AMÉLIORATIONS
t © destours; mai on continuait à appliquer la torture, sauf toute- | fois en Prusse, ct les condamnés devaient gagner leur vie en t travaillant et en mendiant. À Hambourg, le geûlier était en même
temps bourreau. À Manheim et ailleurs , on donnait la bienvenue è et le bon voyage aux détenus en leur appliquant une bonne bast tonnade.
d À Gand, les états de Flandre avaient fait construire une bonne s maison de correction.
La France était bien arriérée ; on onfermaals beaucoup de condamnés dans des cachots souterrains, tant en province qu’à Paris
î même, quoiqu’une compagnie fondée dans cette ville ; en 1753, » s’occupât de procurer des secours aux détenus, et qu’une dame de charité fût attachée à chaque prison. Les prisons de la Bastille ), étaient à juste titre redoutées.
a La Suisse enchaînait également les prisonniers ; mais les juge- | ments y étaient prompts; les condamnés aux peines plus graves es devaient balayer les rues avec un collier de fer, les autres filer et tisser. .
-En Espagne, à Pexception de la Navarté, la torture continuait à être en usage; les jugements n'avaient pas de fin ; les geôliers
, ] donnaient des chambres etallégeaient le poids des chaînes moyen- 5 nant finance. Deux membres du conseil privé devaient visiter les - prisons chaque année, avec pouvoir, s’ils le jugeaient convenable, | de diminuer les peines. Les libertins et les vagabonds étaient renfermés dans la magnitique prison de Saint-Ferdinand, près de 1e Madrid, où ils portaient un vêtement uniforme, et se livraient à | un travail régulier.
D= En Portugal, la société de la Miséricorde, composée de peres. sonnes distinguées, secourait les prisonniers , payait pour ceux nt qui n'étaient pas en état de le faire une taxe due à la sortie, et de dans quelques pays les détenus ne vivaient que d’aumônes. Les de É procédures étaient fort longues ‘et les: geôliers permettaient aux de prisonniers de sortir à la condition de revenir pour l’appel. en Les prisons étaient déplorables à Turin, et ne valaient guère les | mieux à Milan, si l’on en excepte la maison de correction. Les es plombs et les puits de Venise ont conservé une sinistre renommée. ce Lucques était dans l’habitude d'envoyer ses délinquants à Venise. ns ou à Gênes; elle eut ensuite de mauvaises prisons. En Toscane, lé- le grand-duc Léopold en avait fait disposer de meilleures. A Gênes, nt les débiteurs insolvables, les femmes et les prévenus de délits er divers étaient sagement répartis dans des endroits différents. Les nd prisons de Rome avaient plus d'apparence que d’effet; celles de
Naplesregorgeaient de malheureux sans air et sans travail. Howard . dit à Joseph IT que le gibet était préférable aux forteresses autrichiennes.
Ce ‘philanthrope anglais, honoré du titre de père-des prison- “niers, disait : « Les coupables doivent être seuls dans des cellules séparées, et s'occuper de quelque travail. S'ils sont réunis, ils auront honte de #evenir au bien ; laissez:lés seuls avec eux:mêmnes, et ils pourront concevoir la honte du mal. L'homme solitaire sent sa faiblesse ; il‘craint plus qu'il n’espère, et il n’est pas entreprenait. La solitude ët le silence effrayent le crime; ils portent l’âme à la réflexion, et'la réflexion porte au repentir. Le méchant est . un homme dépravé ; il 8e puritie dans le recueillement et dans le calme’; lés heures taciturnes et pensivés ramènent plus d'hommes égarés ou coupables à l'amour de l'ordre ‘ét de l'honnêteté" que les:châtiments les plus sévères. »
Agriculture. L'agriculture était tout. à fait négligée en Allemagne , surtout . dans les provinces qui ont formé la Prusse. Les grands proprié- - taires s’occupaient d’intriguer dans les cités, laissant leurs terres à des fermiers ou à des colons dénués de connaissances et de moyens. pour les améliorer. Le Hanovrien Albert Thaer, après avoir étudié 'lés méthodes et les pratiques de l’Angleterre , établit à Celle une espèce d'école rurale, publia un traité sur l'agriculture anglaise (1794), et écrivit ensuite les annales de l’agticulture. Mitterpacher, de Bude , ‘donna en lätin le premier cours complet de cet'art et on le traduisit dans toutesiles langues.
Geoffroy ‘Copley ‘institua, dans la Société royale de Londres, un prix pour les meilleures expériences faites dans l'intérêt de la conservation des hommes. Ge prix fut décerné au capitaine Cook, qui mena à fin ses mémorables expéditions en ne perdant qu'un très-petit nombre de marins.
L’Anglais Guillaume Hawes fonda la Société d'humanité, destinée à donner des secours dans les cas de mort apparente, d’inhumations précipitées et d’asphyxie par immersion. Henri Pestalozzi introduisit à Zurich des méthodes raisonnées d'éducation, se proposant pour but la vie, non l’école, et où il n’entrait rien des songes de Jean-Jacques ; il s’appliqua, conjointement avec Fellemberg, à former les enfants pauvres à la vertu. L'abbé Gauthier, qui travaillait dans le même but, rendait l'instruction amusante pour ses élèves.
Arkwrent. Richard Arkwright, né dans le Lancashire d’une pauvre famille dont il était le treizième enfant, commença par chercher Je mouvement perpétuel ; mais il ne tarda point à reconnaître
st PP A A mt Ph
= nn 3 © © eu
AMÉLIORATIOM"S. 199
qu'il ferait mieux d'abandonner cette étude stérile pour trouver les moyens de venir en aide à l’industrie au milieu de laquelle il grandissait. L’Angleterre avait alors commencé à tisser les indiennes, au lieu de les tirer du pays dont elles ont reçu leur nom; mais on en faisait la chaîne en fils de lin pour qu’elle eût assez de solidité, et le coton de la trame était filé à la.main. Affrontant la pauvreté, Arkwright monta dans sa maison une mécanique , et bientôt il établit des manufactures à filer. Persécuté comme tous les novateurs, il triompha de ses ennemis par le succès, et mourut certain d’avoir doté sa patrie et le monde d’un mécanisme qui fournirait à très-bas . prix les étoffes jusqu’alurs réservées aux riches.
L'Écossais Watt devait exercer une induence plus grande en-
core; en perfectionnant les machines à vapeurpour les rendre .
régulières et précises, il s’occupa de les appliquer aux besoins de l’industrie, et il en fit d’abord usage pour épuiser l’eau dans les mines de charbon de Kinneil. S’étant ensuite associé avec Boulton, riche fabricant de Birmingham, il construisit des machines qu’il donnait aux extracteurs de mines, n’exigeant d’eux en retour :que le tiers de l’économie qu’ils feraient en combustible, ce qui produisit des résultats énormes. C’est à quoi se borna, dans le coursde ce siècle, une application qui., dans le nôtre, devait acquérir ‘une si vaste importance.
C’est ainsi que le peuple commençait à s'élever, grâce à ces
sentiments de cernpassion : les grands et les riches voulurent se faire pardonner leurs jouissances disproportionnées ; les écrivains empruntèrent aux classes laborieuses des inspirations nouvelles et de nouveaux héros, et les philanthropes cherchèrent sincèrement le:bien ; de telle sorte qu’il en résulta une bienveillance universelle, une espèce de culte de l'humanité.
Au milieu de cet élan communiqué à la société au nom de la
philanthropie, comme en d’autres temps au nom de la charité, .
on eut à déplorer plus d’un genre de délire. Certaines expériences coûtèrent des millions à l’État, et entratnèrent la ruine de beaucoup de familles. On voulut expliquer, par les attractions de Newton, la formation du fœtus comme celle des montagnes. Les géomètres eux-mêmes soutinrent qu’en portant l’exaltation de l’âme à un certain degré, il était possible de deviner l’avenir; la propriété fut discutée, attaquée, et l’on considéra la société comme ayant-perverti l’homme... Mais la-philosophie, qui avait pour croyance les droits de l'esprit, et pour but les progrès de l’humanité, montrait à ceux qui l’accusaient de ces folies toutes
les améliorations comme son ouvrage ; désormais plus absolue et plus confiante en elle-même, elle élevait contre le passé une bannière sur laquelle elle avait inscrit : Raison et Philanthrophie.
rer