‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 202 sur 245 · SCIPION RICCI · texte numérisé non relu

SCIPION RICCI

beaucoup de moines, entre autres les barnabites, qui se vouaient à l’éducation. Il décida que les supérieurs seraient responsables de l'observation de la règle, et qu’on donnerait les cures au concours ; ilrendit les professions religieuses difficiles, défendit de publier les censures contre ceux qui violaient le précepte pascal, et ordonna de prêcher contre les flagellations, les pèlerinages et toutes les dévotions non approuvées par le gouvernement. Les tribunaux épiscopaux furent forcés de se restreindre aux causes ecclésiastiques, et celles-ci durent être discutées dans la langue vulgaire ; les évêques eurent à donner aux curés l'autorisation de connaitre des cas réservés ; plus de processions, à lexception de celle du saint-sacrement ; les images pieuses durent être continuellement découvertes ; enfin le tribunal de la nonciature fut aboli. Disposé à secourir les évêques, il voulait qu’ils s’adressassent directement à lui quand ils avaient des besoins; mais malheur à eux s'ils cherchaïent à se mêler des affaires du gouvernement.

Léopold était poussé dans cette voie par Scipion Ricci, évêque de Pistoie, homme pieux et docte ; mais imbu des doctrines des théologiens français, il confondait avec la superstition certaines pratiques au moins innocentes. Dans son évêché, il défendit le Chemin de la Croix, le sacré cœur, ordonna une enquête sur les reliques et lesimages miraculeuses, dont il supprima les moins authentiques, et abolit les chapelles privées et les fêtes superflues. En même, temps, il poussait à la dévotion envers Catherine des Ricci; il se plaignait encore du relâchement dans le jeùne de carême et de ce qu’on mangeait, à la réfection, autre chose que des figues et des raisins secs.

À Pistoie, on avait établi une imprimerie pour dévoiler les injustes prétentions de cette Babylone spirituelle, qui a bouleversé et dénaturé l’économie de la hiérarchie ecclésiastique, de la communion des saints, de l'indépendance des princes. » De là sortaient les mille opuscules jansénistes alors à la mode; en répandant ces livres, en parlant continuellement contre les prétentions hildebrandesques, la dornination monacale et romaine , l’opiniàtreté que mettaient les prêtres et les moines à se venger non-seulement des offenses, mais de toute opposition, » Ricci suscitaides questions ignorées jusque alors en Italie.

Ricci corrigea de graves abus dans certains monastères , et dirigea des poursuites contre deux religieuses, accusées d’une exécrable quiétisme ; mais Paul VI le désapprouva quant aux procédés, en lui recommandant la prudence et la modestie, Le gouvernement se crut blessé par ces observations, et Piccolomini,

Concile de Pistoie.

ministre des affaires étrangères, écrivait au pontife : « Son altesse « royale se flatte que le saint père, après avoir mieux réfléchi sur « cela, se déterminera à donner à ce prélat quelque marque d’in- « térêt plus affectueux, et à son altesse un motif d’être moins in- « disposée de cette démarche, ainsi que de l’avilissement daris le. « quel elle voit que la cour romaine jette les évêques, lorsqu'ils « ne sacrifient pas, avec leur devoir, leurs droits, pour laisser « toute leur étendue à ceux que Rome prétend exercer. » Le grand duc publia deux espèces d'instructions pastorales (Punt « leopoldini), où il ordonnait de réunir le clergé en synode au moins tous les deux ans pour traiter de cinquante-sept objets qui y étaient indiqués: ainsi, composer de meilleurs livres de prières, des bréviaires et des missels; examiner sil convenait mieux d'employer litalien que le latin dans l’administration des sacrements ; restituer aux évêques l’autorité usurpée par la cour de Rome; donner au clergé un enseignement uniforme, pour que tous se conformassent à la doctrine de saint Augustin sur la grâce ; porter l’examen sur les reliqueset lesimages miraculeuses, en écartant celles qui seraient les moins authentiques ; supprimer les chapelles particulières et les fêtes superflues. Conformément à cet ordre, Scipion Ricci convoqua un concile à Pistoie, en y appelant le Siennois Fabio Devecchi, l’abhé Tangini de Florence, et d’autres du parti qu’on appelait royalistes, c’est-à-dire qui avaient accueilli en Italie les, doctrines de Fébronius. Tamburini et Palmieri furent chargés de rédiger les décrets ; on suivit en tout les traces des appelants français. Voici les décisions qui furent prises dans les sept séances : « Les évèques sont les vicaires du Christ, et non du pape ; ils tiennent immédiatement du Christ leurs pouvoirs pour le gouvernement de leur diocèse, et ces pouvoirs ne sauraient être altérés ni entravés; les prêtres eux-mêmes doivent avoir voix délibérative dans les synodes diocésains, et, comme l’évêque, décider en matière de foi. » Le concile arrêta en outre ce qui suit : « IL n’y aura dans les églises qu’un seul autel ; la liturgie sera en langue vulgaire et à voix haute; il n’y aura point de tableaux représentant la sainte Trigité, ni d'images plus vénérées les unes que les autres; les limbes pour les enfants mort sans baptême sont une fable ; l'Église ne peut introduire de dogmes nouveaux, et ses décrets ne sont infaillibles qu’autant qu’ils se trouvent conformes à la sainte Écriture; l'indulgence ne peut s'appliquer qu’aux pénitences ecclésiastiques; l’existence d’un trésor surrérogatoire des mérites de Jésus-Christ et son application aux défunts, est une invention

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