ITALIE. — DERNIERS ÉVÉNEMENTS
Il est certain qu’en observant la marche des choses, la prudence humaine semblait fondée à dire : Rome a fini son temps, Rome s’en va. Les princes, après s'être emparés de toute l’autorité publique, se rendent despotes, mais non pour tyranniser, puisqu’ils réalisent les améliorations prêchées par les philosophes. Les uns et les autres étaient d'accord pour faire le bien des
(1) La congrégation de la Propagande fit imprimer, vers 1789, le Catéchisme romain en arabe, la Grammaire et le Vocabulaire lurdes , l'Alphabet thibétain et celui de Ava.
1790, Juin,
peuples, qui, satisfaits qu’on s’occupât d'eux, croyaient qu’ils allaient jouir dans l’insouciance d’un tranquille bonheur. ‘ Pauvre prudence humaine !
Aujourd'hui nous savons qu’on était menacé d’autres dangers, qui devaient faire dévier les progrès, donner un démenti à la science des doctes, aux applications des rois et aux prétentions de Rome; nous savons que toutes les améliorations partielles suggérées par les gens de lettres, essayées par les rois, perdraient toute importance dans le bouleversement général qui renouvelle rait la société, Déjà nos pères, nous parlons de ceux qui avaient du bon sens, durent puiser une bonne leçon dans la ruine subite des édifices qu’on avait improvisés; cela se vit en Toscane moins qu'ailleurs, parce qu’en réalité les réformes ne touchaient pas à la racine, et que le peuple était prédisposé à les recevoir par une bénévole inertie. Toutefois, ce déluge d’innovations révoltait les esprits; dans les tremblements de terre qui affligèrent la Romagne toscane, dans les brouillards persistants, dans les maladics épidémiques, on vit des signes de la désapprobation céleste pour les réformes léopoldines. Chacun parlait avec aigreur de Léopold, au point de regretter le temps des Médicis. Lorsqu'il partit pour s'asseoir sur le trône impérial, où il devait paraître si petit, il recommanda à la régence « de ne jamais user de condescendance envers la cour romaine toutes les fois qu’il serait question de juridiction ou d'autorité, de matières ecclésiastiques et d’affaires importantes; » alors de vives réclamations se firent entendre. Il y eut des trôubles à Pistoie pour abolir les innovations de Ricci ; les portefaix proférèrent des menaces, surtout contre les juifs, dont ils auraient saccagé le quartier si archevêque n’avait déclaré qu’ils n’y entreraient que sur son corps. D’autres villes suivirent cet exemple, sans excepter Florence elle-même, qui, depuis deux siècles et demi, avait oublié les manifestations bruyantes de la volonté populaire ; alors on vit ce qu’est un gouvernement sans force, et si des sbires et des gardiens de portes suffisent pour réprimer le mécontentement.
Léopold, soit que la révolution l’eût rendu soupçonneux, soit qu’il fût désabusé par la réalité, agit tyranniquement dans la dernière période de son règne : il rétablit la peine de mort pour les délits politiques, en disant qu’il s'était trompé; il fit condamner cent huit personnes, parmi lesquelles neuf femmes, sans défense ni publicité ; aggravant les condamnations, il envoya beaucoup d’individus aux galères de Messine; par compensation, il recueillit, avec leurs vieux parents, quatre-vingt-quatorze
. conda
orphel bommé tion po moins i gieuses son fil comme que l'É
Fero concilié avait s poldin, comme ments contre ciliaires juges e
fut de ment o Les poldine il répor clergé donnés et emp lui sem fiance.
comme souver':
le droit toriser suivit | devenu maison Veni rowitz, de sa c et les Vérone Marche au nor HI:
w qu'ils al
»s dangers, menti à la prétentions tielles sugperdraient nouvelle jui avaient subite des ane moins ient pas à ir par une voltait les nt la Ros maladies leste pour de Léo.
w’il partit e si petit, ndescenquestion s et d’afirent enrations de ontre les je n’avait es villes me, qui, estations un goue portes
eux, Soit dans la de mort Dé ; il fit re
envoya
nsation, quatorze
VENISE. 593 orphelins de ses victimes. Il épargnait les chefs et frappait. les bommes du peux, en, même temps, il abandonnait à l'indignation populaire Ricci et Gianni, qui lui étaient si dévoués; néanmoins il défendait d'imprimer aucun écrit sur des matières religieuses sans le placet du gouvernement; puis, il se fit donner par son fils et successeur une reconnaissance de 1,113,562 écus comme dette particulière, sans en produire le titre, et oubliant que l’État aurait pu exiger de lui des indemnités considérables. Ferdinand IIE, son successeur, se hâta de rétablir, afin de se concilier le peuple, un grand nombre des abus que son père avait supprimés; par des ordonnances, il modifia le code Léopoldin, en rétablissant la peine de mort pour les crimes d’État, comme si la trop grande douceur avait occasionné les soulèvements du pays, et multiplié les brigands: au contraire, les lois contre l’immoralité, qui ordonnaient même les visites domiciliaires, furent tempérées; on limita le pouvoir arbitraire des juges et des tribunaux de police, qui pouvaient économiquement
. condamner à la fustigation, à l’exil, à la relégation. Le commerce
fut de nouveau entravé, et les denrées renchérirent, jusqu’au moment où ilaffranchit la circulation intérieure.
Les trois archevêques prièrent Ferdinand d’abolir les lois léopoldines, et il réunit une consulte à cet effet ; entre autres choses, il répondait qu’il ne trouvait pas juste la demande faite par le clergé que les renseignements sur les ordinants ne fussent point donnés par les sbires, « dont les rapports (disait-il) recherchés et employés judicieusement, servent avec profit; pour cela, il ne lui semblait pas que le gouvernement dût les accueillir avec défiance. » Il insistait pour que les évêques fussent considérés comme les autres magistrats dé l'État. C'était uniquement du souverain, prétendait-il encore, qu’ils devaient reconnaître et tenir le droit qu’on leur rendait en partie de tonsurer les clercs, d’autoriser des missions, de visiter les diocèses. Du reste, Ferdinand suivit les traces de son père, en employant moins d’espions ; devenu Toscan, il sépara les intérêts du pays de ceux de Îa maison d’Autriche.
Venise avait été dépouillée de la Morée par la paix de Passarowitz, et réduite au territoire qu’elle conserva jusqu’au moment de sa chute : elle possédait le duché (dogado), c’est-à-dire les îles et les environs des lagunes ; les provinces de Padoue, Vicence, Vérone, Brescia, Bergame, Crème, la Polésine de Rovigo et la Marche de Trévise, qui comprenait Feltre, Bellune et Cadore ; au nord du golfe, le Frioul et l’Istrie; au levant, la Dalmatie vé- IST, UNIV, — T. XVII. 38
Venise,
nitienne avec les îles qui en dépendent ; une partie de l’Albanie, c’est-à-dire le territoire de Cattaro, Butrinto, Parga, Prevesa, Vonizza ; dans la mer lonienne, les îles de Corfou et de Paxos, Sainte-Maure, Céphalonie, Théaki, Zante, Axos , les Strophades et Cérigo. En 1722, les anagraphes lui donnaient 4,500,000 âmes ; le revenu public s'élevait à six millions de ducats (à raison de 4 fr. 95 cent. le ducat), et la dette à 28 millions.
La souveraineté appartenait au grand conseil, composé de tous les patriciens qui avaient accompli leur vingt-cinquième année, et il compta parfois jusqu’à douze cents membres ; il en fallut deux cents dans les cas ordinaires, huit cents dans les circonstances graves, lorsqu'il s’agissait de s'opposer aux collusions ou à quelquesplans ambitieux. Le gouvernement était confié au sénat, élu annuellement par le grand conseil et composé de cent vingt membres, indépendamment des magistrats patriciens pendant la durée de leur charge; l’exécution concernait la seigneurie ou coliège formé du doge, de six conseillers, des trois chefs de la la quarantie et des seize sages. La justice était rendue par quatre tribunaux électifs ; trois d’entre eux composaient la quarantie civile, et l’autre la quarantie criminelle, dont le président siégeait dans la seigneurie, et les membres dans le sénat. Les avogadors remplissaient près de ces tribunaux les fonctions du ministère public. Le conseil annuel des dix ayait l’administration de la police; il choisissait dans son sein deux inquisiteurs noirs pour un an, et dans la seigneurie un inquisiteur rouge pour huit mois, ce qui constituait l’inquisition d’État.
La magistrature des exécuteurs contre le blasphème veillait sur les représentations scéniques, et prohibait celles à sujet sacré. Les neuf procurateurs de Saint-Marc, poste le plus éminent après celui de doge, protégeaient les orphelins et les pauvres, surveillaient les institutions pieuses et l’accomplissemert des dernières volontés; leur fonction était gratuite, à vie, et l’État les dispensait de tout autre office, excepté des ambassades auprès des têtes couronnées. A l'exception du doge et des proeurateurs de Saint- Marc, les autres magistratures étaient temporaires ; aussi le grand conseil faisait-il jusqu’à neuf élections par semaine, outre celles qui appartenaient au sénat, Les fonctions, peu rétribuées, étaient honorifiques et dispendieuses dans les provinces et près des cours étrangères, où les patriciens soutenaient à la fois, sans rien épargner, la dignité de leur patrie et la leur. .
I n’y avait entre les familles nobles aucune distinction, pas même de primogéniture, aucuns titres, aucune différence de cos-
tume.
plus im qu’on a sil, et 4 où tout teurs le tèrent t aux inq à son p« sultat, il auraient tituèren se divis certaine ville eut pour ch Comn tions ét:
brigues caressai vres pou sions d’ daientls tées par la terre rixes et ainsi le:
béiens s son peti préférer nement.
respect.
tourner tendît à degrés «
(1) De daient de:
au patric livre d’or
(2) Un bassette,
(8) C'ét
Albanie, revesa , | Paxos, ophades 0 Ames ; aison de
; de tous e année, en fallut circonssions ou au sénat, ent vingt ndant la eurie ou efs de la ir quatre antie’ ci- siégeait jors rem- > public.
olice ; il n an, et
ce qui
illait sur pt sacré.
it après surveillernières spensait les têtes e Saintle grand re celles ibuées ,
et près is, Sans
ion, pas de cos-