‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 226 sur 245 · CHIMIE · texte numérisé non relu

CHIMIE

dite phlogistique, qu’il supposait sortir du métal quand il se calcine, et y rentrer quand il se revivifie. Il trouva des défenseurs, qui invoquaient en sa faveur des expériences nombreuses faites d’après so exemple, et qui po'irtant le démentaient.

Scheele, pharmacien dans ::n village de Suède , expérimentateur habile, contribua plus que tout autre à faire connaître les acides, et il en décrivit au moins onze nouveaux, entre autres lacide prussique. Il trouva le chlore (1774) en étudiant le manganèse, et le considéra comme un dcide muriatique privé de

phlogistique, c'est-à-dire de gaz hydrogène :

théorie com-

battue d’abord, puis remise en honneur de nos jours par Davy. Black, d’Édimbourg , élève de Cullen , professeur de Glascow, qui avait popularisé Ja chimie, étudia l’acide carbonique ; Woodward découvrit le bleu de Prusse, Bergmann l'acide sulfurique et les eaux minérales factices. Fahrenheit produisit un froid plus intense en versant de l'esprit de nitre sur de-la glace pilée ; Boerhaave fit avancer les découvertes sur le feu, la chaleur, la lumière, l'analyse végétale. Plusieurs marchèrent sur ses traces , détruisant ses erreurs, reconnaissant la combustibilité du diamant, le phosphore, le cobalt, le nickel , le manganèse, le platine, venant en aide aux arts et cherchant à donner à la chimie une forme scientifique , c’est-à-dire la disposition systématique des faits. Cependant les écoles s’en {tenaient encore à un très-petit nombre de principes élémentaires. Gebez n’acceptait pour tels que le soufre, le mercure et l’arsenic ; quelques-uns y ajoutèrent la quintessence, comme Raymond Lulle; Paracelse joint aux quatre éléments physiques ies trois que nous venons de nommer, plus l’élément prédesliné qui résulte de l’union des quatre éléments élémentaires, Nicolas Lefèvre substitue à tout cela le flegme ou eau, esprit ou mercure, l’huile ou soufre, sel et terre. Bécher repousse ces traditions pour introduire la terre vitrifiable, la terre inflammable , la terre mercurielle ; mais elles sont aussi composées , et il distingue certains corps simples, d’un nombre indé-

terminé.

Les gaz qui jusqu'alors étaient l’objet des recherches se reportaient à l'air; mais Black trouva que les propriétés du gaz des effervescences en différaient beaucoup , et que 1: sausticité de la chaux et des alcalis provient de l'absence d’air fixe. Aussitôt l’attention se porta sur les corps aériformes. Cavendish affirme que l'air fixe (gaz acide carbonique) et l'air inflammabie {zaz hydrogène) sont des fluides spécifiques ; l'Anglais Priestley, théologien

intolérant, qui s’occupa de chimie dans ses moments de loisir,

Lavoisier, 2743-1794,

reconnaît que l'air qui reste après la combustion , et celui qui provieñit dé l'acide: nittique, sotit tout à fait diffétents (1774), et il cherche à expliqter là Composition dé l’air atmosphérique; Raouelle dévelüppe lé gaz hépatique en 1773; ün an après, on trouve l'oxygène; Séheële corisidèré l'ait comitné thélangé de ce gaz et d’arüté ; Cävéendish Voit dans Peau tine combinaison d’oxygène et d'hydrogène ; Berthollet trouve dans l’ammohiac une combinaison d’asoté et d'hydrogène. Tout cela démentait les anciéns éléments, et rrtiversait le systèine du phlogistique; Black décou: vrait la ehialeur latente, qui détermine Pétat du corps ét ne se manifeste que par le changéinetit de forme; Bayen renouvélait les expériences oubliées de Boyle ét dé Rey sur l’augméhtation de poids que les corps acquièrent en se calcinant. Antoïnié Lavoisier, combinant ces deux faits, en dédait l& nôuvélle théorie de la combustion, qu’ilconsidère comme une fixation de l'oxygène (1775).

Choïsissänt entre deux voies qui s’ouvrdient devant lui , le hasard aveit fait que Stahl avait suivi la iiativaisé. Ses partisans, préoccupés du système et des nors , fiégligèrent les déterminations exactes de poids, jusqu’à croire que le phlogistique se détachait des corps, quoiqu’ils sé trouvassent plus pesants après la combustion: "Lavoisier reconnut comme essentielles les déterminations numériques de quantité , la chimie étant plus que toute autre une science de quantité; son théorème fondamental est que rien ne se perd, que rien ne se crée dans la nature, mais que tout changement des corps dépend de l’addi’1on ou de la soustrac-

. tion de quelque élément. Lavoisier, aÿant examiné l’air que l’on

obtient, dansdes vases clos, de la chaux de mercure sans charbon, le trouva respirable ; il en conclut que la calcination et toutes les combustiôns viennent de ce que l'air essentiellement respirable se combine avec les corps , et que l'air fixe en particulier est produit par son uriioni avec le carbone. Associant cette idée avec les découvertes de Black et de Wilke sur la chaleur latente , il en conclut que la chaleur qui s’est manifestée dans la combustion est développée par cet air respirable, qui auparavant était employé à maintenir l’état élastique (1).

Teilles sont les deux propositions qui sont la gloire de Lavoisier et le caractère de la nouvelle théorie chimique , à l’aide de laquelle, toujours armé de la balance, il se mit à combattre celle du phlogistique. U

Cavendish avait déjà trouvé que la combustion de l'air inflam-

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mable produit de Péau ; or Lavoisier arrive à décomposer cette eau en air inflatimable ét en ar réspirable (4), phénomène qu'on vit bientôt se reproduire dans tous les oxydes. Il établit ainsi la véritable basé chimique, considéra l'oxygène “immé le principal élément , et ciassa ; par rapport à lüi ; les Corps composés eti profitant des faits nombteux révélés alors par Priestley et Schéele pour expliquer la coibustion dés corps ; la respiration des animaux ét la fermentation des matièrés organiques. Selon lui, le calorique f’atrait pas le poids d’uñ'corps { en conséquence , il le classa parmi les impondérables ; et le distingüa en latent ét en libre; lés gäz sont des vapeurs permanentes ,'et les solides des liquides privés du calorique latent. Il ajouta que la respiration est une véritable combustion, qui s’opère dans lé poumon , et d’où dérive toute la chaleur animale.

À Pexemple de Guyton de Morveau , qui délivra la chimie du

jargon scolastique, Lavoisier propos: une nouvelle nomenclature, où ; pour la première fois ; les définitio"s se trouvaient identiques avec les noms; il donnait ainsi à la science des instruments et un langage nouveau. D'autres savants firent sur le chlore et le soufre ce qu’il avait fait sur l'oxygène; on connut mieux la composition des corps quaternaires appelés sels ; et les rapports des composés entre eux. Déjà Mayor (De spiritu nitro aereo, 1678) evait expliqué le =remier, d’une manière rationnelle , lés unions et les décompositions des sels lorsqu'on y ajoute un troisième corps. Newton attribuait cette union à l'attraction qui s’exerce entre les atomes ; François Geoffroy fit sur ce sujet des travaux qui furent ensuite perfectionnés par Bergmann (1783) ; enfin Davy a démontré de nos jours le véritable mode de ces unions et de ces décompositions , en les attribuant à l’électricité positive ou'négative:

Berthollet, natif de la: Savoie ; observateur et expérimentateur

soigneux, $ ropiniâtra longtemps dans la théorie du'phlogistique ,

dont il se détacha pourtant, comme on peut le voir dans son Mémoire sur l'acide marin déphlogistique, De ses recherches sur les produits organiques, il se hâta trop de conclure que les substances animales se distinguent , par l'azote, des substances végétales ; il reconnut pour inexacte l’opinion de Lavoisier, que l’oxygène est le générateur universel des acides, puisque le chlore et

(1) Mais, avant Cavendish, la décomposition de l’eau fut indiquée par Watt dans unié lettre du 26 avril 1783, insérée dans les Transactions philosophiques.

Berthollet.

ES e

Aéronautique.

8 juin.

l'acide prussique jouent le même rôle; étudiant les chlorates, sels dangereux à manipuler, il obtint l'argent fulminant de la combinaison de l’ammoniac avec l’oxyde d’argent; il appliqua la propriété décolorante du chlore au blanchiment des toiles. Aussitôt de Born s’en servit pour la cire, Chaptal pour les chiffons à papier, pour le nettoyage des estampes et des livres tachés, La véritable composition de l’alun fut aussi reconnue par Chaptal , qui facilita la fabrication de cette substance importante. Bientôt non-seulement l’alun, mais encore les acides sulfurique , nitrique, muriatique, le sel de Saturne et autres préparations ne vinrent plus de l'Angleterre et de la Hollande, et, l’on ne tira. plus d’Andrinople le rouge de garance.

D’Arcet de Douazit donna l’essor à l'analyse chimique par le feu , en cherchant la meilleure méthode pour faire la porcelaine, Il trouva que l’argent est oxydable et volatil, augmenta considérablement la liste des minéraux fusibles, et prouva aussi que le diamant se volatilise; en examinant les Pyrénées , il s’aperçut que leurs cimes s’abaissent , et proclama que leur histoire est celle de toutes les montagnes de la terre, et que partout, au dedans -comme au dehors, la nature ‘désorganise et recompose. Brugnatelli de Pavie crut qu’un supplément était nécessaire à la théorie de Lavoisier, attendu qu’elle ne rendait pas raison du calorique et de la lumière qui se développent dans certaines cirecnstances ; il en fit donc une théorie particulière , appelée thermoæygène.

La chimie devint alors à la mode. Lagrange, Laplace , Monge, détachèrent leurs regards du ciel pour méditer et accroître ces découvertes; les femmes désertaient la promenade et les cercles brillants pour courir aux leçons de Fourcroy, qui, fidèle à la doctrine pneumatique des Français, divisa la chimie en générale, philosophique, météorologique, minérale, végétale, médicale, animale , économique , domestique. On employa le miroir convexe pour décomposer les métaux ; on cristallisa l’alcool et l’éther ; on étudia la capacité du calorique et sa pression ; enfin tout était

prêt pour les travaux qui ont jeté tant de gloire sur lesiècle actuel.

Toutes les barrières parurent s’abaisser devant l'audace humaine, quand les frères Montgolfier lancèrent dans l'atmosphère des ballons, où l’air était raréfié à l’aide d’un brasier attaché audessous. Le physicien Charles et le mécanicien Robert y employèrent un gaz plus léger, l'hydrogène, et substituèrent le taffetas à la toile; lors de leur ascension au Champ de Mars, les canons annoncèrent à la capitale de la France que la science ve-

nait de pré chard pass renversé. E deux systè prit feu, e firent une père fut la qu’elle se tomba da périences un jeu in quelque sc pondait :

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