CHAPITRE VIII. autre
| carac LITTÉRATURE PHILOSOPHIQUE. qui d k d’imit
Les mœurs et les sentiments que nous venons de retracer se ilrec reflétaient dans la littérature, dut une partie, comme d’habitude, rigea tenait au siècle précédent , tandis que l’autre préparait les esprits Voltai à des innovations (2). Le beau cessait d’être cultivé en tant que dépit beau, et n’était plus qu’un instrument pour les idées et les partis. Var La littérature , après avoir été morale, religieuse, monarchique appris sous le patronage de Louis XIV, acceptait le scepticisme et l’immoralité , idolâtrait l’esprit et ne rechercha plus que les succès du ui) ! moment. Une réaction contre les écrivains du siècle précédent, françai surtout contre Boileau et Racine, commença dans les boudoirs à visibler la mode; Fontenelle et Lamotte-Houdard en furent les chefs. de Loui Fontenelle était comme le lien qui rattachait une époque à l’autre ; nn léger et doux, tiède d’âme comme de talent, il popularisa ses Fo Ÿ connaissances, et fit parler aux sciences le langage de la société. satire c Étranger à l’enthousiasme, il composa cependant des tragédies; Les an il goûta le scepticisme de Bayle, mais plus encore une vie sans Fonton
affections, sans haines, sans passions. Il lança des épigrammes ta
de Pin (1) Nous parlerons dans le livre suivant de leur rapport avec le carbona- anciens risme. goût pa (2) BARANTE, de la Littérature francaise pendant le dix-huitième siècle. un ven ViLLEMAIN, Cours de liltérature française. fruit d’ LAGRETELLE, Hiséoire de France. ralise «
contre la foi, mais sans attacher assez de certitude et d'importance à ses opinions pour vouloir faire des prosélytes; ne se laissant point entraîner par son siècle, il s’abstint aussi de marcher en sens inverse.
Lamotte apporta une froide analyse dans les sujets qu’il traita ; il fit des chansons, des drames, en même temps qu’il démontrait l’inutilité des vers ; il disséqua Homère en prétendant le traduire, et voulut que l’ode füt le développement d’une idée philosophique, et non un chant d’inspiration (1).
On retrouve dans le poëme de la Grâce, par Louis Racine, quelque chose de l'élégance de son père ; il montre plus de science théologique que de foi dans celui de la Religion, où la subtilité des raisonnements et l’absence complète d’enthousiasme jettent de la monotonie. On peut le considérer comme l'inventeur ou l’introducteur de la poésie philosophique ; il s’occupait encore de l’art, et s’exerçait sur des thèmes antiques. Campistron et les autres imitateurs de Racine montrèrent de l’habileté, mais sans caractère particulier de sentiment, ni de formes. Crébillon, qui détestait la forme, crut que l’on pouvait mieux faire que d’imiter. Ennuyé des tendresses un peu fades des héros de Racine, il rechercha le sombre, s’éloigna de la société, qu’il haïssait, et dirigea ses tragédies vers un genre de beau supérieur à la forme. Voltaire l’appelait son maître avant de se mettre à le dénigrer par dépit de le voir monter à son niveau.
Vauvenargues appartient encore à l’école précédente ; il avait appris de Pascal à sonder les abîmes du cœur, en même temps