‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 80 sur 245 · KT · texte numérisé non relu

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suillet.

5 octobre.

sa vigueur de débauché pour amollir les âmes par le vice, il avait recours à la violence pour contraindre les dames de se rendre à ses bals, d’où on les ramenait ivres et souillées, Il maintint longtemps le pays en paix ; mais ce repos engourdit l’ardeur belliqueuse des Polonais, et leur réputation guerrière en souffrit. Les baines religieuses semblaient aussi assoupies ; mais la gangrène qui rongeait le pays se manifestait davantage ; on songea, comme seul remède, à réformer la constitution, et il en résulta deux partis opposés à l'unanimité du vote. L’un, dirigé par Potocki, craignait, en établissant la majorité, que l’on n’accrût le pouvoir du roi, qui conférait les emplois ; il voulait y obvier en attribuant la nomination à un Conseil permanent et souverain, bien qu'il ajournât les réformes à une époque où le trône serait vacant. Dans l’autre parti,

les Czartoriski, descendants des anciens ducs de Lithuanie, dont

la clientèle était nombreuse dans le pays, auraient désiré une monarchie forte et héréditaire, peut-être parce qu’ils y aspiraient ; ils visaient à diminuer l'autorité des grandes charges et des grandes familles, et à accroître celle des tribunaux. Dans ce but, ils se déclarèrent lés soutiens de la cour, et attirèrent dans leur parti les personnages les plus distingués; mais Branicki, grand maréchal de la couronne, dévoila leurs intentions, et les contrecarra en s'appuyant sur la France.

I ne restait aux Czartoriski qu’à se ménager des ressources sous main. Leur neveu Stanislas-Avguste Poniatowski, qui se trouvait à Saint-Pétersbourg, était en mesure de connaître les sentiments de ce cabinet; bel homme, insinuant et gracieux, il élevait ses espérances jusqu’au trône, se fiant à cet égard aux prédictions des astrologues. Il se concilia la faveur du grand-duc Pierre, et plus encore celle de Catherine, qui, devenue impératrice, promit de faire élire roi de Pologne ou lui ou Adam Czartoriski.

Lorsque Auguste IIL, qui avait toujours vécu dans la dépendance de la Russie, abandonna la malheureuse Pologne pour aller mourir en Saxe, un déplorable interrègne commença dans le pays. Afin d’effrayer les Radziwil, la faction Czartoriski fit appel à Catherine, qui menaçait depuis quelque temps et désirait intervenir. Les Czartoriski, se hâtant d’opérer des réformes pendant ia vacance du trône, abolirent les grandes charges, réprimèrent les familles puissantes, affaiblirent les seigneurs en limitant leur pouvoir sur leurs serfs, abrogèrent les priviléges des grandes villes et de provinces entières. Les régiments de la garde se trouvèrent dépendre entièrement du roi, comme aussi hôtel des monnaies et les postes; la couronne fut inves-

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POLOGNE. STANISLAS If. 255

tie du droit de s’approprier quatre des plus riches domaines, et ils cherchèrent surtout à abolir le liberum veto, Tout cela, ils le firent en quelques semaines, sans chercher à s’appuyer sur la volonté de la nation, pendant que la Prusse et la Russie s’opposaient aux réformes, intéressées qu’elles étaient à ce que le désordre continuât. 1!

: Chacun des deux partis, d’accord peur repousser un roi étranger, mettait en avant une créature à lui ; mais, comment espérer que plus de milléélecteurs arrivérsient à un vote unanime au milieu de tant de passions ? Il se donza dans des diétines, où les rixes éclataient à chaque instant, plus de cent mille coups de sabre, mais sans qu’il y eût plus d’une centaine de gentilshommes tués,

attendu que, dans des occasions pareilles, les Polonais ne por-

taient point d’armes affilées ; mais que servait de discuter lorsque Catherine avait déjà décidé le choix ? Soixante mille Russes aux frontières, dix mille aux portes de Varsovie, devaient assurer la libre élection de son a:nant ; des Turcs, des janissaires, des Hongrois, des Prussiens, remplissaient la ville et les galeries de la salle : Stanislas fut donc élu.

Issu d’une famille italienne très-noble, mais peu puissante (1), il mécontenta les Polonais, le jour même de son couronnement,

en ne se montrant pas avec l’habit national et la tête rase, at-

tendu qu’il n’avait pu se décider à sacrifier sa noire chevelure. Puis, asservi d’un côté à la Russie, de l’autre aux Czartoriski qui exerçaient une puissance prépondérante, il reconnut bientôt toute son impuissance sur le trône qu'il occupait; car il s’y trouvait à la merci du prince de Repnin, l'ambassadeur russe, naguère son compagnon de débauches, devenu alors pour lui un contradicteur violent, prompt à lui faire sentir l'éperon dès qu’il faisait mine de résister.

Le pays tout entier était morcelé en |confédérations de nobles résolus à maintenir leurs droits par les armes ; la Lithuanie seule en comptait quatorze , qui prétendaient , sous la présidence de Radziwil, raffermir la république et peut-être détrôner Stanislas. Les dissidents avaient eu recours à la czarine , qui, charmée d'une occasion de se montrer rhilosophe en répudiant une intolérance qu’elle-même avait provoquée, les prit sous sa protection; mais ia diète, où prévalaient les républi: ins (on appelait

(1) Il aescendait des Torelli, anciens seigneurs de Guastalla. Voy. SCHOELL,

XX, p.117. — Selon les autorités polonaises les plus authentiques, l’ori-

gine des Ponatowski est toute polonaire, (A. R.)

Stanislas Poniatowskt.

" septembre.

1708, 21 février,

ainsi lesadversaires des dissidents), loin de consentir à la liberté da culte, confirma les ordonnances rendues contre eux.

Wsanislas usait d’adresse pour conserver au moins quelqu'une des prérogatives royales ; il se montrait souple envers l'ambassadeur russe Repnin, qui menaçait de la Sibérie les patristes et Branicki, leur chef. La diète extraordinaire, convoauée par le roi à Varsovie, se vit entourée de troupes russes ; Repain y parla en'maître, ei les évêques de Cracovie et de Kiev, ainsi que le 5 néral de la couronne, ayant voulu résister, il les fit enlever et conduire en Sibérie aux applaudissements des philosophes, soudoyés par la czarine. Puis, sas s'inquiéter des oppositions, il dicta des réformes qui garantissuient aux dissidenis la liberté de leur culte, mais qui laissaient subsister tout ce qu'il y avait de radicai dans les maux du pays. L’orgueil national frénissait à ces actes de domination exercés par la Russie ; ceux qui cecupaiort les premières charges voyaient avec peine leur autorité dimuuée et 'uur digmté compromise ; les évêques perdirent l’espoir de rfvüir à leur troupeau la portion dissidente.

Impuiveurts contre la force extérieure , ils songèrent à se tourner du côté dn peuple, dont ils ne:s’étaient nullement inquiétés jusqu'alors; ils excitèrent ses passions en répandant le bruit que la Russie et la Prusse voulaient détruire la foi cathotique, et qu’il fallait la défendre par les armes. La multitude, déjà ulcérée contre les Russes disséminés dans le pays, s’enflamma à l’appel de ses maîtres; or, quoique la nation n’eût pas d’armée depuis quarante ans, ne délibérât point sur ses propres affaires et n’agît que sous des influences étrangères, elle montra encore son ancien caractère indépendant et guerrier.

La France, qui eut toujours de la prédilection pour les Français du Nord, et qui s’était efforcée de maintenir la liberté des élections, mais sans réussir, avait rappelé son ambassadeur, ne trouvant pas qu’il pût demeurer au milieu de tant de brigues sans compromettre sa dignité ; cependant, par ses agents secrets, elle animait les esprits à la défense de la liberté et de la religion.

Krasinski, évêque de Kaminiec, courut à plusieurs reprises le pays en encourageant les patriotes et en organisant une confédération qui devait se mettre à l’œuvre aussitôt que la Russie aurait retiré ses troupes, ainsi qu’elle en était sallicitée par la Porte, qui depuis quelque temps se faisait la pr: ‘"trice de l’indé-

pendance polonaise. Mais le jurisconsulte Pou': ‘:, anobli nouvellement, ho: me d’un caractère entre; na: ieploya plus de résolution; :: ‘ma à Bar en Podolie un: :::" dération qui prit

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