‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 65 sur 245 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

TURQUIE ET PERSE. n

Il nous est arrivé déjà , dans ces complications de la politique, ; de parler d’une puissance dont le siècle passé a vu la décadence, ä et dont le nôtre verra peut-être la destruction. s

va, ‘Lors de la paix de Passarowitz, le sultan Achmet IITavait perdu le banat de Temeswar, Belgrade avec une grande partie de la Servie et quelques portions de la Valachie ; mais il avait acquis la Morée et les îles environnantes ; Cérigo était la seule qui restât aux Vénitiens, et ses sujets lui reprochèrent d’avoir abaissé l’empire. Ses guerres avec la Russie ne furent pas plus heureuses; cependant Pierre le Grand, quoique victorieux , regrettait d’avoir été contraint, par le traité de paix du Pruth (1741), de céder Azov,et, pour recouvrer cette place, il garnissait le Don de navires. La mort l’ayaht surpris, il laissa à ses successeurs le soin de continuer ses entreprises du côté de l’Orient; mais les deux puissances ennemies semblaient d’accord pour profiter des troubles de la Perse. | La Perse embrasse quatre populations différentes. Jamais les tribus indigènes, qui vivent en nomades dans les montagnes entre le golfe Persique et l'Arménie, c’est-à-dire dans le Kerman , le hi Fars, l’Irack et le Kourdistan, n’ont été soumises ; mais elles sont

eo ©

œm © © 2 "JT ©

Don et tenues en respect par les Turcs, ainsi que par les Tartares et les al Turcomans, qui ont été successivement conquis. Enfin les tribus se

arabes habitent le pays ouvert, où elles trafiquent sur le golfe, et U ne sont sujettes que de nom.

Les Persans, soùmis à un gouvernement despotique, sont divisés en quatre classes : les guerriers, qui ont la suprématie par te la loi mahométane ; les gens de loi , les marchands et les artisans. Occupés tranquillement au travail, ils réparent les maux que fait éprouver au pays le gouvernement efféminé et tyrannique de maîtres élevés dans le harem , et qui ne connaissent que l’ivresse des voluptés et de la barbarie. Au milieu de cette race abrutie et sanguinaire, on vit surgir tout à coup Schah- Abbas le Grand, qui se couvrit de gloire pendant les quarante années de son règne. À à sa mort, la gloire de l'Iran resta quelque temps éclipsée ; les historiens nationaux n’ont pas coutume de retracer un siècle de déca-

Page 1