‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 26 sur 245 · UME-FER) D · texte numérisé non relu

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ée à Versailles ps. Après avoir sbourg, habillé e l’impératrice, sexe. L'impébyint secrétaire nt entre le rôle itable sexe. Il mai 1810.

ce qui lui permit d'offrir ce merveilleux spectacle de la Prusse naissante tenant tête à l'Europe entière.

Les Français allaient, insoucieux et chantant, s’exposer à tous les périls pour exécuter ce qui avait été arrêté dans le boudoir d’une courtisane, Les Russes marchaient poussés à coups de knout; les Autrichiens , fort habiles dans les négociations, ne se tiraient pas aussi bien d'affaire sur le champ de bataille , et se laissaient battre imperturbablement : l’armée de l’Empire était mauvaise et ridicule. Les ennemis de Frédéric attribuaient sa supériorité à son armée composée de soldats aguerris, exécutant de belles manœuvres et tirant cinq coups à la minute. Ils s’appliquaient donc eux-mêmes à perfectionner ces machines; mais ils ne connaissaient ni la célérité de ses mouvements , ni la manière savante dont il disposait les marches pour disséminer ses forces et les réunir rapidement au besoin. Le général autrichien Brown avait de grandes connaissances militaires ; mais il était entravé par les égards dus au prince de Lorraine , beau-frère de l’impératrice, qui l’avait investi du commandement , tandis que Frédéric, concevant et exécutant seul, tombait sur l'ennemi à l’improviste.

Pendant que Richelieu occupait le Hanuvre , qui eut immensément à souffrir, Frédéric IL entra en Bohême. À Prague , il remporta une victoire mémorable, où périrent vingt-quatre mille Autrichiens et dix-huit mille Prussiens, ainsi queles deux généraux ennemis Brown et Schwerin ; ce dernier , âgé de soixante-douze ans, avait conseillé à Frédéric de ne pas attaquer.

L’Autriche se vit alors à deux doigts de sa perte; mais elle trouva, pour se défendre, la valeur du comte de Daun, très-habile à choisir ses positions , et qui s’était déjà signalé dans plusieurs guerres ainsi que dans les gouvernements de Naples et de Milan. Il était secondé par l’Irlandais Lascy et le Livonien Laudon : le premier avait combattu avec Munich pour la Russie; Pautre, formé aussi à l’école des Russes , et devenu ensuite chef des Pandours , devait à l’habitude de commander des corps de troupes légères une audace et une rapidité extrêmes.

Frédéric, défait à Kælin, fut obligé d'abandonner le Hanovre et tout le pays entre le Weser et le Rhin aux dévastations des Français , commandés par l’insolent Richelieu. Au milieu de ses expéditions, heureuses ou non , Frédéric faisuit encore des vers; il ne ménagea point les épigrammes lorsque Clément XIII envoya le chapeau rouge et une riche épée bénite au comte de Daun, vainqueur du roi hérétique. Il ne pouvait donc échapper que par

WMIST UNIV, — T. XVII, 5

6 imat.

18 juin,

des triomphes au ridicule dont l’Europe l'aurait accablé, en représailles de ses railleries , dès que la fortune aurait cessé de lui sourire. Ses affaires semblaient désespérées , et, croyant tout perdu sans retour, il forme la résolution de se tuer ; mais, avant dé mourir, il veut sauver sa réputation en écrivant à Voltaire, qui était alors larbitre de la renommée ; il fait la lettre, puis reprend courage et attaque ses ennemis à Rosbach. Avant la bataille , il prononça une ha*angüe que la moitié de l’armée pouvait entendre : « Mais amis, dit-il, le sort de tout ce que nous avons et « devons avoir de cher est remis à cette épée que nous tirons. Je « n'ai pas le temps, et je ne crois vas avoir besoin de vous parler « longuement. Vous savez qu’il n’y a ni veilles, ni fetigues, ni pé- o « rils que jé n’aie constamment partagés avec vous jusqu’à pré- t « sent, et vous me voyez prêt à périr avec vous et pour vous. à « Tout ce que je vous demande , mes amis, c’est dé me rendre 4 d « zèle pour zèle, affection pour affection. Je n’ajouterai qu'un l « mot, non comme encouragement, mais comme une preuve an- B « ticipee de la reconnaissance que je vous aurai: à partir de ce « moment jusqu’à celui où nous prendrons nos quartiers d'hiver, « l’armée touchera double paye. Allons, comportez-vous en

« hommes , et n’espérez qu’en Dieu. » Il engagea la bataille et 4 d défit l'ennemi complétement. Cette victoire ne lui coûta que À fa quatre-vingt-onze soldats, tant il ÿ avait chez lui de ressources 4 fa

supérieures quand le péril le pressait. Bientôt après, àLeuthen, il mit en déroute soixante mille Autrichiens avec trente-cinqmille soldats seulement ; il fit vingt et un mille prisonniers , prit cent quatre canons et reçut six mille déserteurs. C'était la quatrième

décembre.

bataille rangée qu'il livrait cette année-là. 4 . « Jamais peut-être, dit-il lui-même, dans les annales du monde 4 de « une seule année n’offrit, sur un théâtre aussi étroit, tant d’événe- 4 pa « ments Sarprénants, de faits glorieux, de catastrophes inattendues 4 de « et presque miraculeuses. Le roi de Prusse triomphe d’abord; 4 5 « toutes les forces de l’Autriche sont vaincues, ses espérances dé- ne é

« truites. En un moment tout change ; l’armée autrichienne a ré- « paré ses pertes, elle est victorieuse. Le roi, défait abattu, « abandonné par ses alliés, entouré d’ennemis , se trouve sur le « bord du précipice; aussitôt il se relève, et l’armée combinée « de l'Autriche, de la France et de l’Empire est repoussée, Sur un © « autre point, quarante mille Hanovriens se sont soumis à un « nombre double de Français sans pouvoir stipuler autre chose « que de ne pas être prisonniers de guerre, et les Français restent « maîtres de tout le pays entre le Weser et l'Elbe; mais tout'à

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« coup les Hanovyriens reprennent les armes, délivrent leur patrie, « et en peu de temps les Français ne se croient pas en sûreté sur « la rive droite du Rhin. Durant cette campagne, quatre cent « mille hommes combattirent ; six batailles rangées furent livrées, « et trois armées détruites. Les Français, réduits à la dernière mi- « sère, sont défaits sans combattre ; les Russes remportent la vic- « toire, et s’enfuicnt comme s’ils étaient vaincus ; cinq grandes « puissances, après s’être lignées pour réduire un État proportion- « nellement petit, employèrent toutes leurs forces contre lui, et « furent vaincres. »

Les victoires de Frédéric excitèrent un véritable enthousiasme en Angleterre. On voyait partout son portrait; il y eut illumination pour l'anniversaire de sa naissance ; Pitt lui fit décréter un subside de sept cent mille livres sterling par an, pour recruter des soldats, et, sur la proposition de Frédéric, il mit à la tête de l'armée destinée à défendre PAllemagne orientale Ferdinand de Brunswick, en qui l’on vit bientôt un des grands généraux de ce siècle.

Les bons Allemands avaient frémi au spectacle des barbaries commises par ces Français couverts de rubans, au visage fardé de rouge; ils comprenaient que, si Frédéric avait péri, c’en était fait des libertés germaniques et du protestantisme. Ils se sentaient fascinés par la sobriété et le courage de ce roi, qui montrait que la puissance du génie l'emporte sur la force physique, et qui luttait victorieusemert contre les Français, les Autrichiens et les Russes.

Frédéric était loin d'insulter par son faste à tant de misères ; ses soldats durent lui inspirer de la confiance lorsqu'il trouva dans le camp de Soubise , à Rosbach, une foule de vivandières , de cuisinières , de comédiens, de perruquiers , de perroquets , de parasols et des caisses d’eau de lavande. Toutefois il avouait devoir plutôt ses heureux succès aux fauies de ses ennemis qu’à « Sa propre habileté. « La méthode que j'ai employée ne s’est « trouvée bonne que par les fautes de mes ennemis, par leur len- « teur, qui a secondé mon activité, par leur indolence à ne jamais « profiter de l’occas'a; mais elle ne saurait être proposée pour mo- « dèle, car la loi impérieuse de la :: ‘cessité m’a obligé €: ‘onner « beaucoup au hasard. Les Autrichiens sont ceux qui o:: :nis le « plus d’art et de perfection dans ce métier; les Français, quoi « qu’ils soient avisés et entendus, par leur inconséquence et leu « légèreté d’esprit, renversent d’un jour à l’autre ce que leur ha- « bileté pourrait leur procurer d'avantages. Pour les Russes, aussi « féroces qu’ineptes , ils ne méritent pas qu’on les nomme; mais,

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12 août,

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« si je loue la tactique des Autrichiens, je ne puis que blâmer « leurs plans de campagne et leur conduite dans les hautes parties « de la guerre. Il n’est pas permis, avec des forces aussi supé- « rieures, avec autant d’alliés que cette puissance tient à sa dis- « position, d’en tirer un si petit avansge, Je ne saurais assez « m’étonner du manque de concert dans les onératicix ‘le tant « d’armées, qui, si elles faisaient uu effort général, écrseraient « les troupes prussiennes toutes en-xr.fme temps. Que de lenteur « dans l'exécution de leurs projets? combien d'occasions n’ont- « ils pas laissées échapper ! que de fautes énormes auxqueiles'jus- « qu’à présent nous devons notre salut! »

L’Autriche aurait vouiu vaincre sans qu’ii lui en coutât ni bommes ni argent. Lors d’un armistice , elle r: stipula rien pour ceux qui avaient servi sa cause , et les laissa exposés à la vengeance de Frédéric , qui rançonnna la Franconie et poussa ses excursions jusqu’à Ratisbonne, ce qui fit accepter sa proposition d’accorder la paix à quiconque retirerait ses troupes. Lorsque les Russes envahirent la partie de ses États qui leur était destinée , Frédéric, faisant trois cent milles en vingt-quatre jours, avec quatorze mille hommes, les atteignit sous Custrin et les défit ; puis il mit en fuite Daun et Laudon, qui portaient le ravage en Saxe.

Mais ses populations étaient épuisées, et ses ennemis resserraient leur alliance ; aussi , l’année suivante , la campagne fut-elle désastreuse. pour lui. Il éprouva à Kunersdorf une déroute complète , et, sauvé avec peine par le capitaine Prittwitz, il écrivit à son minisire : Tout est perdu. Sauvez la famille royale et les archives. Adieu pour toujours! Les Austro-Russes s’avancèrent jusqu’à Berlin, frappant le pays d’énormes contributions et se livrant à un piilage effréné, pour assouvir leur vengeance et l’avidité des soldats de Tottleben.

Frédéric , réduit à la défensive, ordonna des levéss, fit ramasser comme il put du pain, des pommes de terres, des armes. Que le pays soit ruiné , que la jeunesse périsse , pourvu que le royaume soit sauvé !

Il défit Laudon à Liegnitz, et attaqua Daun à Torgau . où il se livra une des batailles les plus sanglantes dont l’histoire fasse mention. Quatre cents pièces de canon foudroyèrent les Prussiens , et détruisirent leurs fameux gren:*.°s, Déjà l’on chantait des Te Deum à Vienne, et l’on déclarait: ‘:ic déchu de ses fiefs, droits “ priviléges, quand on ap; #0 ‘ avait remporté la victoire.

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anglais, fit considérer cette guerre comme nationale et d’un intérêt commercial , ce qui valut au roi de Prusse la continuation des subsides. Comme les hostilités ne s’arrêtèrent pas aux limites de l’Europe, les flottes de la Grande-Bretagne enlevèrent à la France plusieurs de ses possessions sur le Gange , ainsi que Pondichéry et Mahé sur la côte de Mélabar. Les Français se trouyèrent ainsi exclus de l'Inde; puis ils perdirent en Afrique le fort Saint-Louis du Sénégal, l’île de Gorée et tous leurs établissements sur ce fleuve , où l'or et les esclaves étaient une grande source de richesses ; enfin ils se virent enlever le cap Breton dans l’Amérique , d’où était sorti le prétexte cle cette guerre. Après la mémorable bataille de Québec, où périrent les deux généraux en chef Montcalm et Wolf, tout le Canada fut pris par les Anglais, et Rodney occupa la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique , la Grenade, Saint-Vincent , Sainte-Lucie, Tabago. Chaque nouvelle flotte que la France équipait élait capturée et détruite; si bien qu’elle perdit ainsi trente-six vaiiseaux de ligne et soixante-quatre frégates. Elle songea à envahir }’Angleterre , et fit de vastes préparatifs en Bretagne, à Dunkerque et dans les ports de Normandie; maisles premiers bâtiments qui sortirent de Toulon furent battus sur la côte de Lagos , et les autres foudroyés à Quiberon. Le duc de Choiseul, chef du ministère français, était dévoué à madame de Pompadour et à la maison de Lorraine; il résolut d'apporter quelque remède à tant de désastres en rapprochant toutes les branches de la maison de Bourbon. L'Espagne obéissait au pacifique Ferdinand VI, qui, malgré ses contestations avec l’Angleterre, ne pouvait se décider à une alliance avec la France, même au prix de la cession de Majorque. Il avait également refusé de s’allier avec l'Angleterre , bien qu’elle lui offrit Gibraltar et de belles compensations en Amérique; mais, lorsqu’il eût cessé de vivre , Charles IIT, qui lui succéda, se montra hostile à la Grande- Bretagne , dans la crainte qu’elle ne vint à s’agrandir encore en écrasant la marine française. Il consentit donc au pacte de famille , par suite duquel on dut dire encore qu’il n’y avait plus de Pyrénées : les deux peuples se garantissaient mutuellement leurs possessions, y compris celles du duc de Parme et du roi des Deux- Siciies * les secours à fournir réciproquement furent déterminés, et l’on décida que les deux branches feraient , en cas de guerre, tous icurs efforts, arréteraient de concert les traités de paix et partageraient les : ‘antages.

Ce traité fut d’abord tenu secret; mais les Anglais, en ayant eu connaissance , se jetèrent sur l'Espagne, et attirèrent le Portugal

Pacte de famille, 1761,

octobre.

8 janvier,

9 juillet.

Paix de Paris.

10 février.

70 DIX-SBPTIÈME ÉPOQUE.

de leur côté. George Il étant mort, Pitt avait été contraint de céder le pouvoir aux torys, mal disposés pour le roi de Prusse; maïs, d’un autre côté, la ezarine Élisabeth avait cessé de vivre, et Pierre III, ami personnel de Frédéric, et qui déjà avait protesté contre la guerre injuste qu’on lui faisait, suspendit aussitôt les hostilités, et lui restitua tout ce que les Russes avaient occupé. Catherine IF, qui succéda à ce prince détrôné violemment, arrêta les secours qu’il destinait à la Prusse ; mais elle confirma la paix. La Suède entra aussi en arrangement, et Frédéric n’eut plus contre lui que les Autrichiens, les Français , les Saxons et les Impériaux.

Alors s’ouvrit une nouvelle campagne , dont le fait le plus mémorable fut le siége de Schweidnitz. Pendant ce temps les Anglais enlevaient à l'Espagne Manille et les Philippines en Asie , et, dans l'Amérique, la Havane avec les trésors qui s’y trouvaient.

Marie-Thérèse, qui s’était opposée fièrement à tout accord tant qu’elle avait vu les Russes essuyer les plus grands désastres et ses propres troupes épargnées , se résigna alors à proposer une paix que réclamaient hautement les princes de l’Empire , entraînés par elle dans une guerre opposée à leurs intérêts. Elle fut enfin signée à Paris.

On convint d’abord de Péchange des prisonniers, dont vingt mille Français se trouvaient encore au pouvoir de l’Angleterre, sur un bien plus grand nombre qui avaient péri par suite de mauvais traitements. La France renonça honteusement à toute prétention sur l’Acadie , le Canada, le cap Breton , ainsi qu’aux autres îles et côtes tant du fleuve que du golfe Saint-Laurent. Ses sujets eurent la faculté de pêcher sur le banc de Terre-Neuve et dans le golfe Saint-Laurent, mais à trois lieues de distance des côtes anglaises, et à quinze du cap Breton; il lui fut interdit de fortifier les îles de Saint-Pierre et Miquelon, que lui céda l'Angleterre. En Amérique, Belle-Isle, la Martinique, la Guadeloupe, Marie- Galante, la Désirade, Cuba furent rendues à la France ; à l’Angleterre, celles de la Grenade avec les Grenadines, Saint-Vincent, la Dominique et Tabago, la Floride, le fort Saint-Augustin , la baie de Pensacola et toutes les possessions à l’est et au sud du Mississipi, dont le cours devait être la limite entre les deux puissances, avec la liberté d’y naviguer. Il en fut de même du fleuve du Sénégal , où les Français recouvrèrent Gorée. Dans les Indes orientales , l'Angleterre restituait les forts et comptoirs de Coromandel, de Malabar, d’Orica, du Bengale, tels qu’ils étaient avant 4749 ; la France rendait Natal et Tabanonhy, dans l’île ds Sumatra, en

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