DEUX-SICILES
mais l’infante, au lieu de céder, emmena avec elle son mari à Colorno, pour l’éloigner de Llano ; Marie-Thérèse cessa donc toute correspondance avec elle, ce que firent aussi les rois d'Espagne et de France. Le ministre fut destitué ; mais le duc se vit bientôt contraint de faire des excuses à Charles IIL et de rappeler Llano, qui, harcelé sans cesse par la haine des infants, finit par demander à se retirer. Il fut remplacé par le comte de Sacco, auquel précisément il avait recommandé au duc de ne pas se fier.
Ferdinand IV, qui était monté sur le trône des Deux-Siciles, n'avait aucun penchant pour le travail, qu’il méprisait : il n’aimait que la chasse et la lutte ; ses goûts et ses manières étaient vulgaires. Marie-Thérèse, qui considérait toujours le royaume de Naples comme usurpé sur sa maison, voulut au moins s’y ménager de l'influence en mariant sa fille Caroline à Ferdinand, avec la clause expresse qu’elle aurait entrée au conseil d’État. Elle greffait dans ce royaume la politique autrichienne, qui domina ainsi l'Italie, à l'exception du Piémont,
Caroline, impérieuse par caractère et par l’effet des insinua-
tions de sa mère, voulait détacher le roi de la cour de Madrid et
du pacte de famille ; afin de réussir, elle fit congédier Tanucci en lui donnant pour successeur le marquis de la Sambucca, sa créature, auquel elle adjoignit le chevalier Acton, qu’elle mit ensuite à la tête de PÉtat. Acton avait de l’aptitude pour la marine, mais non pour le gouvernement. D’une extrême docilité, flatteur et se souciant peu d’un pays qui n’était pas le sien, il reconnut que la reine était tout ; en conséquence, il s’appliqua à se concilier ses bonnes grâces, et, uniquement occupé de sa fortune, il finit par exciter autant de mécontentement qu’il avait d’abord fait naître d’espérances. A cette époque, il se fit de bonnes et de mauvaises lois. Michel Jorio prépara un code de commerce et de marine qui resta en projet. On ne sut pas rendre l’administration communale uniforme, ni la soustraire aux possesseurs de fiefs. Les arts et métiers étaient encore entravés par les corporations; l’industrie des vers à soie se trouvait gênée par le monopole royal.
Les habitants de Torre del Greco, toujours menacés par le Vésuve, s'étaient adonnés avec intrépidité à la pêche du corail, et leur audace les avait enrichis ; mais cette industrie languit aussitôt que le gouvernement voulut s’en mêler, et lui donner les règles dans le code Corallin. On favorisa cependant le défrichement des terres, on peupla des îles désertes, et l’on institua les archives royales pour la conservation des hypothèques. Le roi, qui avait visité les iaiteries de la Lombardie, voulut en essayer
D'ux-Siciles,
dans son pays ; il fonda donc à San-Leuccio une colonie, à laquelle il donna la forme d’un État indépendant, avec ses lois, sa milice propre et un gouvernement en commun entre les chefs de la famille, C'était un amusement de roi; mais l'éducation de” rs à soie prospéra dans cette petite république, où furent introduits les métiers pour la fabrication du gros de Naples.
La justice et la jurisprudence étaient tombées au degré le plus bas; tout était livré à l'arbitraire entre les douze législations qui s'étaient succédé, et l'astuce avait beau jeu dans ce dédale. Pour le jugement du truglio , le procureur fiscal et le défenseur royal des accusés pouvaient transiger en conyertissant la peine de la détention en celle de l’exil ou des galères, sans mener le procès à fin, et seulement pour vider les prisons, Les procès étaient perpétués par des appels sans fin, des recours en nullité, et souvent par des interventions du roi, Les gens de loi, fléau de ce pays, devinrent l’objet de quelques mesures de répression, et les jugements furent soustraits à l'arbitraire; mais on conserva la procédure inquisitoriale, ainsi que la torture et les peines barbares contre les filous. Les individus qui lisaient Voltaire étaient condamnés à trois ans de galères, et les lecteurs de la gazette de Florence à six mois de prison. Les routes étaient tellement infestées de voleurs , que le gouvernement se vit réduit à recommander aux voyageurs d’aller en caravanes. Les Barbaresques ne cessaient d’insulter les côtes.
La noblesse, sans armes ni puissance, et hors d’état de résister au roi, était le fléau du peuple. La propriété se trouvait concentrée dans un petit nombre de mains; en même temps, les nonpropriétaires étaient grevés de taxes aussi diverses qu’arbitraires ; de forts droits d'entrée et de sortie pesaient sur les marchandises; l'impôt frappait sur tout, jusque sur leau pluviale, indépendamment des obligations personnelles , telles que les corvées. David Winspeare a énuméré trois cent quatre-vingt-quinze droits sur les choses et les personnes qui subsistaient encore lors de l’avénement de la famille de Napoléon. Le tribunal des subsistances, continuation de l’ancien office des maestri de’ passi, examinait arbitrairement les marchandises sur les frontières de l’État pontifical, empèchant la sortie de tous grains, du bétail, du numéraire et punissant à son gré les délinquants ; il en résultait autant de désordre que d’immoralité. Il n’y avait pas moins de vexations quant aux terres de l’Abruzze maritime, qui étaient :assujetties à la servitude du pâturage d'hiver (regii stucchi); c'était au point qu’on ne pouvait ni les enclore, ni les cultiver en grains, ni les
planter abus fu fico (A).
La Si éluder 8 négliger infestaie Testaloi ses ordi ques de de refu levèren nier de grains, (colonn de besd nois G4 tribua dans Île s'empa le port vice-ra Messin la rigu les voi cile, p gouvel répan Dor dans |
dans imbu disce sein parle
(1) d’inté Russe Ayres ARRI surto
polili
à laquelle sa milice de la fale ers à introduits
é le plus tions qui ale, Pour eur royal ine de Ja 6 procès jent pert souvent
ce pays, les jugea la probarbares > étaient azette de
ent inrecomques ne
résister it conles nontraires ; indises ; idépen- Orvées.
> droits de l’alances, iminait t ponnumé-
autant ations tties à point ni les