PHYSIQUE
nait dé prenidre possession des champs de l'air. Lorsque Blan- Chard passa d’Angleterre en France, l’ordre de la nature parut renversé. En 1785, Pilâtre et Romain cherchèrent à combiner les deux systèmes de la fumée et de l'air inflammablu; mais celui-ci prit feu, et ils furent précipités de’ leur ballon. Arnold et son fils firent uné ascension à Londi'es; mais la machine’ s'inclina, le père fut lancé dans l’espace, et le fils se retint aux cordes jusqu’à ce qu’elle se fût redressée ; elle se reléva, mais le feu y prit, et il tomba dans la Tamise, dont il gagna le bord à la nage. Ces expériences malheureuses firent considérer l’aéronautique comme un jeu inutile et dangereux par certaines personnes; mais si quelque sceptique demandait : À quoi est-ce bon? Franklin répondäit : A quoi est bon l'enfant qui vient de naître ?
Ces découvertes, les discussions dont elles étaient naturellement l’objet, la manie de tout savoir, dont on était possédé, multipliaient à Paris les afhénées, assemblées où l’on donnait aux souscripteurs des leçons faciles, c'est-à-dire superficielles, tandis que l’école de perfectionnement restait déserte au Collège de France.
On suivait aussi avec la fureur dé la mode l'étude d'une autre science nouvelle, çelle de l'électricité, l’un de ces pouvoirs universels répandus en abondance dans toute la matière qui nous environne , et que la nature semble employer dans ses opérations les plus secrètes et les plus importantes.
Les anciens avaient observé que, lorsqu'il est frotté, l'électrum ou' ambre jaune attire les corps légers, qu’il repousse ensuite ; on reconnuüt, au seizième siècle, que ce phénomène était commun à plusieurs corps, et on l’appela électricité. Othôn Guérick et Hauksbee imaginèrent une machine pour mettre cette force en jeu, ce qui permit aux gens studieux de méditer sur les expé riences qu’ils furent à même de renouveler. Les premières considérations scientifiques à ce sujet sont dues à l’Anglais Étienne Grey, qui découvrit que l'électricité peut passer avec une vitesse incalculable à travers les métaux, les bois verts, l’eau, les corps des animaux; mais non pas dans le verre, la soie, les plumes, les cheveux et autres corps, qui s’électrisent par le frottement. Il distingua donc les corps en conducteurs et en non conducteurs; il reconnut aussi que, si Pun des premiers se trouve en contact
avec d’autrès du même genre, l'électricité se dissipe, mais que, s'il est entouré de corps non conducteurs, c’est-à-dire s’il est isolé, électricité y passe, quelle que soit la distance. Dufoy démontra oue les corps conducteurs eux-mêmes pou-
Électricite,
vaient être électrisés, pourvu qu'ils fussent isolés. [lajouta que ceux qui sont électrisés attirent les autres et les repoussent ; il distingua l'électricité en vitrée et en résineuse, ou en positive et en négative.
Cuneus, Muschanbroeck et Allamand, observant que les corps électrisés, exposés à l'air, perdent cette propriété, pensèrent qu’en les faisant terminer par des corps électriques, ils pourraient recevoir une, plus grande charge et la retenir ; ainsi fut trouvée la bouteille de Leyde, qu’on déchargeait. sur des personnes qui se tenaient par la main, et toutes recevaient la secousse au même instant, quelle que fût la longueur de la chaîne. Watson prouva par l'expérience qu’elle était sentie également au. même moment par deux personnes placées à l'extrémité d’un fil long de près de six milles.
Franklin, recherchant la raison de ces phénomènes, afirmait qu’il n’y avait qu'un seul fluide électrique, et, que l’attraction ou la répulsion naissait de ce qu’il était accumulé dans les corps, ou de ce qu'il y faisait défaut : théorie que lui-même rétracta ensuite. Le soin qu’il apportait à ses expériences le conduisit à de bien autres découvertes ; ainsi il reconnut que l’électricité est dissipée par les pointes, et que la foudre naît de l'accumulation du fluide électrique dans l'atmosphère. En combinant ces deux faits, il rendit sensible l'électricité atmosphérique à l’aide de pointes ; comme il n’y avait point de clochers à Philadelphie, il eut recours à un cerf-volant, et tira l’étincelle des nuages, ce qui conduisit à l’invention des paratonnerres. Alors les phénomènes qui se manifestaient seulement dans un instant d’une indomptable intensité, purent être adoucis et prolongés de manière à être étudiés commodément, afin d'en suivre les phases successives dans leur passage le long des conducteurs.
Franklin analysa ensuite la bouteille de Leyde, perfectionnée par Watson et Nairn; Épino démontra le premier que les lois de l'équilibre de l'électricité peuvent se soumetire à une rigoureuse investigation mathématique. Le P. Beccaria, de Muadovi, professeur à Turin, expliquait les théories de Franklin pa: ‘à comparaison de l'électricité artificielle et de l’électricité atmoiphérique; il traitait aussi, d’après Symmer et Cigna , des atmosphères électriques, et de ce qu’il appelait électricité vengeresse. Lord Mahon fit une observation plus importante en signalant les contre-coups ou les foudres terrestres, comme on les nommait.
Coulomb, ayant construit une, balance très-délicate au moyen de la torsion d’un fil métallique, constata trois vérités, savoir : que
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