur te fief était très-pauVre j l’autte, établie à Cortone, avait de gratides richesses, qui excitäient l’envié de la première, composée de dix frères, tous d’un caractère violent, mafs surtout HäYitiond, moine aposëtat et libertin. L’un deux, Jean-Baptiste, provoqua le marqüis Autoti Marie de Cortone. Malgré les aveftissements de lä régence, il s’adonna au brigandaäge, ét devint redoütable dans tout le voisinage. La justice 1 fait arrété, et lé jette dans üne prison de Cortone; ses frères alors sonnent le tocsin, et Raymond se met à la tête de plus de cent satellites pouf aller

Espagne.

isparäître COUrâger Dtigands, Aragonais

igéaient

sde Tacé. pays Sédsari:

mintüia le

Dyaume, qué l’on grange, dé leur

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le délivrer ; il fallut envoyer des troupes pour rassurer les cités vôisities épotwantées.

Les Bodtbons se réfugièrént dlors sur le térritoire pontifical. HayMünd ét l’uri dé ses frères fütént énéuite condamnés aux galèrès fout dus tsstssinats; les autres, qui avaient chérehé un asile dans uit couvétit dé franciscains , eh sbrtületit de tertips À autre pôur Volet; ayant désuilli lé Châteai dé Plin Castägnäjo dans le Siénnüis ; Îls füfent répoussés par la force, mais noi pas sans faite betconp de victiines. La régencb (1754) publia des édits emptéints dle la fétocité de cette législation, ét l’on offrait des récompenses à quitotiqué assabsinait l’un dé éés bandits; puis cottimença tih'ptocès qui, énitravé par lés priviléges, dura plusieurs anméés, et les châtiménts qui furent infigés perdirent méme l'effet de l'éxémplé (4).

Leslois gr'and-dücalés, sages souvent, étaient parfois emphatiques et obstures dans leut rédaction} éti outre, comme elles n’abolissaiëtit pas lés lois antétièurés , éllës ämienaiëtit unë confusion

inéxtriéublé, très-favorable à 14 chitané. Lés peines étaient

souvent atrocbs et sans fappoit #véc lés délits ; lès édits sanguiniaires dé Cüsne I conitré 168 rébelles s6 trouvaient encore én viguëtr (2). Le systêtiie dés financés, comme partout, était fort cottipliqué, ët l'on distingithit mal te pâtrimioine publie des biens allodiaux dés Médicis. Cosme IIE ééaga même de s'approprier, pouf ert faire Süh pätrimoiné, tous les Immeubles de l'Etat; soit des villes, sit dé la éätipagné (3), dé même que lés acquisitions provèhatit dé terrés bonifiées, de confiscation , d’amméndes péèunidires, de sticcéssiüns, d'impôts, dë droits royaux. La dette publique, qui né dépassait pas cinq millions de ducats à l’ävérierent des Médicis; s'élevait à quatôtzé millions quand leur règne cessa : chargé énotme pout utile popuülätion de neuf cént mille habitants à peiné, ét privéé dé sës añtiénnes ressources. Le commerce était tombé, soit par le causés générales , soit entore parte que les ducs avaient continué le négoce au préjudice évident de léurs sujets; en outre, dès le mornent où l’ordte de Suint-Étienne fut regardé comme en guerre perpétuelle avec les musulmans; les ports d’Afriqué et du Levant furent fertnés au négociants. Les

(1) Zomr, Hist. civile de la Toscane, livre IL, ch. 4. (4) Voir Gairozzt, Hist. du Grand-Duché.

- Pintorn. Wist. de la Toscane.

Poder, Saggio sul sistema livellare;

(3) Motu proprio du 6 décembre 1721.

commanderies de cet ordre et de celui de Malte, les biens de mainmorte , les fidéicommis, les nombreuses servitudes de pâturage et autres entravaient la propriété; le dessèchement des maremmes fut même rendu inutile par le droit réservé aux habitants de faire paître les troupeaux sur les terres ensemencées ; bien plus, dans certaines localités, il fallait que le sol fût laissé trois ans de suite en pâturage. Le paysan était obligé de nettoyer les fossés le long des routes, et de servir de sa personne ou bien avec des chars, à la requête de la commune. Ailleurs, tout membre de la commune avait le droit de faire une nouvelle semence après la première récolte du propriétaire.

Le nonce en Toscane jugeait les causes qui étaient du ressort du tribunal ecclésiastique d’après le concile de Trente; et les appels interjetés par les évêques : il avait la faculté d'empêcher les séquestres et de restituer la totalité des biens; de créer des notaires , des docteurs en théologie, en droit canonique et civil, en médecine, ès-arts ; d'accorder des dispenses pour les irrégularités de naissance ou les vices du corps, afin qu’on püt recevoir l’ordination. Il: pouvait encore accorder d’autres dispenses aux individus en possession de bénéfices, pour certains péchés secrets ou des cas réservés ; changer des vœux, relever d’un serment à l'effet de pouvoir agir; légitimer des bâtards, corriger d’autres irrégularités, les homicides et le crime de lèse-majesté exceptés; entrer quatre fois par an dans les monastères de religieuses, avec trois femmes honnêtes; aliéner et donner moyennant redevance, pour évidente utilité, les biens ecclésiastiques ; prendre possession des bénéfices vacants, accorder des indulgences pour sept ans, et des dispenses pour les mets prohibés.

A côté de ce pouvoir fonctionnait encore l’inquisition. Un moine napolitain , nommé Cimiro et chancelier de l’inquisition à Sienne, fit arrêter et battre un mari qui, disait-on, le gênait dans certaine intrigue ; mais le, capitaine de justice le fit mettre en prison, d’où; il parvint à s'enfuir; alors ses complices furent condamnés, et l’on décida que les hommes du pays seraient seuls admis dans le saint office. Ce fait fixa l’attention. sur l’inquisition, d’autant plus que les esprits furent excités par un nouvel acte de rigueur; en effet, les francs-maçons s’étant répandus dans le pays, au point qu’on en comptait, disaïit-on, jusqu’à trente mille dans Florence, le saint-office s’en effraya, etilen arréta plusieurs, entre autres Thomas Crudeli, qui mettait plus de feu dans ses discours et plus d'idées dans ses vers qu’on n’était dans l’habitude de le

: faire alors. Jeté en prison, il subit les angoisses d’une procédure

biens de s de pa.

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