PHILOSOPHES, JURISTES
ployé à différents travaux, le récompe s:: par le chapeau de cardinal ; mais les pe qui survinren' ne lu. iaissèrent que son abbaye de la Chiusa, d'où il aurait pu monter au trône » pentiAee! s'il n’eût été exclu par l'Autriche,
Beaucoup de jurisconsultes s'appliquèrent à des cas spéciaux ou à des discussions particulières, mais peu à la science générale. Le Florentin Jean Lampredi, indépendamment de ses études sur la philosophie des Étrusques, de ses écrits pour réfuter Rousseau et Samuel Coccéius , publia le livre : Juris publici universalis, sive juris naturæ et gentiwm theoremata (1776), ouvrage qui fut adopté comme texte dans plusieurs universités, et où il soutint qu’une loi immortelle précède toujours les lois positives. Mario Pagano , de la Lucanie, se livra à l'examen de la législation romaine, et donna, d'après les idées de Vico, les Essais politiques sur les commencements, les progrès et la décadence de la société, où il observe la marche de la vie sociale ; mais, au lieu d’avoir foi dans le progrès, il n’aperçoit constamment que la décadence. Il périt martyr de la révolution de Naples, et avec lui le médecin
Dominique Cirillo , à qui Linné, dont il avait été le commentateur,
se déclarait redevable de la connaissance de plusieurs insectes; il traita aussi des prisons et des hôpitaux, en s’élevant contre les abus de ces réceptacles de l’humaine misère.
Les philosophes trouvèrent un adversaire dans Nicolas Spedalieri, auteur des Droits de l'homme, où il nie l’existence d’un contrat social (1), en tirant de la nature même de l’homme et de son désir inné du bonheur des droits imprescriptibles et inaliénables. Si cela ne souffre aucune difficulté pour les droits principaux, la base fait défaut quand on en vient à la propriété et aux droits civils ; aussi confond-il souvent les droits avec les lois. L’intention était honnête , mais il n’en est pas de même du résultat ; car cette subjectivité conduit à la guerre de tous contre tous, et Spedalieri n'échappe à cette conséquence qu’en recourant à la religion chrétienne, c’est-à-dire em détruisant son propre système.
Azuni, de Sassari; publia un Dictionnaire universel raisonné de la jurisprudence commerciale, bien différent de celui de Savari, attendu qu’il tend à démontrer les principes du droit com-
(1) Peut-être serait-il plus exact de dire qu’il paraît le nier; mais il prétend ailleurs que, « dans quelque état que l’homme se trouve, il doit y être par sa volonté, de son consentement ; autrement on ferait violence à son droit de liberté, quiest toujours en vigueur ét qui jamais ne peut périr, » Des droits, etc., liv. 1, ch. 12, $ 8.
mercial et à résoudre les contestations qu’il fait naître; il sut mettre de côté le jargon du légiste , et ne pas morceler la matière, de telle sorte que chacun de ses articles présente un traité complet. Au lieu de tirer seulement des faits les Principes du
” droit maritime de l'Europe, il remonte au droit général. Il a
écrit de plus en français sur l’origine de la boussole; on lui doit aussi dans cette langue une histoire de la Sardaigne et d’autres travaux de jurisprudence ou d’érudition.
Virgile Barbacovi , de Trente, soutint, en sa qualité de chancelier, les prétentions du prince-évêque de cette ville contre le magistrat civil. Comme la mauvaise administration judiciaire était l’objet de plaintes générales, le prince-évêque, sur l'invitation de Joseph II, chargea Barbacovi de faire, en FPespace de deux mois, un code judiciaire, qui rencontra , bien qu’abondant en réformes excellentes, tant d’oppositions, les unes fondées, les autres absurdes , qu’il ne put être mis à exécutior. Barbacovi fut généralement mal vu de la population durant son ‘inistère, et le prince le congédia. Lorsque la révolution éclata, le Trentin devint province autrichienne , et Barbacovi n’eut plus alors qu’à faire sa propre apologie et à briguer des éloges qu’il croyait mériter; il serait toutefois injuste de lui refuser un véritable mé-
rite dans quelques questions, telles que la décision des causes douteuses et le serment en matière civile.
Plusieurs écrivains s’occupèrent d’histoires particulières ; mais ils se tinrent pour la plupart à l’érudition et se contentèrent de recueillir avec un zèle patient les documents, les inscriptions, les actes publics (4). Angelo Fumagalli tira des archives de son monastère de Saint-Ambroise, à Milan, de précisux documents, et donna une Diplomatique ; ainsi que les Dissertations longobardes-milanaises. Canciani publia les Lois des barbares sans s’assurér de leur authenticité. Gabriel Lancellotti, Ge Palerme, se livra au même travail pour les monnaies et les inscriptions siciliennes (1769); Marc Fantuzzi réunit huit cent soixante-cinq docunents sur l’histoire de Ravenne au moyen âge.
Le grand ouvrage de Muratori : Rerum ilalicarum scriptores,
(1) Ainsi nous citerons Giulini pour Milan, Frisi pour Monza, Corner pour l'Église vénitienne, Rossi pour le territoire d’Aquilée, de Giovanni et de Gregorio pour la Sicile, dal Borgo pour Pise, Tiraboschi pour Medène, pour les princes d'Este et les moines humiliés ; Aifô et Paciaudi pour les États de Parme, Fantuzzi pour Ravenne, Bandini pour Florence, Barruffaldi pour Fersy Jean-Baptiste Verri pour la marche de Trévise, Pellegrini pour les princes ombards,
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