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7109 DIX-SBPTIÈME ÉPOQUE.
la science, et suppléer à la faiblesse de sa vue, en le chargeant de décrire les détails, Tandis que Daubenton opérait sur des faits particuliers, et dès lors à l'abri d’erreurs, Buffon s’élevait aux généralités ; lorsque l'expérience manquait à ses vues grandioses, il y suppléait par la vigueur de l'intelligence, en prévoyant ce qu’il appelait les faits nécessaires : manière dangereuse de procéder pour quiconque n’a pas la force d’embrasser tous les rapports de l’univers; en effet, il se trompa souvent. Il croit à la génération spontanée, lorsqu'elle avait été réfutée complétement par Redi et Vallisneri; il admet la dégénération des animaux jusqu’au changement d’espèce, et il dédaigne les méthodes, parce qu’il ne les connaît pas : « La véritable méthode, disait-il, est la description complèteet l’histoire exacte de chaque chose en particulier ; » en conséquence, il décrivait les individus l’un après l’autre. Il censure la classification de Linné, déduite des objets eux-mêmes, tandis que lui, sans connaître les particularités, s’en tient à des classes générales et arbitraires, animaux servant à l’homme, animaux sauvages européens, animaux étrangers.
Parvenu à la maturité, il reconnut les ressemblances et les disparités, de même que l’admirable uniformité de la nature, la gradation dans les variétés, le perfectionnement. successif des espèces et la prééminence relative des organes dans ces diverses espèces; mais on lui reproche cette manière vague de philosopher, sans calculs ni expériences, et d’après des théories préétablies, en dissimulant les difficultés sous la majestueuse circonspection des mots, et en suppléant à l’imimensité des faits par l’immensité des hypothèses. Il ne fit qu’un seul voyage ; aussi les grandes inspirations sont-elles rares chez lui, et tout y est symétrique et arrangé comme dans un jardin botanique.
Le mérite que lui reconnaît la postérité , c’est d’avoir fondé la partie historique et descriptive de la science ; ce qui lui attira l'admiration de ses contemporains, ce fut un style pittoresque et l’emphase, qui se substituait alors à la belle simplicité. On dit qu'avant de se mettre à écrire, il se faisait habiller comme pour aller à la cour. Inspiré par l’orgueil, il n’osait pas contredire les matérialistes, qui étaient alors les dispensateurs de la gloire; il évite donc toute pensée métaphysique sur la création, repousse les causes finales, et croit que tout se produit fortuitement ; seulement, au lieu de nommer le hasard, il dit attraction et nature, termes dont il fait abus. Sa Théorie de laterre fut goûtée à cause de son matérialisme : une comète détache du soleil, en le heurtant, des fragments incandescents, qui se refroidissent par de-
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(1) 11 fallut à la masse fluide et incandescente qui forma le monde terraqué, pour devenir consistante et solide , 2,936 ans; à la lune, 644; à Mercure, 2,127; à Vénus, 3,596; à Mars , 1,130 ; à Jupiter, 9,433; à Saturne, 5,140, Ses calculs s'étendent aussi aux satallites et à l'anneau.
Pour atteindre su premier degré de refroidissement, il fallut pour la terre 34,270 ans et demi; 7,515 pour la lune; 24,813 pour Mercure; 41,969 pour Vénus ; 13,034 pour Mars; 110,118 pour Jupiter ; et 59,911 pour Saturne.
Pour amener les globës à la température actuelle de chaleur intérieure , la terre a eu besoin de 74,832 années; la lune ; de 16,409 ; Mercure, de 14,192; Vénus, de 91,643; Mars, de 28,538 ; Jupiter, de 240,451, et Saturne, de 130,821.
Pour se refroidir à un vingt-cinquiême de la température actuelle, c'est-à-dire jusqu’à extinction de la nature vivante, il faut pour la terre 168,123 années ; pour la lune, 72,514; pour Mercuré, 187,765 ; pour Vénus, 228,540; pour Mars, 60,326; pour Jupiter, 484,121; pour Saturne, 262,020. D'où il résulte que la lune a pu jouir de la nature vivaute depuis l’an 7515 jusqu’en 72614, et pas plus : la nature y est donc éteinte depuis 2,318 ans, s’il est vrai que la terre jouisse de la température actuelle depuis 74,832 ans. Mars est également refroidi depuis 14,000 ans. Mercure peut être peuplé à présent, et subsistera encore 162,952 ans. La terre a pu jouir depuis 40,000 ans de la nature animée, qui subsistera encore 168,123 ans , et c'est le septième globe qui ait été habité; le onzième fut Vénus, qui durera 262,540 ans. Saturne fut le quetorzième globe habité , et durera 262,020 ans. Jupiter ne se trouvant pas encoro au degré de la faturé vivante, en raison de sa trop grande chaléur, né sera pas habitable avant 40,791 années d'ici, et subsistéra ensuite 367,498 ans.
Buffon distingue la nature en sent époques. La première comprend le temps de la consolidation du globe et du premier degré de refroidissement. La seconde, la formation des roches et des masses du globe, ainsi que des métaux : à ce sujet, il alfirme que l'or et l'argent se trouvent dans les pays méridionaux ; le fer, le plomb , le cuivre , etc., dans les régions du nord, et que les chaînes de montagnes en Amérique et en Afriqne, du nord au sud, ont leur plus grande élévation sous l'équateur, ce qui prouve la rotation constante du globe dans sa forme actuelle. Autant d’assertions , autant de songes. La troisième époque montre le globe couvert par les eaux retombées sur sa surface. Lorsque lincandescence, qui multipliait les vapeurs, cessa, les baleines, les montres marins , les poissons, les coquilles , etc., reçurent la vie : quand les eaux furent relirées, engouffrées en partie dans les crevasses de la terre, les volcans éclatèrent 5,000 ans après l’asséchement et la formation des continents, c’est-à-dire 50,000 après la formation du globe. Dans la cinquième époque , les éléphants et les autrés animaux vivaient dans lé nord , lorsque la chaleur du climat y correspondait à celle que l’on rencontre aujourd’hui à dix degrés en deçà et au delà de l’équeteur, L'homme apparaît ensuite. Dans la sixième , ia mer inonde le globe depuis les pôles, en gagnant vers l'équateur ; les continents se séparent. Dans la septième, se montre la puissence et l’industrie de l’homme à seconder les forces de la nature par l'invention des arts, des sciences, etc., qui se propagent du nord au midi.
Ce sont là des théories en opposition ‘avec tous les éléments scientifiques ; on y vit cependant le plus beau résultat du système de Newton, l'explication la plus claire de la géologie, l’objection la plus forte contre la Genèse. Mais, en dehors même de cet attrait, cette exposition littéraire de faits immenses, ces époques de la nature antéhistorique, cette divination hardie qui invitait à réfléchir et à rapprocher des phénomènes disparates en apparence, devaient plaire à un siècle enthousiaste de la science.
ne, De même que Buffon, Linné naquit en 1707; maïs l’un vint au monde dans un pauvre village de la Suède , où l’érudition était inconnue, l’autre au sein d’une riche et noble famille bourguignonne, dans la France de Louis XIV, Linné füt contraint de faire des souliers pour vivre, et de lutter contre de longues traverses ; Buffon n’eut qu'à résister aux séductions d’une vie molle et nonchalante, Linné se montre patient et sagace dans l’investigation des faits autant qu’ingénieux dans leur coordination; il est précis et rigoureux dans l’exposition, au point de repousser toute élégance, à moins qu’elle ne résuhe dela simplicité des moyens et de l'élévation des idées. Circonspect dans ses déductions, il procède toujours sur des faits positifs et d’après des raisonnements rigoureux; sachant créer des hypothèses vraisemblables sans les prendre pour des vérités absolues, appréciant avec justesse chaque fait, chaque idée, chaque généralité, il ne dédaigne pas de suivre patiemment les détails particuliers pour se lancer ensuite dans le champ le plus élevé de la science (4). Buffon n’est pas moins iagénieux, mais dans un autre ordre d'idées ; il ne cherche pas tant à créer et à multiplier par lui-même les faits d'observation qu’à en saisir toutes les conséquences, et il élève sur une base étroite en apparence un édifice grandiose. Il ne s’arrête pas à des détails techniques ni à des divisions systématiques ; dans son vol hardi à travers des espaces inconnus, il s’égare parfois, mais sait tirer la vérité de ses erreurs mêmes ; il ne finitrien, mais il commence tout, Linné, avant de réformer les idées, réforma le langage en donnant une nomenclature claire et simple, où le genre est indiqué par le nom, et l'espèce par l'adjectif. Outre la dénomination des végétaux, il fallait offrir un moyen simple et commode de trouver le nom d’une plante décrite et de classer un végétal nouveau; c’est à quoi il arriva par le système sexuel : système artificiel, qu’il avouait lui-même n’être pas celui de la nature, qui est le but
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de la science. Ce système botanique, fondé sur l’une des découvertes les plus remarquables de la physiologie végétale, excita tant d’étonuement que personne ne s’aperçut que la classification z00logique reposait sur des principes différents.
La grande pensée, alors nouvelle, d’un catalogue général et méthodique de toutes les productions de la nature, et sa rhise à exécution ; la création d’une nomenclature binaire, embrassant tous les êtres organiques, sans trop muitiplier les mots, et iniroduisant un ordre uniforme, tout en offrant l'expression la plus simple et la plus belle des affinités les plus fondamentales de la nature ; l’art nouveau de caractériser rigoureusement, et de définir les êtres en déterminant d’une manière fixe le rang de chacun, tels sont les mérites qui immortalisèrent Linné. Sa classification géologique est telle qu’elle ne saurait plus être détruite; celle qui fut établie en 1797 et complétée en 1818 par Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier, ne fit que rectifier et développer celle du naturaliste suédois: Son système de botanique était remplacé, au contraire, avant la fin du siècle.
Dès 1758, Bernard de Jussieu établissait à Trianon un jardin où les plantes étaient classées selon leurs affinités naturelles, d’après lesquelles il cherchait à résoudre le problème final de la nature. Après lui, Laurent de Jussieu appliquait à tout le règne végétal le système de son oncle, dans l’ouvrage intitulé Genres des plantes (1789), en faisant consister la valeur des caractères dans le degré d’importance et de généralité des organes d’où ils sont tirés; il combina cette valeur des caractères avec leur nombre.
Michel Adanson, d'Aix, élève de Jussieu et de Réaumur, fit l'Histoire naturelle du Sénégal (17517), d’où il avait rapporté des cartes et des vocabulaires. Il donna la première description exacte du baobab, considéré jusque-là comme une fable , et des arbres qui fournissent la gomme arabique. Il disposa les Familles des plantes. (1763) d’après un système opposé à celui de Linné, en se fondant sur l'observation, non pas de quelques caractères seulement, mais de leur ensemble; bientôt il s’aperçut que ce système pouvait s'appliquer à tous les êtres, et former une encyclopédie de la nature. Il présenta donc à l’Académie (1775)
le projet de son ouvrage, qui devait renfermer en, vingt-sept ‘
volumes « l’ordre universel de la nature , ou méthode naturelle
comprenant tous les êtres connus, leurs qualités matérielles et
leurs facultés spirituelles, ainsi que leurs rapports. » Onl’admira,
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Adanson, 1727-1806,
106 DIX-SRPTIÈME ÉPOQVE- %
resta donc aveg. ses projets, toujours. pauvre, attendu qu'ils l'occupaient exclusivement, et lorsque le nouvel Institut national l’appela dans. son sein, il répondit qu'il né pouyait s'y rendre, parce qu'il n'avait pas de sauliers, FA Lame Une mention farticulière est due à Charles Hope, qui, élève de Leibniz et de. Régumar, et n'ayant , comme Buffon, qu’une
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vue faible, porta sur l’histoire naturelle l'œil de l'intelligence.
Son maître ayant dit que rien ne se fait par bond dans l'univers, il chercha lenchainement des faits ans la Contemplation de la
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active, à l'intelligence, à la béatitude.
Tandis que les uns travaillaient aux classifications, d’autres s'appliquaient à des groupes particuliers dé plantes. Micheli, de Florence, étranger à tout système, distingua exactement les variétés de chaque plante, et il augmenta ainsi de quatre mille espèces le catalague botanique. On lui doit en outre une meilleure distribution des plantes déjà classées ( Nova genera: plantarum, 1129), d’après Tournefort, qu’il fit connaître le premier en Italie ; il institua dans sa patrie une académie de botanique. Micheli, Dillen et Hedwig étudiaient les plantes secondaires, jusqu’alors peu considérées ; d’autres faisaient l’anatomie de leurs organes, comme Hales, qui démontrait la rapide circulation des sucs et la force aspirante des racines et des feuilles ; Duhamel, qui suivait la circulation de la séve, la formation de l'écorce et du bois ; Bonnet, qui obsérvait les fonctions des feuilles; Hedwig, les pores et les Vaisseaux des plantes. Wolf reconhaissait que la fbre végétale se compose uniquement de cellules. Donati, de Padoue, qui mourut dans un voyage aux Indes et en Égypte (1789-1763), où il avait été envoyé par Charles- Emmanuel fi, fit des observations d’une extrême sagacité sur le corail, considéré d'abord comme une végétation : il fit voir la gradation qui existe dans la nature entre les végétaux et les animaux ; il distingua les fructifications de diverses espèces de
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les gens riches prirent du. goût à cotte science. L’Allemand Godwig reconnut le premier les organes sexuels des crypto-
, games, et après lui Micheli; Roth trouva ceux des eryptoga-
mes. aquatiques, et Frédéric Hoffmann ceux des algues, dont le Suédois Acarius compléta l’histoire. Hoston.et, Dickson étendirent la connaissance des cryptogames ; en France, Desfontaines, Jussieu, Michaux, Tonio, Villars, firent faire des progrès à la science; l'Espagnol Antoine Cavanilles donna un travail inamortel sur les plantes monadelphes,
Des fleurs et des arbres appartenant à des latitudes lointaines enrichirent les jardins et les forêts. Lauis XV mangea, en 1733, le premier ananas qui ait mûri sous nos climats. L’arriyée d’un arbuste ou d’une fleur était fêtée comme autrefois celle des galions chargés de l'or du Mexique. Puis la chimie était appliquée à la botanique ; Priestley, Senebier, Ingenhous, Théodore de Saussure , expliquaient , à l’aide d'expériences suivies, la respiration des feuilles, comment elle purifie l'air, et augmente dans la plante la masse de carbone.
Quant à la science zoologique, Fabricius devint le second fondateur de l’entomologie.. Othon-Frédéric Müller étudie les infusoires; Rumph et Peyssonnel découvrent la nature. animale des zoophytes et des coraux; Réaumur, Deger et Vallisnieri suivent avec.une patience extrême les habitudes des insectes ; Camper mérite d’être appelé par Cuvier un anatomiste de génie. Trembley. voit les polypes coupés par morceaux se reproduire; lui et Lyonnet s’obstinent à arracher à la nature ses secrets à force d’observations. La physiologie de Haller, quaigque
n'ayant pour but que la connaissance de l’homme, renferme :
des faits nouveaux et importants sur les autres animaux. Les conceptions de Vicq d’Azyr, non moinsbelles que bien exprimées, s'élevèrent parfois jusqu’à l’anatomie philosophique,
Nous avons déjà mentionné Dauhenton, observateur étonnant, qui n’était pas dépourvu de force synthétique et avait fait pour Buffon toutes les études de détail. Antoine Villisnieri , de Modène, élève de Malpighi, étudia la génération des insectes et ceiie de l’homme; il: montra les erreurs de ses devanciers,
Vallisnieri,* 1661-1730.
et déclara que leur autorité ne devait être comptée pour rien en face de l’expérience.
Lazare Spallanzani, son concitoyen, étudia la génération, la respiration et particulièrement ia reproduction de quelques membres, dans les animaux à sang froid ; il. crut même que {a tête repoussait chez le limaçon. Il poursuivit les recherches de Haller en se servant du microscope de Lyonnet pour voir, à l’aide de la lumière réfléchie, et non réfractée, la circulation du sang, non plus seulement dans le mésentère, mais dans le tube intestinal et les autres viscères. Il étudia les animaux infusoires, et tandis que Buffon les avait crus privés d'organisation intérieure, mus et conformés par une puissance éternelle, occulte, et Needham par une force végétative, il démontra qu’ils provenaient aussi de germes. Il fit des recherches sur les sucs gastriques, en affirmant qu'ils produisent la digestion non par fermentation ou putréfaction, mais‘en dissolvant les principes des aliments; dans ce but, il soumit son estomac à des expériences dangereuses. Il voyagea beaucoup pour accroître ses connaissances et enrichir le musée de Pavie ; dans la description de ses voyages, ii 1°‘ "‘ plusieurs genres d’érüdition, et chercha à expliquer les s0:.:: :. les feux follets et la phosphorescence.
On peut voir chez Vallisnieri à quel point la géologie était arrivée. En parlant « des corps marins qui se trouvent sur les montagnes, et de l’état du monde avant, pendant et après le déluge, » il s’aperçoit que les différentes hypothèses sur la manière dont les débris fossiles auraient été abandonnés par les eaux sur les hauteurs , ne peuvent se soutenir; mais il ne sait en donner une explication satisfaisante ; cependant il soupçonne que la cause en doit être attribuée à d’autres déluges qu’à celui de Noé, si surtout il est vrai qu’on ne trouve pas, parmi ces débris , d’ossements humains. Il croit aussi qu’ils sont plus abondants dans les montagnes voisines de la mer et peu éievées. ,
Abraham Werner écrivait pour les métallurgistes; aussi ne prétendit-il pas toujours à la rigueur, scientifique, tandis qu’il ne néglige jamais les usages économiques, et l'aspect géographique lui révèle une influence marquée sur les habitudes des peuples. Dans le Traité des caractères des minéraux (1774), il en donna la description méthodique d’après les signes extérieurs, la couleur, la fracture, la forme cristalline, le poids, la dureté, la transparence, ce qu’il appelait orycfognésie. Il rendit
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l’époque de leur formation, où il réduit en théorie la formation de la croûte terraquée en profitant des observations de Pallas, de Saussure et de Deluc. Il distribue les roches selon leur antériorité relative : primitives, sans vestige de corps organisés, de transition ; stratifiées ; terrains d’alluvion. Il les attribuait à la précipitation dans un liquide sans en excepter les marbres et les basaltes. De là l’école des neptuniens, combattue par les vulcaniens, qui finirent par triompher lorsque Desmarais eut démontré que les montagnes de l'Auvergne sont volcaniques.
Constedt, Bergmann, Ignace Born, Kirwam, classèrent les fossiles selon la décomposition chimique.
Il n’avait point échappé aux anciens que certaines substances
naturelles sont disposées à recevoir constamment certaines formes,
et Pline décrit celles du quartz et'du diamant. On fit peu de cas de cette observation; néanmoins Linné indique les formes cristallines de plusieurs substances, et il en crut ie caractère tellement absolu qu’il supposa que chaque forme particulière provenait d’un sel particulier. Romé de l'Isle (Traité de cristallographie, 1772) constata la constance des angles qui se rencontrent sur leurs faces; il conçut l’idée que leurs formes diverses pouvaient se réduire à une seule, appropriée à chaque substance d’une manière particulière , et modifiée par des lois géométriques rigoureuses. Quand Bergmann eut découvert que les minéraux pouvaient être divisés par feuilles, de manière à dégager les formes primitives et fondamentales de chacun, la minéralogie cessa d’être une liste de noms, un catalogue de pierres; elle devint ure science extrêmement féconde en faits et en applications chaque jour nouvelles. Bergmann n’en déduisit pas de règles générales ; mais dans le mêmetemps Haüy , en essayant de rajuster un cristal qui s’était brisé en tombant, s’aperçut des variations qui en résultaient et put déterminer les règles constantes de la superposition des couches; de telle sorte que, les formes primitives une fois connues, il est possible d'indiquer quelles autres formes elles sont capables de prendre. Éclairé par la chimie, il put faire avancer la connaissance des molécules primitives, et arriva, au moins pour la plus grande partie, à déterminer un solide qui, ajouté à lui-même selon trois dimensions et d’après certaines lois, reproduirait le cristal avec toutes ses modifications.
Marco Carburi, de Céphalonie, sur l'invitation du gouvernement vénitien, voyagea dans le Nord pour visiter les mines, et connaître les procédés métallurgiques. Lorsqu'il vint professer la chimie à Padoue, il ne trouva pas seulement une once d’alcali pur
Cristallographies
710 DIX-SÉPTIÈME ÉPOQUi.
ni d’aücun acide concentré ; il fut done obligé dé tout créer. 11.
inventa la meilleure manière de fondre le fer, él s'en servit pout les canons avéc lesquels Emo bombarda Tunis; il ‘enseigna aussi l'emploi d’un papier incombustible pour laftillérié. Il donna dés avis à Linrié sur Soi système minéralogique; car il n’était pas d'accord âvec lui touchant l’origine des formes cristallines dés métaux. Après la découverts accidentelle de Lemery, qui ne sut pis la répéter, Carburi trouva le moyen de solidifier l’acide vitriolique ; maïs, malgré LaVoisiér, il résta obstinément attaché à lé doctriié du phlogistiqué.
Jean Arduino, de Vérütie, se mit à travailler dans les mines dé Clausen , pour étudier li métallurgie et la minéralogie; mais on manquait de guidés, ét ses Observations sur là constitution physique dés Alpes vénitiénnes furent lè premier ouvrage géologique. Dans te travail , il établit la biséction des roches ignées et sédimentaires, et distingua celles quisont calcinables ou de sédiment, et céllés qui sont vifrifiables ; selon lui , les dépôts de métaux , qu’il regardait comme des sublimations qui accompagnent la fordiation “es porphyres et des autres productions ignées , se trouvaiént ié plus communément sur la limite entre
ces deux espèces; il indiqta ia conversion de la {roche calcaire
en inagnésiaque. I] distingua , en conséquence, les roches de micaschiste et autrés päreilles, antérieures aux granitoïdes , improprement üites primilives ; les montagnes de sédiment secondaires ou tertiaires ; enfin les plaines forméés aussi de terrains transportés. Bien plus exact qe Werner, il vit que lon devait tenir compte, dans les terrains de second ordre, non de la superposition , mais des innombrables soulèvements , effondrements, déchirutes, affaissements et ruines’ opérés par les éjections voicaniques sur tous les points de la terre (4). IL devança encore une autre vérité, à savoir la possibilité de reconnaître époque de la formation des paléothériums; car il a fallu, disait-il, autant d’époques pour l’exhaussemont de ces montagnes qu'il y a de races diverses de corps organiques fossiles gisants dans leurs couches (2).
L'origine volcanique du globe fut aussi proclamée par ce savant avant que Werner fit triompher pour peu de temps le système neptunien. Le comte Matzari mit en avant , pour réfuter cè deruier, la superposition des granits au caléaire secondaire, Antoine Moro
(1) Essai de lithogonie, pages 112, 125, 141, 183. (2) Journal d'Italie, 1782.
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HISTOIRE NATUAËLLE. 741
{ De’ Crostücét, 1740) soutiht aïtssi ét développa la théotié dés soùlèveérhiénts avéc'une plénitité ét uñié prétision qui ltissérent bieti'peu dé chose à fhire À ceux qui shivitent. à Lé tôtite Matsigli ; dé au He avait servi l'Empereur cotitré léé; Tutès Uats dés travaux dé lortificatiüh et dahé dés siéges, jusqu’au moment où , Brisach s’étant rendu après tréizé jours dé tranchée ouvéité ; lé conseil aulidué éondartind 4 Mort le conte Aréo, gouvetneut de là placé, ét à la dégradation Matsigli, qui s'f trouvait 80ûs sés orûres: dé pouvant mème se faire écouter dés tribunaux ni de l'emipereur, il sé justifiä devant le public, fl se réinit alors à Voyager et à étudier, ét il fut accueilli à Paris , comme il arrive d’ordinaire aux victitnes d’une ifustice. Il fit don at sénat de Bologne de toutes ses collections ët de sün hôtel, en y fotidant un institut des sciences. 1 écrivit sut lé Bosphore dé Thrace, sûr l'agrandissement ét 14 décadéticé dé l’ernpire ottomari ; of a dé lüi, ën outfe, lé Danwubiis Pännonico-Mystus, en Six volümés , où fl envisagé ces cotitrées en mn turalisté , en archéologue, en homimé politique, en fhisaht preuvé dé éonnälssances qui peuvent étonner encore aujourd’hui que ses conjectures se sont évanoÿles. Las D’aütres Vehatént eh aide À Ia scléhéé par dés voyages. Albert Fortis, de Padoüë, étudia lt Dalmatie; Joseph Olivi, de Chioggia, éXarhinà les côtés adrihtiques et principalement les ébnfervés, coïime on appelle les amas de filaiétits déliés qui révêtent les bords et lé fond dés cañaux stagtiants. Biron Pallds se rendit chez les Kalmouks et dans l’Asie moyenne ; puis, ayant recueilli un grand nombre dé faits, 1 5e livrd à d’impôttants travaux sur la classification des infusvires et dés zoôphytes, sur l’anatorhié des vertébrés, sur la zoologie générale et fossile; quelques-uns le proclämèrent mémé lé premier naturaliste du dix-huitième siècle. Boccacë aväît observé que la montagne de Certaldo, son pays natal, était remplie de coquilles marines (4). Targiohi se mit à recuëillir des testacés fossiles, et $e prit de goût pour cette science, à ladtielle il offrit un dighe tribut deñs son Voyage en Toscane. Hamilton, ambassadeur d'Angleterre à Naples, étudia aussi avec passion les phériomènes naturels, si nombreux dans le midi de Vitalie, et en réndit compte à la Société royale de Londres (1766-1779); la science lui doit plusieurs ouvrages (Campi Phlegræi, 17176).
Ce savant eut pour collaborateur Joseph Gioeni, de Catane,
(1) Filocopo, VII.
Chimie, ?
Stahl.
742 DIX-SEPTIÈME ÉPUQUE.
qui fit la Lifhologie vésuvienne, en hasardant des théories et des hypothèses qui furent alors très-applaudies ; il a laissé, en outre, une description inédite de l’Etna. Son pays natal, qui offre tant à l'étude de la nature , et où il avait éveillé le goût de ce genre de travaux, donna son nom à une académie qui est encore en honneur aujourd’hui.
Dolomieu , chevalier de Malte, natif du Dauphiné, ayant été mis en prison pour un duel, y étudia la physique; puis il visita en naturaliste le Portugal etles Deux-Siciles, et forma sur les volcans des hvothèses où il supposait que le siége de la conflagration se trouvs:c à une très-grande profondeur. De n:ême que Hamilton, il vit les ravages du terrible tremblement de terre de Calabre (4783) ; plus tard il examina la conformation des montagnes italiques depuis le phare de Messine jusque dans la Rhétie, ainsi que les matériaux employés dans les monuments qui couvrent l'Italie. Pendant la révolution, il devint professeur à l'École des mines , et accompagna Bonaparte en Égypte; fait prisonnier à son retour, il écrivit, dansles horribles cachots de Naples, la Philosophie minéralogique.
La science eut aussi ses Cagliostro, et Thouvenel affirma que certains individus pouvaient découvrir, à l’aide de la baguette divinatoire , des sources et des mines souterraines, même à de grandes profondeurs. De ce nombre était Pennet, qu’il conduisait avec lui; il trouva nombre de gens, en Italie et ailleurs, même parmi les savants , qui ajoutèrent foi à ses assertions (1).
La chimie, science des lois qui régissent la constitution élémentaire des corps, est une science d’analyse par excellence: ii était donc naturel qu’elle vint après les autres, car elle ne fait pas connaître seulement une série de faits nouveaux, mais un ordre nouveau d’agents dont la puissance s'exerce sur tous les faits connus. La chimie n’était encore qu’un recueil d’observations plus ou moins exactes, et ne se proposait que des buts extravagants, lorsque George Stahl , d’Anspach, l’arracha aux rêves en introduisant la théorie du phlogistique. En obscrvant la facilité avec laquelle les calcinations métalliques reviennent à l’état de métal au moyen d’une matière grasse ou combustible, il imagina que le principe de la combustibilité était dans une substance particulière,
(1) Entre autres Charles Amorelti, d'Oneglia (Recherches historiques el physiques sur la rabdomancie), dont le Voyage aux trois lacs est digne d’attention pour le temps, en raison des connaissances en histoire naturelle qui s’y rencontrent.
dite phogis cine, et y re qui invoqua d’après s01 Scheele, teur habile, acides, et il l'acide prus ganèse, et phlogistique battue d’abd Black, d’Éd avait popule découvrit le eaux minéra en versant € fit avancer l'analyse vég ses erreurs ; phore, le cc aide aux à tifique , c'es Cependan nombre de que le soufi la quintesse quatre élén plus l’éléme élémentaire eau, l’espri repousse Ce inflammab] sées, et il terminé.
Les gaz !
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