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CHAPITRE XXIX

C'était du Latium que devait surgir la puissance destinée par sa force à dominer non-seulement l’Italie, mais le monde (1). On raconte que les Aborigènes descendirent des sommets de l’Apennin pour habiter les plaines du Latium, d’où ils chassèrent les Sicules, et où ils fondèrent un grand nombre de hameaux qui depuis devinrent célèbres, tels que Laurentum, Préneste , Lanuvium, Gabies, ÂAricie, Lavinium, Tibur, séjour de la Sibylle, Tusculum, aux murailles en blocs pélasgiques, Ardée , résidence des Rutules, enrichis par le commerce, et qui envoyèrent des colonies jusqu’à Sagonte en Espagne. Le lien religieux ne cessait pas d’unir ces populations, qui avaient grandi séparément. Le Lucus Ferentinus, aujourd’hui Marino, le bois sacré de Diane, près d’Aricie, et celui de Vénus, entre Lavinium et Ardée, étaient autant de points de réunion pour les rites d’un même culte. Lors des féries latines sur le mont Albain, semblable au Panionium , on célébrait un sacrifice solennel; les chairs des victimes étaient distribuées à toutes les tribus , auxquelles, du fond de la forêt Albunéa, le dieu Faunus, divinité commune, faisait entendre ses oracles. Saturne, c’est-à-dire le peuple qui donna son nom aux Latins, vint par mer; les dieux pénates, dans l’origine, étaient déposés à Lavinium sur mer, qui fut la métropole des Latins (unrpdroke rüv Aativuv yevouévr) même aprèsles accroissements d’Albeet de Rome. Picus, Faunus, Latinus, passent pour les plus anciens rois du Latium. Sous le règne de Faunus, on vit aborder une colonie d’Arcadiens conduite par Évandre, qu’on peut regarder comme une troisième migration pélasgique; elle s'établit sur les rives du Tibre , où elle bâtit Palatium. Deux générations plus tard, Latinusétant roi, ilarriva une quatrième colonie de Troyens échappés à la ruine de leur patrie, qui avaient Énée pour chef. Ce prince, l'ayant emporté sur la dynastie indigène , laissa à ses descendants le trône d’Albe , où se succédèrent Ascanius, Sylvius Posthumus, Sylvius Ænéas, Latinus, Alba , Épistus, Capys, Carpentus, Tibéri-

(1) En outre des auteurs déjà cités, voy. M. Connanini, De priscis ant. Lat populis, Rome, 1748; Vuuri, Latium velus; SPANGENRERG, De vel, Lalii religione domestica.

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nus, Archippus, Arémulus, Aventinus, Procas, Amulius, Numitor.

Amulius chassa du trône Numitor son frère , et contraignit Rhéa Sylvia, la fille unique de ce prince , à se faire vestale; mais le dieu Mars féconda son sein, et elle donna le jour à deux jumeaux, Romulus et Rémus, qui , jetés dans le Tibre, furent poussés sur le rivage et allaités par une louve. Devenus grands, ils apprirent le secret de leur naissance; leur courage réunit autour d’eux une bande de valeureux Latins, qu’ils établirent sur les rives du Tibre, à seize milles de son embouchureet un peu au-dessus du Teverone, contrée sauvage et qui renfermait beaucoup de collines. Ce fut sur ces hauteurs, moins insalubres que la plaine, au point où confinaient les Latins, les Sabins et les aie: qu’ils fondèrent une ville à laquelle ils donnèrent le nom de Rome.

Romulus tue son frère Rémus, et règne seul ; il accroît la population de la ville nouvelle en ouvrant un asile ou un marché franc , et distingue les patriciens des plébéiens , mais en les rattachant toutefois par le lien du patronage ; il divise les citoyens en trois tribus , et choisit dans chacune cent chevaliers et cent sénateurs. Pour avoir des mariages, il fait enlever les filles des Sabins, qui viennent pour tirer vengeance de cet attentat; mais, suppliés par leurs filles, ils-consentent à la paix, et les deux peuples réconciliés n’en forment plus qu’un. Les habitants des contrées voisines sont vaincus, transportés à Rome, ou obligés de recevoir des colo-.…. nies dans leurs propres foyers; enfin Romulus , mort ou tué, est” mis au nombre des dieux.

Au héros succède le législateur, Numa Pompilius , qui réforme le calendrier, emprunte à l’Étrurie les vestales, les féciaux, diverses cérémonies, D’après les avis de la nymphe Égérie, il distribue le peuple en corporations d’arts et métiers, et fonde le temple de Janus , qui doit rester fermé en temps de paix.

Sous Tallus Hostilius, le sort d’Albe est décidé par le combat des Horaces et des Curiaces ; Albe est détruite, et ses habitants sont transportés à Rome sur le mont Cœælius.

Ancus Martius est vainqueur des Fidénates, des Sabins, des Latins; il creuse le port d’Ostie, établit des salines, et bâtit les prisons.

Tarquin l'Ancien, originaire de Corinthe et lucumon d’Étrurie , obtient le trône parce que les augures lui sont favorables; il augmente de cent le nombre des sénateurs, crée deux nouvelles vestales, construit des aqueducs, des égouts, le cirque, défait les Sabins, es Latins , les Étrusques , et meurt assassiné.

Servius Tullius continue la guerre contre les Étrusques , intro-

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