‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 109 sur 146 · HIST, UNIV, T, — M · texte numérisé non relu

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Romulus,

divinité pélasgique, Banni de sa patrie (1), il construit sa forteresse sur une hauteur, au pied de laquelle vient se réfugier la plèbe , dont la faiblesse est protégée et dominée par les hommes forts, qui s’adonnent à la guerre , tandis qu’elle s’occupe des métiers divers et du travail des champs. La première occasion de guerre naît de la tentation ordinaire aux peuples encore incultes, du désir de se pracurer des femmes (2), Mais les femmes , qui se rapprochent davantage de la nature des races septentrionales , acquièrent de la dignité; elles résistent d’abord , puis elles se font médiatriçes de paix entre leurs pères et leurs maris , ce qui commence à inspirer dans Rome le respect pour le sexe le plus faible, Les fiancées sont entraînées hors de la maison paternelle , avec une feinte violence ; une fois mariées, elles n’ont d’autre occupation que de filer la laine; les hommes leur cèdent le pas dans les rues ; on ne doit dire ou faire rien d’inconvenant en leur présence ; elles ne peuvent être citées devant les juges qui prononcent la peine capitale (2). C’est ainsi que sont indiquées, comme des concessions ef des transactions mutuelles, les lentes acquisitions du temps et les effets du mélange des races,

Dans les guerres , on acquiert des territoires qui se partagent . entre les patriciens, et les vaincus, réduits en esclavage, sont condamnés aux travaux pénibles. La nation romaine est donc divisée en deux classes, comme tous les peuples de l’antiquité : les conquérants et les vaincus, les gouvernants et les sujets, les patriciens et les plébéiens. Néanmoins, les vaincus ne tombèrent point aussi bas qu'ailleurs ; aussi, au lieu de deux castes aux limites infranchissables, nous trouvons plutôt deux partis politiques, se disputant dès le principe la prépondérance , jusqu’à la formation de cette classe plébéienne , mais libre, sur laquelle se fonde la puissance de Rome. La guerre contre Tatius finit par une de ces transactions que nous avons rencontrées chez toutes les nations; néanmoins , en voyant le nom de Romains se changer en celui de

(1) Les fondateurs de peuples, si lon peut s'exprimer ainsi, sont, pour la plupart, bannis et persécutés ; témoin Hercule, Thésée, le Normand Roger, fondateur de la monarchie sicilienne, etc. Les Sabins racontaient qu’une jeune fille des environs de Réate, fécondée par Mars Quirinus, avait donné naissance à Modius Fabidius, qui fonda Cures en compagnie de vagabonds. Denys D’Hauic., If, 48. C’est une louve qui allaita Romulus, et le loup était sacré chez les Sabins, de même qu’il le fut chez les Romains.

(2) Le rapt des Sabines a pour pendants ceux d'Hélène, de Proserpine, d’Europe ; des amantes de Rama et de Krishna, dans les poëmes indiens; de Brunhild, dans les Niebelungen, etc.

(3) Prurarque, Vie de Romulus, 17, et Questions romaines, 97.

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