‹ Histoire universelle [microforme] (volume 5)Chapitre 84 sur 245 · KOSCIUSKO · texte numérisé non relu

KOSCIUSKO

Il est inutile de nous étendre sur ce statut, qui n’eut point d’effet et fut jugé trop libéral par les uns, trop tyrannique par les autres. Les seigneurs, auxquels il était particulièrement odieux, parce qu’il leur enlevait l’espoir d’arriver au trône, se concertèrent pour se rallier à la Russie. Dès que Catherine se fut réconciliée avec la Porte, elle désapprouva hautement ce qui s’était fait en Pologne pour relever un pays de l’abaissement où elle voulait le tenir ; elle écrività son ambassadeur à Varsovie : Rappelez au roi que j'ai proposé le démembrement de la Pologne. À cette heure, on ne cesse de m'engager à un nouveau partage. Diles-lui que je m'y opposerai tant que je ne verrai pas le roi et la nation me devenir contraires. Autrement il dépend de moi de rayer la Pologne de la carte de l'Europe.

La mort de Léopolc I! la délivra de l’obstacle qu’elle craignait ; elle obtint de son successeur ainsi que de Frédéric-Guillaume II qu’ils reviendraient l’un et l’autre sur leur promesse de maintenir l'intégrité de la Pologne et la liberté de sa constitution. Aussitôt il se forma une confédération pour le rétablissement de l’ancienne liberté ; Catherine encouragea les Polonais à saisir l’occasion et à mettre leur confiance dans la magnanimité, dans le désintéressement qui dirigeaient chacun de ses pas ; puis elle déclara, en sa qualité de protectrice des réfugiés , qu’elle allait faire entrer des troupes dans le pays pour rétablir l’ancien ordre de choses. Les Polonais, ne voulant pas abdiquer leur droit de nation indépendante, s’apprêtèrent à combattre , firent appel aux puissances, et conférèrent au roi une autorité dictatoriale; mais Autriche garda le silence , et la Prusse dit qu’elle ne pouvait ni ne voulait s’en mêler, tandis qu’elle s’unit à la Russie pour ramener en Pologne l’ancienne anarchie.

La révolution française avait éclaté, et l’effroi des rois enccurageait ceux qui leur résistaient. Kosciusko , vaillant guerrier polonais qui s'était mis à la tête du mouvement, avait eu soin de protester que le soulèvement de la Pologne était tout autre chose que celui de la France, et qu’il considérait comme ennemis de la patrie ceux qui voulaient instituer des clubs et des sociétés populaires. Il se passait néanmoins dans Varsovie des scènes qui rappelaient la convention française ; mais peut-être aussi étaient-elles

liberté et maintenir nos frontières intactes : par tous rs motifs, nous avons, avec toute la fermeté de notre esprit, résolu la présenie constitution, et la déclarons sacrée et inviolable jusqu’au temps où la nation, après le délai prescrit, déclarera, par sa volonté expresse, qu’il est nécessaire de changer une de ses dispositions, etc. » °

Kosciusko.

suscitées par les ennemis de la Pologne. Enfin les Russes se mirent en marche, et, passant librement sur le territoire de la Gallicie , ils dérobèrent leurs mouvements aux Polonais, qui furent vaincus. Stanislas déclara d’abord qu’il était résolu à périr avec sa patrie ; mais, toujours héros à demi, il se découragea, et consentit à la confédération , qui dès ce moment fut appelée confédération de la couronne ; Félix Potocki, homme vendu aux étrangers et qui s’était élevé en rampant, en devint maréchal. Tout fut donc remis dans l’ancien état ; la charte donnée aux villes fut même révoquée, et lon dit au pays : « L’instant est proche où la répu- « blique verra sa liberté et son indépendance assurées, où le « citoyen jouira de tous ses droits. Natiou, tu rendras justice à « ceux qui ont risqué leur fortune et leur vie, et affronté les in- « jures pour te rendre ta félicité. »

A ce moment même , le roi de Prusse déclarait que les maximes jacobines répandues dans la Grande-Pologne l’obligeaient à occuper; puis, annonçant qu’il agissait d'intelligence avec la Russie, il incorpora, pour sa sûreté, Dantzick et Thorn à ses États, avec la majeure partie de la Grande-Pologne, appelée depuis Prusse méridionale. En même temps Catherine fit savoir qu’elle avait résolu , conjointement avec l’empereur, de restreindre encore larépublique polonaise, afin de la rendre plus sage et plustranquille. La diète en fut stupéfiée. Stanislas songea même à abdiquer une couronue qu’il ne pouvait plus conserver sans honte (1); mais le courage lui manqua encore pour prendre ce noble parti.

La Russie ordonna des poursuites et des confiscations contre ceux qui s'étaient opposés à ses vues ; elle exclut de la nouvelle diète quiconque avait montré de l'attachement au statut de 94 ; les députés qui, bien qu’élus sous l'empire de la terreur, s’opposèrent avec chaleur à ses volontés, furent arrêtés (2), et il fallut

(1) « Trente ans d'efforts, pendant lesquels, en voulant toujours faire le bien , j'eus à lutter contre toutesfsortes de chagrins, m’ont réduit au point de ne pouvoir même espérer de servir ma patrie d’une manière utile, ni par suite de remplir mon devoir avec honneur. Les circonstances sont telles que mon devoir me défend toute participation personnelle à des mesures qui amèneraient le désastre de la Pologne. Il convient donc que je résigne une charge que je ne puis plus soutenir dignement. Je désire voir occupé par un bomme plus heureux un poste que, de toute manière, mon âge et iaes ‘nfirmités rendraient bientôt vacant. » Cette lettre était adressée à Catherine, oui ne lui répondit pas.

(2) Kimbar disait : « Qu’importent les souffrances à la vertu? Son essence est de les mépriser, On nous menace de la Sibérie; ses déserts auront des charmes pour nous, en nous rappelant notre courage. Allons donc en Sibérie; conduisez-nous-y vous-même , Sire : là votre vertu et la nôtre feront pâlir nos ennemis, »

se rési 4,553 reste qu’elle la Rus domin Les de la mande jacobi toute comm furent dès lo bitant:

renon tage à assign La | à réfo positic mena larmé Le :

révolt firent et l’in et par dirent hauts respe.

consel La de co furent Finis sovie , sur vi rent à

(1) ( Kosciu lei2n

Page 1