‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 224 sur 245 · D RD · texte numérisé non relu

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Cartes de France,

offraient plus de vérité dans les descriptions et dans les planches qui les accompagnaient. Le Voyage pitioresque dans l'Inde, de l'Anglais Hodget, nous présenta des spectacles nouveaux; la description de Palmyre et de Balbeck, par Wood et Dawkins (4753-1757), ne permit plus de considérer comme des fables les merveilles d’une découverte récente. Le baron de Tott traçait la configuration de l'empire ottoman, auquel il venait de fournir des moyens de défense. Anquetil, Legentil et Sonnerat interrogeaient les Guèbres et les brahmines sur les débris d’une grande civilisation perdue , dont quelques Anglais, expiant en quelque sorte les massacres commis par leurs concitoyens, faisaient aussi l’objet de leurs recherches. Legentil se rendit dans l’Inde pour y observer le passage de Vénus ; comme le temps l’empêcha de faire cette observation, il y prolongea son séjour au profit de la science, s’informant des courants, des marées, des moussons, des trajets les plus courts, des usages et des opinions du pays. {l examina surtout l’astronomie des brahmines, alors vantée; il prouva qu’elle n’ajoutait rien aux connaissances des Chaldéens, et que leurs iougas sont les nombres de périodes astronomiques.

On commença alors à appeler statistique la géographie politique, et Guthrie donna (1770) un Cours complet de géogra- Phie.

Nous avons parlé des nombreuses découvertes faites dans ce siècle et des vérifications bien plus nombreuses encore, ainsi que des arts nouveaux dont la science fit son profit. Nous avons vu trois générations de la famille Cassini travailler à la mesure du méridien à travers la France, opération qui conduisit, après une foule de discussions, à préciser la forme de la terre. Les cassinistes parcouraient la France en la mesurant et en la décrivant, de telle sorte que le royaume se trouva couvert d’un réseau de grands triangles entre les cités principales, auxquelles des secondaires se rattachaient aussi par des triangles plus petits. Pour faire la carte de France, César-François Cassini adopta la proportion d’une ligne pour cent toises, c’est-à-dire Enr Il pensait qu'il suffirait de dix années et de 90,000 livres par an : illusions ordinaires des grandes entreprises, qui ont du moins l’avantage de ne pas en'détourner en effrayant sur les moyens d’exécution. Les besoins de la guerre ayant fait suspendre le travail, Cassini proposa de le reprendre aux frais d’une société qui se couvrirait de ses déboursés par la vente des cartes. Mais les dépenses étaient excessives ; plusieurs provinces , loin de s’associer à l’entreprise, s’y opposèrent au point de chasser par la force les ingénieurs,

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et Cassini mourut avant d’avoir vu terminée la tâche à laquelle il avait consacré trente-quatre années de sa vie.

Son fils; Jacques-Dominique, l’achevait précisément au moment où la Révolution vint changer l’ancienne division du pays ; ce «ravail devint donc la base de la distribution nouvelle. Le comité de salut public vint en aide à la compagnie pour qu’elle pôt terminer l’entreprise, et la France donna ainsi l’exemple d’une carte entièrement établie sur des vérifications astronomiques, exemple qui fut ensuite imité par le reste de l’Europe.

Cet art fut aussi appliqué à l’histoire pour l'étude de la géographie des temps passés. Déjà Delisle et les deux Samson avaient dessiné des cartes meilleures que celles de leurs devanciers ; mais elles n’étaient ni exemptes d’erreurs, ni d’accord avec les dernières découvertes et les applications astronomiques. Les cartes pour la description de la Chine, par les jésuites, accrurent la gloire de d’Anville, mais plus encore l’Orbis veteribus notus, et ses cartes particulières de la géographie ancienne, puis des États formés après la chute de l'empire romain. Il reconnut qu'il lui était nééessaire, avant tout, de bien déterminer les mesures linéaires des anciens, et il y réussit avec une exactitude merveilleuse , quoiqu'il soit possible de la porter encore plus loin.

Il suffira de dire qu'il retrancha plus de six cents lieues en

longueur sur la mappemonde des anciens, publiés par Delisle ; il ne supprima pas moins de deux mille quatre cent lieues carrées pour l’Italie, et quatorze mille sur la carte de Samson; or, la triangulation que Benoît XIV fit exécuter en ce temps prouva qu’il avait raison. Il publia deux cent et une cartes et soixantedix traités explicatifs, qui servirent de guides aux découvertes et d’école pour le perfectionnement de cette science.

L’histoire naturelle, à cette époque, prit rang à côté des autres sciences. Buffon, appelé à la direction du Jardin des Plantes, songea à se rendre digne de ce poste; il voulut que cet établissement, qui jusqu'alors n’avait été affecté qu’à la médecine, embrassât l’ensemble de la science, et il conçut, à trente-cinq ans, l’idée de son Histoire naturelle. Écrivain purement descriptif dans le principe, il devint plus tard zoologiste, mais ne fut jamais anatomiste ; toutefois, il comprit la nécessité de comparer la structure intérieure des animaux, et put éclairer par quelques-unes de ses brillantes idées la route que devait suivre son compatriote Däubenton, dont il avait fait choix pour l’aider à parcourir le vaste champ de

D'Anville, 1697-1788,

Histoire naturelle,

uffon.

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