‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 62 sur 245 · AMÉLIORATIONS · texte numérisé non relu

AMÉLIORATIONS

pour élever deux cent cinquante jeunes gentilshommes jusqu’à l’âge de quatorze ans; ils passaient de là à l’École militaire, qui

en recevait cinq ccnts, et à qui l’on dut la plantation des Champs-

Élysées. Sous le règne fastueux de Louis XIV, on avait à peine construit cinq ponts, et les chemins étaient dans un tel état, que la plupart des voyageurs ne pouvaient aller qu’à cheval. Au dixhuitième siècle, les routes s’améliorèrent, les ponts se multiplièrent, et celui de Neuilly, entre autres, est un chef-d'œuvre de Perronet. En 1662, l'abbé Laudati, de la famille italienne des Colonna, obtint des lettres patentes pour établir, tant à Paris que dans d’autres villes du royaume, des stations où l’on pouvait

louer une lanterne et un homme pour se faire accompagner; le .

tarif était de cinq sous par quart d’heure pour une voiture, de trois sous pour les personnes à pied (1). On commença à cette époque à éclairer les rues. L'Université de Paxis avait introduit les messageries ; elle se réser'1 . en les:cédant au roi , une somme annuelle sur leur produit , à la charge de donner gratuitement des leçons. Elles prirent alors plus d'extension et de régularité; le service de la petite poste fut aussi organisé pour l’intérieur de la capitale d’après un projet de Chamousset (1759).

On avait placé en 4728 des écriteaux pour indiquer le nom des rues ; le Jardin des Plantes fut agrandi; on commença l’exposition des arts au Louvre (1740). En 1769, on prolongea le quai le long de la Seine, depuis Notre-Dame jusqu’à l’Esplanade des Invalides; en 1776 fut établie une banque d’escompte , et le mont-de-piété l’année d’après ; en 1780, on fonda la Société philanthropique , et une école gratuite pour enseigner à faire le pain.

Le roi ordonna que les malades de l’Hôtel-Dieu eussent chacun

leur lit, et fussent placés dans des salles distinctes , selon le genre des infirmités. ; Al

Nous parlons préférablement de la France, car elle aime à exercer cette mission d’initiatrice , et rend ses améliorations communes à toute l’Europe en leur donnant de la publicité. Du reste, cet esprit de philanthropie devint un caractère commun à toute l'Europe. Nous nous occuperons à part des Italiens. L’Anglais

. Howard, capturé en mer par un armateur. français, médita dans

sa Captivité sur les maux des prisonniers , et résolut de se faire leur protecteur. En révélant avec chaleur leurs souffrances au public , il obtint qu’elles fussent adoucies ; il voyagea ensuite dans toute l’Europe, dans une partie de l’Asie et de l’Afrique , exami-

(1) BELKEMANN. ;

Prisons, 1727-1790.

nant les bagnes et les galères, où il portait des consolations et

des secours. Il montre le régime déplorable des prisons d’Angle-

terre, et plus encore les maisons de correction, où , par un respect judaique de la loi, on continuait de donner à chaque détenu un pain d’un sou par jour, quoiqu'il pesât moitié moins qu’à l'époque où la loi avait été faite ; en outre, des gens de toute espèce, de tout sexe et de tout âge y ’étaient confondus, sans travail, sans instruction, sans propreté. Souvent les fièvres des prisons les décimaient. Comme les bâtiments étaient peu sûrs, on mettait des fers aux détenus, qui restaient exposés aux mauvais traitements des geôliers ; il n’était pas rare même que ceux-ci prolongeassent leurs peines à leur gré, tandis qu'ailleurs on permettait aux bourgeois de venir boire et jouer avec les prisonniers.

Il en était de même en Irlande et en Écosse ; mais l'instruction, plus répandue dans cette dernière contrée , et le sentiment de la dignité personnelle y rendaient les crimes très-rares.

. En Suède, un officier de la chancellerie devait visiter tous les samedis les prisons , qui étaient réglées avec pre de bon sens et moins d’inhumanité qu'ailleurs.

En Danemark , on enchaînait encore les prévenus de méuvite; ; les coups de fouet, le gibet , la roue étaient infligés sur les places publiques. Les infanticides étaient très-fréquents dans le pays; les femmes qui s’en rendaient coupables , condamnées à la réclusion perpétuelle , ‘sortaient chaque année de leur cachot, le jour anpiversaire de leur crime » pour être fustigées publiquement.

Les Russes étaient de vrais barbares, et les particuliers même avaient chez eux des prisons.

En Hollande, au contraire, il régnait de Pordre et de la pro-

preté : des séparations convenables étaient établies; les heures.

du jour avaient leur emploi déterminé; des médecins étaient chargés de la surveillance ; on célébrait l'office divin les jours de fête , et les gardiens étaient désignés par les noms de pères et de mères. Il y avait des chambres pour renfermer, à la requête de

leurs parents, les jeunes gens de mauvaise vie; ce qui était en

usage dans toute l'Allemagne, où l’on inscrivait même sur les chambres de cette espèce le nom de certains pays, afin que les parents pussent répondre au besoin, et sans charger leur conscience d’un mensonge , que leurs fils se trouvaient, par exemple, dans linde , en France , en Italie, etc. Du reste on trouvait peu de détenus en Allemagne, attendu que les procédures s’y expédiaient promptement, et que les condamnés étaient forcés de travailler aux routes et aux fortifications, Il n’y avait plus de cachots au fond

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