PERSE. HUSSEIN
à la cour du schah un aventurier arménien, nommé Israël Orii, en lui accordant la franchise de tous droits sur les marchandises rapportées par lui et les gens de sa suite. Cet homme traîna donc derrière lui une centaine d’amis pour les enrichir avec lui, et se donna pour un descendant des rois d’Arménie. Mir-Weiss glissa dans l’esprit de Hussein le soupçon d’une machination de la Russie pour s'emparer, avec Giorgin, de l’Arménie et de la Géorgie ; il obtint ainsi d’être renvoyé dans sa patrie comme kalanter ou premier magistrat, afin de surveiller Giorgin. Ce dernier, irrité, outragea Mir-Weiss en lui demandant sa fille pour esclave; Mir, ayant soulevé les Afghans, le massacra au milieu d’une fête avec tous les siens , s’empara de la forterèsse de Kandahar, prit le titre de chef des Afghans, et songea à s’affermir en provoquant le peuple à la guerre contre les hérétiques.
Au lieu d’une armée, il vint une ambassade d’Ispahan. Mir répondit aux envoyés persans .en insultant à la mollesse du roi et en jurant par le pain, le sel et le Coran de ne déposer l’énée qu'après avoir détrôné Hussein et soumis la Perse. La victoire se chargea d’absoudre ses menaces du reproche de témérité, et le Kandahar resta royaume indépendant.
Mir-Weiss laissa en mourant deux enfants : l’aîné, Mahmoud, parvenu à l’âge de dix-huit ans, se fit proclamer chef des Afghans, marcha contre Ispahan, qui contenait six cent mille habitants, et mit le siége sous ses murailles.
Déjà une comète avait répandu l’effroi, et l’on avait tenté d’apaiser le courroux du ciel en chassant les prostituées et en défendant le vin. La terreur paralysa la défense; les magnifiques maisons de plaisance dont Abbas le Grand avait embelli les environs d’Ispahan devinrent la proie des barbares; Hussein, lâche jusqu’à la fin, parcourut, vêtu de deuil, les rues de la ville affamée, saluant ses sujets ; puis il remit au vainqueur le diadème royal. Ainsi finit la dynastie des Sophis. Mahmoud usa de la victoire avec férocité , et fit égorger les grands, jusqu’au moment où Aschraf, son parent, lui arracha le sceptre et la vie.
Le fetwa permet aux Turcs de réduire en esclavage les enfants et les femmes des chrétiens, et d’en user à leur gré, sans les obliger à changer de religion ; mais il ordonne de recourir même àla violence pour forcer les schyytes à renoncer à leur hérésie, et il prescrit de s’abstenir de tous rapports avec les femmes qui y persistent. Les cruautés exercées contre les Perses étaient donc légales, et aussi atroces qu’elles le sont d'ordinaire dans les guerres religieuses.
TP CS on D LS
RE SNS
Pendant ces révolutions, le czar Pierre avait occupé Derbend, et les Turcs, entrant dans la Géorgie et l'Arménie , prirent Tauris et Chirvan. Ces conquêtes faillirent mettre la Turquie et la Russie aux prises; mais la France s’interposa entre elles. On se garantit donc mutuellement les acquisitions faites, en se promettant de les agrandir et de soutenir les droits de Schah-Tamasp Il, fils de Hussein. En effet, en faisant la guerre à l’usurpateur, la Porte s’empara d’Hamadan, ce qui lui coûta vingt mille hommes, puis de Tiflis ; elle comptait voir bientôt la destruction de l’empire des schyytes; mais il en fut tort autrement ; car, après avoir perdu cent cinquante mille hommes, elle dut accepter la paix et reconnaître l’usurpateur, sauf à conterver toutefois les deux provinces qu’elle avait conquises.
En outre, le Chirvan et le Ghilan étaient occupés par les Russes. Le Khorassan et presque toutes les provinces méridionales se trouvaient au pouvoir des Afghans, et la Géorgie refusait obéissance; il ne restait donc à Thamasp que la province de Mazandéran, où la forteresse de Frérabad et les montagnes lui servaient d’asiles. 1
Nadir, fils d’un pâtre du Khorassan, abandonnant les pacifiques occupations des siens, s'était mis à la tête d’une bande pour assaillir les caravanes qui se rendaient en pèlerinage à Mesched ; cette bande devint une armée lorsque sa patrie se trouva envahie, et il combaitit les Afghans, faisant trembler Aschraf sur le trône de l'Iran. Il vint alors offrir les forces dont il disposait à Thamasp, s’il voulait le choisir pour son atematdoulet. Thamasp le baisa au front, lui promit de le considérer comme unpère , et lui conféra une autorité sans bornes; prenant le titre de Thamasp-Kouli-Khan ou chef des esclaves de Thamasp, il marcha contre les Afghans, et, de victoire en victoire, leur reprit les provinces conquises. Aschraf, vaincu, fit assassiner Hussein, et se retira avec une petite troupe vers le Kandahar ; mais il fut attaqué par les Béloutches au milieu des sables du Sadjistan, et massacré avec les siens.
Après avoir ramené le schah dans Ispahan, Kouli-Khan envoya sommer la Russie et la Turquie de rendre les provinces dont elles s’étaient injustement emparées. Cette sommation parvint à Constantinople au moment où le vieux fbrahim, grand vizir d’Achmet, célébrait des noces nouvelles, au milien de jardins éclairés par des milliers de lampes de cristal disposées dans le calice des fleurs. Achmet, absorbé dans ces dictractions splendides, aurait consenti à tout s’il n’eût crai”t l’indignation des
bend, rirent juie et s. On
> pro- -Tausurvingt \ desment ; ut actoute-
usses.
les se obéisazanvaient
fiques ur asched ; envasur le sait à Mas?
re, et Thaarcha it les ssein, il fut an, et
NvOya ; dont vint à
vizir ardins ans le splenn des
ulémas, des janissaires et du peuple, qui le poussèrent à faire la guerre. Afin de s’y préparer sans toucher aux immenses trésors qu’il avait amassés, il fallut mettre sur les marchandises un nouvel impôt, etle bas peuple, qu'il écrasait, s’y résigna par haine religieuse; mais l’armée n’était pas encore réunie à Scutari, que l’on apprenait :la défaite du séraskier par Kouli-Khan ainsi que la prise de Tauris, d’Hamadan et l’occupation de toute la Géorgie.
Ces revers firent éclater le mécontentement ; on reprocha à Achmet la paix de Passarowitz, son indolence, dont il ne sortait que pour s'occuper de ses femmes, de ses enfants, de fleurs, d'oiseaux, ne songeant à l’empirs que pour encaisser les trésors arrachés au peuple p: le grand vizir. Patrona-Khalil, Mouslou et Énur-Ali, l’un chiffonnier, l’autre fruitier, le troisième cafetier, firent ameuter la multitude, qui s’insurgea, et courut les rues en demandant le remplacement du grand vizir. Les janissaires s’enfuirent, au lieu de réprimer les séditieux; les magistrats suivirent leur exemple, et Khalil , demeuré maître de Constantinople, fit ouvrir les prisons, nomma l’aga des janissaires et d’autres officiers.
Achmed déploya l’étendard du Prophète, et promit trente écus à quiconque viendrait s’y rallier; mais Khalil posta six cents hommes aux abords du palais, avec ordre de tirer sur quiconque s’approcherait de létendard sacré. Les janissaires, qui s’étaient mis en route pour la Perse, vinrent se joindre à sa troupe, dont le nombre alla toujours croissant. Achmet espéra