‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 211 sur 245 · ÉCRIVAINS ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

ÉCRIVAINS ECCLÉSIASTIQUES

de l'oreille au cœur, de remuer les sentiments, de déterminer les fortes émotions. Jean Marchetti, d’Empoli, critiqua Fleury avec plus d’audace que de vigueur dans ce qu’il avait de gallican. Le dominicain Joseph Orsi opposa au même: Fleury et à Noël Alexandre une Histoire ecclésiastique conçue dans une intention pontificale , d’un style coulant et châtié, mais prolixe (1). Les extraits qu’il donne d’auteurs que personne ne lit plus sont clairs et exacts, Opposé aux jésuites, un pape qui les avait en grande estime , Clément XIII, le revêtit de la pourpre.

Paul Doria, partisan de Descartes, à qui Vico décerna des éloges, combattit Locke comme sensualiste déguisé et comme n'ayant pas compris les idées innées; il lui reproche ‘de supposer qu’en métaphysique les principes sont certains comme en géométrie ; d'admettre la substance infinie, et par elle la connaissance de Dieu, après avoir exclu sans raison la métaphysique.

Peut-être cette réfutation garantit-elle les ltaliens de l’empirisme de l’auteur anglais, jusqu’au moment où Genovesi, puis Baldinotti et Soave le firent connaître , ce dernier surtout, en traduisant l’Essai sur l’entendement (1775), et en traitant, d’après ses idées, de la formation de la société et de celle du langage. Condillac ne tarda point, comme continuateur de Locke, à envahir les chaires, et toute la philosophie se réduisit à l’analyse des idées.

Scarella, dans ses Éléments de logique, d'ontologie, de psychologie et de théologie naturelle, pour le séminaire de Brescia (1792), proposa une doctrine nouvelle du syllogisme particulier, en conciliant les principes de la contradiction et de la raison suffisante ; il combattit le scepticisme aussi bien que les scolastiques, et plaça le principe de la certitude dans ce prédicat que l'on voit clairement exister ou non dans le sujet.

Jacques Stellini, de Somo, fils d’un tailleur de Cividale, géomètre, poëte, théologien , chimiste, physicien, recherche le lien de toutes les sciences ; il établit la phitosophie sur les sens et la raison, ou sur la nature de l’homme tout entière , en soutenant que le bien dépénd de l'équilibre des facultés humaines. Dans sontraité sur l’Origine et les progrès des mœurs, il détermine trois

époques de la nature humaine : dans la première, les sens dominent sur l’âme quand les intincts prédominent, ce qui exclut

(t) Les vingt et un volumes in-40 vont jusqu’à l’année 600. PRILLIPPE-ANGE BECCHETTI y ajouta dix-sept autres volumes, jusqu’à 1378; puis il résuma son ouvrage en douze jusqu’à 1587. L'abbé RoHRBACAER fait le plus bel éloge de Joseri Onsien le copiant dans son Histoire universelle de l'Église catholique. ‘

6" t DIX-SEPTIÈME ÉPOQUE.

1e hunhêteté et toute justice ; dans la seconde , la luxure, la vanité, Pambition se mêlent à la justice ; vient ensuite la troisième époque, qui serait celle du commerce mutuel entre l’âme et le corps, lorsque apparaissent la véritable vertu , les préceptes moraux et les lois. C'était un développement, mais en sens contraire, des idées de Vico; car celui-ci recherchait la morale des nations d’après celle de l'individu , et Stellini fit l’histoire des mœurs des individus d’après la morale des nations.

Appien Buonafede traita, avec variété et beaucoup de connaissances , de l'Histoire et du caractère de chaque philosophie ; il imite le style railleur de Voltaire sans avoir sa finesse, Harcelé par Baretti, il luiriposta avec la même grossièreté, mais avec plus d’esprit.

Genovesi proclama la liberté de la philosophie alors que les écoles étaient encore partagées entre Aristote et Descartes. Le plus souvent, il s’en tient au sens commun , et croit qu'il faut philosopher sur les idées qu’on peut avoir, et non chercher des énigmes. Les caractères du vrai sont, selon lui , la clarté et l’évidence , et l’on ne doit point se départir des démonstrations établies pour répondre à des objections difficiles; il dissit ne rien savoir que ce que tout le monde sait.

aerdi, Au contraire, Sigismond Gerdil, amené à se faire apologiste par

TA l'Histoire des variations , entreprend d'établir, dans l’/ntroduc-

tion à l'étude de la religion, ouvrage écrit dans un italien tant soit

peu prolixe, que les plus grands hommes ont fleuri sans cette

liberté tant vantée de la pensée : il défend l’école italique de

Pythagore contre les empiriques ; l’immortalité de l’âme et la

nature des idées, selon Malebranche , contre les doctrines de

Locke; la religion et la saine économie contre Raynal; les pra-

tiques de l'éducation contre Rousseau , qui disait que lui seul,

parmi tous ses contradicteurs, méritait d’être lu en entier. Il

traite du duel en opposition avec les préjugés communs, et parle

de la liberté et de l'égalité contrairement aux préjugés philoso-

phiques; il combat le luxe contre Mélon, l'immatérialité. de la

substance pensante contre Hobbes; il démontre combien l’empe-

reur Julien mérite peu d’être appelé par Voltaire le modèle des

rois, et par Montesquieu le prince le plus digne de gouverner des hommes.

Cet esprit si éclairé s’exerça aussi dans d’autres sciences , sur

l'éternité de la matière, sur l'infini absolu ; il défendit aussi Des-

s cartes contre Wolf et Boscowitch. Victor-Amédée II lé donna

pour instituteur au prince son fils: Benoît XIV, après lavoir em-

ployé à cardinal abbaye d s'il n’eût Beauct ou à de rale. Le sur la ph seau et Ë salis, siv qui fut € soutint q Mario Pa romaine sur les cc où il obs4 dans le périt ma : Dominiq se décla traita a abus de Les pl dalieri, & contrat !

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