‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 11 sur 146 · CONSTITUTION MORALE ET POLITIQUE DES PERSES · texte numérisé non relu

CONSTITUTION MORALE ET POLITIQUE DES PERSES

On jugerait mal les Perses si l’on s’en tenait exclusivement à l'opinion des Grecs, qui avaient contre eux une haine profonde; mais il ne faut pas non plus se les représenter comme de bien

bligation que nous avons de rendre grâce à Dieu, qui mit des choses si bonnes à l'usage et au service de l’homme.

* 59 Quand on adresse à Dieu une prière dans le jour, tourner la face vers le soleil, et, dans la nuit, vers la lune: deux luminaires célestes qui rendent témoignage de la Divinité.

Le même écrivain rapporte ainsi les devoirs des prêtres :

10 Observer la liturgie de Zoroastre, la formule d’oraison qu’il a enseignée étant plus agréable à Dieu que toute autre.

20 Ne pas laisser les yeux désirer ce qui est à autrui, parce que Dieu ayant donné à chacun ce qui lui convient, désirer le bien d’autrui, c’est se montrer mécontent de la Providence et croire avoir droit sur ce que Dieu jugea à propos de nous refuser.

30 Dire toujours la vérité, parce qu’elle vient de Dieu, et que le démon est père du mensonge.

4o Ne s'occuper que de ses fonctions, sans songer aux affaires temporelles, parce qu’un laïque ne doit pas laisser l’ecclésiastique manquer du nécessaire , ni celui-ci désirer rien de superflu.

5° Apprendre par cœur le livre de la loi pour instruire toujours le pauvre laïque, et pour que celui-ci soit toujours tenu de respecter son prêtre.

60 Conserver la pureté, parce que Dieu aime les hommes purs, et que par ce moyen seul on peut en surpasser un autre,

70 tre prêt à pardonner toutes sortes d’injures, et se rendre un modèle de douceur, afin de se montrer le véritable ministre de ce Dieu que nous offensons chaque jour, et qui pourtant ne cesse de nous faire du bien.

80 Enseigner au peuple à prier selon la loi, s'unir à lui pour demander à Dieu la prospérité du p.;s, et accomplir toujours les devoirs de son état.

90 Unir l’homme et la femme par le mariage, et ne pas souffrir que les parents marient leurs enfants contre leur gré.

100 Passer le plus de temps possible dans le temple pour rendre service à ceux qui viennent le trouver, et répondre ainsi à sa propre vocation.

110 Ne pas admettre d'autre loi que celle qu’a donnée Zoroastre , ne rion y ajouter, n’en retrancher rien, parce que Dieu le veut ainsi.

Le grand prêtre on Dislecoos, qui corresponu à l’ancien Moubad-Moubadan, a de plus les devoirs suivants :

1° Se préserver de toute souillure, parce que Dieu l’a élu pour être saint.

20 Faire tout lui-même pour que l’impureté d'autrui ne le souille pas, et aussi pour montrer de l'humilité dans son haut rang. 30 Prendre la dime du laïque, non pour son usage, mais en se considérant

Éducation,

fidèles observateurs de la morale contenue dans leurs livres. « Si « vous voulez être saints, y est-il dit, instruisez vo: enfants ; car « leurs bonnes actions vous seront attribuées. » Xénophon nous rend compte en effet du soin qu’ils prenaient de la jeunesse. Les enfants, les jeunes gens, les adulteset les vieillards ayant accompli leur temps de service militaire, se réunissaient par classes distinctes dans un grand espace. Les enfants et les adultes s’y rendaient dès l’aurore ; les vieillards, quand ils avaient le temps ; les jeunes gens y couchaient, revêtus de leurs armes, quand toutefois ils n’étaient pas mariés. Chaque bande avait douze chefs pour diriger les exercices. Là les enfants apprenaient la justice en prononçant sur des cas pratiques (1) : institution excellente que n’ont

comme un aumônier du Tout-Puissant, qui se sert de son ministère pour distribuer aux pauvres le tribut payé par les riches.

4° Pour montrer qu'il accomplit exactement ce devoir , qu’il évite tout faste, et qu'à la fin de l’année il distribue tout ce qui lui reste d’argent; car son revenu ne peut manquer de lui être payé.

50 Qu'il habite près du temple et donne le bon exemple en restant habituellemènt dans sa maison, et en consacrant son temps à la prière.

6° Qu'il observe en public et en particulier les lois de la frugalité ct de la tempérance.

7° Qu'il soit versé dans la connaissance de la loi et dans toutes les sciences, parce qu'il est appelé à instruire tous ceux de sa religion, laïques et ecclésiastiques.

8° Qu'il soit sobre, parce que l'excès de la nourriture et des liqueurs nuit aux facultés de l’âme et trouble la sérénité, qui jamais ne doit manquer à un serviteur de Dieu,

9° Qu'il ne craigne que Dieu, ne haïsse que le péché.

100 Comine chef de la religion, qu’il reprenne les pécheurs sans égard au rang ; et les grands l'écouteront avec soumission quand il parlera , non pour sa cause, mais pour celle de Dieu.

11° Qu'il vise surtout à séparer la vérité de l'erreur.

120 Bien que, par son poste éminent , il puisse être honoré de quelque vision et révélation de Dieu, il ne doit pas toutefois la divulguer, parce qu’il ne ferait qu’esnbarrasser le peuple qui s’en doit tenir à la loi écrite.

130 Qu'il ait soin que le feu sacré ne s’éteigne pas jusqu’à ce que le monde soit consumé par ce élément, ( Lorp, Relation of the Pers., p. 36. — Hype, Relat. vet. Pars,c. 13.)

LEBRUN nous donne à peu près la même idée des Guèbres : dans une conversation qu’il eut, dit-il, en janvier 1707, avec un de leurs prêtres , celui-ci lui répondit que « Dieu est l’Être ds êtres, esprit de lumière , élevé au-dessus de toute conception humaine, infini, présent partout , tout-puissant, à qui rien n’est caché, et contre la volonté duquel rien ne saurait arriver. »

(1) Voici l’un de ces cas, tel que Xénophon le fait exposer par Cyrus :

« Un enfant de haute taille, qui avait une petite tunique, dépouilla de la sienne un autre enfant de petite taille qui en avait une grande, lui mit sur le dos celle qu'il portait et se revêtit de l’autre. Étant appelé à juger du fait, je décidai qu'il valait mieux pour tous deux que chacun gardât la tunique qui lui allait bien. Le

ce qui

. QSi s ; Car | nous >, Les -ompli es disy renps ; les jutefois fs pour en prose n’ont

pour dis-

out faste, son re-

t habituelé et de la

s sciences, ecclésiasti-

s nuit aux h un servi-

rd au rang ; r sa cause,

elque vision il ne ferait

e le monde 6. — HYDE,

une converui-ci lui rébu-dessus de ui rien n’est

us :

de la sienne le dos celle

décidai qu'il lait bien. Le

CONSTITUTION DES PERSES. 5a

point imitée les nations plus éclairées, chez lesquelles on n’exerce le prenier âge qu’à lire et à tracer des lettres. C’est devant ce tri- “bunal que l’on portait les accusations de larcins, de violences, de fraudes, commis d'ordinaire par les enfants ; et les chefs faisaient attention à ce que l’on condamnât non-seulement les coupables et les calomniateurs , mais encore les ingrats dont le crime est de dégoûter les autres de faire le bien. Les enfants étaient en outre formés à l’obéissance, à la tempérance, et habitués au maniement des armes.

«Lorsqu'ils ont atteint leur seizième année, continue Xénophon, ils passent parmi les jeunes gens jusqu’à vingt-six, couchant la nuit en plein air, exécutant durant la journée ce que les magistrats commandent pour le service public , ou accompagnant le roi dans ses chasses fréquentes. Iis se nourrissent de pain, de cresson et d’eau, sans autres friandises que ie gibier qu’ils tuent euxmêmes ; ils s’exercent souvent à faire assaut d’adresse dans les armes. À vingt-cinq ans révolus ils sont hommes, et prêts à obéir , soit en guerre , soit en paix, au moindre signe des magistrats. On choisit parmi eux les employés et les instituteurs de la jeunesse. À cinquante ans ils entrent dans la catégorie des vieux, qui, exempts du service militaire, jugent les affaires publiques et privées , et connaissent même des délits capitaux. Si un jeune homme est accusé par les surintendants d’avoir manqué aux lois établies, il est cassé par les vieillards et demeure atteint d’infamie.

« Cette éducation seule conduit aux honneurs. Les élèves vivent , du reste, dans une tempérance qui va jusqu’à l’abstinence; leur propreté est poussée à un tel point qu’ils ne crachent ne se mouchent et ne satisfont aucun besoin corporel qu’en prenant le plus grand soin pour n’être pas vus. »

Voilà ce que raconte Xénophon, dont l'imagination bienveillante à leur égard ne vit peut-être que le côté favorable des choses , ou qui voulut instruire ses concitoyens par le contraste qu’il mettait sous leurs yeux. Il ne faut, dans tous les cas , entendre ce

maître me fustigea pour cette sentence, et me disait qu’elle pourrait convenir si j'avais eu à prononcer sur ce qui ieur seyait le mieux ; mais qu'ayant à juger à qui des deux appartenait la tunique, il fallait examiner lequel des deux la possédait justement, de celui qui s’en était emparé par violence, ou de celui qui se était procurée, soit en la faisant, soit en l’achetant. 11 ajouta ensuite que ce quise pratiquait selon les lois était juste, mais que ce quiétait contraire aux lois était contraire à la justice. Il voulait , en conséquence, que le juge prononçât toujours conformément aux lois. De eette manière je parvins à connaître exactement tout ce qui est juste, »

qu’ ’il rapporte que de la tribu des Pasargades, noblesse du pays qui entourait le trône et était le nerf de l’armée.

Les Perses étaient divisés en quatre classes : prêtres, guerriers , agriculteurs et artisans; mais rien n'indique que ces classes fus- - sent héréditaires. Ils avaient horreur des arts qui pouvaient souiller ou éteindre le feu, et ils n’aimaient pas en général le travail des mains. On vante leur amour de la vérité, qui leur faisait même regarder comme honteux de vivre d'emprunts, parce que cela donne occasion aux mensonges. Ils nrenaient pour texte de leurs entretiens à table des sujets importants (1).

Les Perses montagnards, dont les débris subsistent encore dans la tribu des Gaures, étaient généralement laids (2); mais, comme le pays était ouvert aux irruptions et entouré de peuples d’une très-belle race, le mélange produisit une nation qui réunit la vigueur et la beauté. La religion bénissait les pères de beaucoup d'enfants, et le roi les récompensait. On disait que les enfants étaient autant de degrés vers le ciel : plus on en a, plusle passage sur le pont Chinevad est facile. Que celui qui n’a point d’enfants en adopte, ou qu’il marie les enfants des autres, ou qu’il aide aux mariages en fournissant des dots. Si la femme désobéit trois fois , le mari peut la tuer; la répudier, si elle est de mauvaise vie ou mécréante.

Les Perses, en se mêlant avec les Mèdes , perdirent beaucoup sous le rapport des mœurs. Le luxe augmenta parmi eux après Cyrus, et leurs bonnes qualités s’altérèrent : ils devinrent mous, efféminés, s’adonnèrent au vin, à la bonne chère, et recherchèrent les couches moelleuses, les abris contre le soleil, les fourrures contre le froid, et la riche vaisselle, Nous trouvons chez leurs princes la polygamie, le concubins.ge, le mariage avec leurs propres sœurs , avec leurs filles, avec leurs mères. Artaxerxès Mnémon , voulant épouser sa fille , demanda à sa mère ce qu’elle en pensait; elle lui répondit : Dieu l’a donné aux Perses comme loi unique, comme règle du bien et du mal, du vice et de la vertu (3).

(1) PLaron, Sympos., liv. 11,— XÉNoPuon, liv. EI, ch. 11, — Voir les mœurs des Perses, décrites par Hérodote, I, 71.

(2) On peut voir les Perses dessinés dans le voyage de Leënun, t. I, c. xt.

(3) PLzurarque. L'histoire de l’évêque Eusèbe déciderait la question , si l’ordre suivant qu’il rapporte était authentique : « Qu’on abolisse les rites du mariage selon les chrétiens ; qu’au lieu d’une femme, tous en aient plusieurs, afin que la nation arménienne se’multiplie facilement; que les filles soient avec leurs pères, leurs sœurs avec leurs frères ; que les mères ne s'abstiennent pas de leurs fils,

et que les petits-fils entrent dans le lit des aïeule, » Ce qui suit jette une

e du pays

guerriers ; lasses fusaient souilil le travail leur faisait parce que ur texte de

encore dans ais, comme iples d’une éunit la vile beaucoup les enfants us le passage int d’enfants u qu’il aide lésobéit trois mauvaise vie

nt beaucoup eux après Cyrent mous, , et recherle soleil, les rouvons chez ge avec leurs s. Artaxerxès ère ce qu’elle Derses comme vice et de la

Voir les mœurs

LUN, t. 1, C. XL. kestion , si l’ordre ites du mariage eurs, afin que la avec leurs pères, as de leurs fils, i suit jette une

FA is

Les litières , les parasols, les étriers et autres objets de luxe ou de commodité, nous sont venus des Perses, qui aujourd’hui encore, comme au temps de Darius, se teignent les sourcils et la barbe, mangent au son des instruments et au chant des bayadères (1). Ils aiment les fleurs, les jardins , et parent leurs concubines ujoux d’une haute valeur. Leurs châtiments sont atroces, et les mutilations horribles. Ils prodiguent les titres les plus fastueux aux rois, dont les courtisans s’honorent de s'appeler les chiens , comme anciennement ils se traînaient, à la manière des chiens , autour de la table pour manger les restes (2 ) que leur jetait le frère du soleil et de la lune ; en général , ils pratiquent encore leur proverbe d’autrefois : Baise la main que tu ne peux couper.

La contradiction qui règne entre leslivresgrecs et ceux des Perses ne nous permet pas de déterminer dans quelle mesure la constitution tracée dans le Zend-Avesta pouvait s’appliquer à l’état réel du pays. Il est peut-être nécessaire, pour les concilier, de supposer deux constitutions parallèles, une politique à la manière des Orientaux , et empruntée aux anciens royaumes dela Bactriane, de PAssyrie et de la Médie , où le pouvoir était entièrement monarchique ; une autre, rivale et toute religieuse , fondée par Zoroastre pour les Masdeinan ou fils d'Ormuzd, Église et société mystiques, où tout dépendait du mogbed ou archimage. Cette race, en effet, nous apparaît comme un peuple nomade et guerrier, qui envahit des pays civilisés, où il s’amollit et se corrompt ; chez lequel l’omnipotence du roi ne trouve de frein que dans le code religieux , qui ne parle pas au peuple de ses droits, mais au roi de ses devoirs. La religion exerce une grande influence , non-seulement sur l’essence, mais encore sur l’organisation de la Porte persique : de même que sept esprits environnent le trône de l’Éternel , ainsi sept princes entourent celui du roi; de même que les génies du ciel surveillent les routes , les villes et les bourgs, ainsi fera l’empire terrestre.

vive lumière sur d’autres coutumes : « Que les animaux destinés à la nourriture ne meurent pas sans être immolés; qu’on ne pétrisse pas la farine sans avoir le bandeau au nez; qu'on ne jette pas au feu la litière et la bouse du bœuf; qu’on ne se lave pas les mains sans savon ; qu'on ne fasse pas mourir les castors, les renards, les lièvres ; qu'on ne souffre pas les serpents, les lézards, les grenouilles, les fourmis , ou semblables petites bêtes, mais qu'on les apporte aussitôt après les avoir comptés selon la mesure royale, » (Ch.II. )

(1) Les Grecs les appellent povoupyoi, et les Persans modernes raccas ou alimeh, c'est-à-dire savantes.

(2) Posinonius dans ATHÉNÉE, XIV,

d6 TROISIÈME ÉPOQUE.

Les premiers successeurs de Cyrus avaient conservé la forme temporaire du gouvernement qu’il avait établi, quoiqu'il eût donné au pays une capitale dans la ville de Pasargade. Si Darius affaiblit l'empire par ses conquêtes au dehors, il lui donna à l’intérieur la solidité que procure seule une bonne organisation.

En Perse, comme chez les autres peuples de l'Asie, le prince était le maître absolu de la vie et des biens de ses sujets. Deux courtisans, ayant laissé sortir leurs mains de leurs manches en présence de Cyrus, illes fit mettre à mort : c’est ce que raconte son panégyriste. Quiconque se présentait devant Assuérus sans avoir été appelé était tué sur l'heure, comme nous lisons dans la Bible. On rapporte que Xerxès proposa une récompense à qui inventerait un nouveau plaisir. Élevés dans la mollesse du sérail, habitués à l’obéissance la plus absolue et la plus aveugle, il n’est pas étonnant que les princes se fissent eux-mêmes le centre de toute ioi, et ne songeassent qu’à satisfaire toutes leurs fantaisies. Platon nous apprend pourtant que les fils des rois étaient confiés, à l’âge de sept ans, à des eunuques et à des officiers chargés d’exercer leur corps à la vigueur et à l’agilité, leur âme à la vertu. A quatorze ans, quatre docteurs devaient leur enseigner, l’un, la magie , c’est-à-dire la religion et la science du gouvernement ; l’autre, à dire la vérité et à administrer la justice ; le troisième , à modérer leurs passions; le dernier, à se montrer intrépides dans les dangers. Les rois eux-mêmes entendaient chaque matin, à leur réveil , la voix d’un prêtre qui leur disait : Seigneur , lèveloi, et pense à quelle fin Ormuzd l’a placé sur le trône!;

Les monarques perses conservèrent des traces de leur ancienne vie nomade , même après que Darius eut réglé l’étiquette de leur cour, car d'immenses jardins, où ils pouvaient passer une armée en revue, entouraient leurs palais, et, selon les saisons, ils allaient résider tantôt à Babylone, tantôt à Suze , tantôt à Ecbatsue , où ils se transportaient avec autant de monde que pour une expédition. Leur cour était composée surtout de Pasargades, et la chasse formait leur principal divertissement. Des pourvoyeurs étaient chargés de tirer de chaque province les produits les plus estimés pour le service des tables royales, sur lesquelles ne paraissaient que des mets exquis : froment d’Éolie ; eau du Choaspe, apportée dans des vases d'argent ; sel du temple de Jupiter Ammon , en Afrique; vin de Chalybon, em Syrie. Un cérémonial sévère réglait la table royale, où le monarque mangeait seul. Il ne se montrait jamais ou rarement, et il était très-difficile de l’approcher : les princes l’entouraient, de nombreuses sentinelles se te-

la forme qu'il eût Si Darius na à l’intion.

le prince ets. Deux inches en conte son sans avoir s la Bible.

i inventeail, habi- | n’est pas re de toute isies. Plait confiés, rs chargés à la vertu.

ner, l’un, ernement ; troisième , intrépides que matin, neur , lèveel:

r ancienne ette de leur une armée ik allaient batzue , où une expéades, et la ourvoyeurs hits les plus Iles ne pau Choaspe, 1piter Amimonial séeul. Il ne se de l’appro-:

elles se te-

naient aux portes, et le palais était en outre gardé par dix mille guerriers ; une foule de courtisans peuplaient les vestibules et les portiques. Toute la cour , qui parfois ne comprenait pas moins de quinze mille personnes, se nourrissait aux frais du roi. Xénophon, qui dans son roman a retracé avec exactitude les mœurs qu’il avait lui-même observées en Perse, raconte ainsi une sortie publique de Cyrus (1) : « Il distribua à tous les grands de « la Perse des vêtements à la mode, de couleur pourpre foncée, « verte, violette. Les rues par lesquelles il devait passer, étaient nettoyées avec soin, et des palissades s’élevaient de chaque côté, au delà desquelles les personnes de haut rang pouvaient seules mettre le pied. Des massiers , armés d’un fouet, en frappaient quiconque troublait l’ordre. En dehors du palais se tenaient les lanciers et les cavaliers qui avaient mis pied à terre, tous les mains sous leur vêtement. On voyait s’avancer d’abord quatre magnifiques taureaux et autant de chevaux à sacrifier au Soleil, puis un char blanc avec un joug en or, orné de guirlandes, consacré à leur dieu, et suivi d’un autre en j’honneur du Soleil, blanc comme le premier, et comme lui chargé de guirlandes ; enfin un troisième, dont les chevaux avaient des housses écarlates, et derrière lequel des hommes portaient le feu sur un autel. Cyrus venait après, sur un char , avec sa tiare pointue, sa robe mi-partie pourpre et blanche que seul le roi peut porter, sa chaussure cramoisie, son manteau de pourpre et son diadème autour de la tiare , ainsi que tous ses parents; lui seul tenait ses mains hors de ses manches. À sa suite marchaient trois centseunuques magnifiquement montés et vêtus, armés de javelots; puis les deux cents chevaux de Cyrus, avec des freins d’or et de housses rayées sur le dos ; ensuite des hallebardiers et des cavaliers , à leur rang. Trois massiers , de chaque côté du char monté par le prince, transmettaient ses ordres et recevaient les suppliques présentées par les assistants. Arrivés au teaple, ils brülèrent les taureaux et les chevaux tout entiers ; puis on

« fit des courses de jeunes chevaux , et l’on finit par un banquet

solennel où les personnages les plus distingués s’assirent à la

gauche du prince , et qui se passa en conversations et en présents, »

Le harem était peuplé des jeunes filles les plus attrayantes de

- tous les pays; gardées par des eunuques et divisées en deux … classes qui habitaient deux appartements séparés, elles ne passaient

(1) Livre VIT, ch, nit-1v.

Sérail,

58 TROISIÈME ÉFOQUE.

du premier au second qu'après avoir partagé la couche du roi. Celles qu’il épousait étaient choisies dans la famille des Achéménides; mais quelquefois des concubines montaient au rang d’épouses. Ces femmes ne cessaient de tramer des intrigues basses ou cruelles pour faire appeler à la couronne soit un fils naturel, soit un cadet, le choix étant à la volonté du roi. La reine mère avait plus de pouvoir que la valida chez les Turcs , parce que l’éducation de l’héritier présomptif lui était confiée.

Les mœurs et les intrigues de la cour de Perse sont on ne peut mieux retracées dans un récit de la Bible. Assuérus (1), qui régnait de l’Inde à l’Éthiopie sur cent vingt-sept provinces, afin d’étaler sa magnificence, invita à un splendide banquet dans Suze, où il résidait, tous les grands de ses États, tant Perses que Mèdes ; il tint cour plénière durant cent quatre-vingts jours, à l’expiration desquels il convia tous les habitants, du plus grand au plus petit, et, pendant sept jours , les fit servir à des tables dressées dans le vestibule du jardin et du bois, planté des propres mains du roi. À toutes les murailles, on voyait suspendues des tentes de couleur blanche , violette ou verte, soutenues par des câbles de lin et d’écarlate, passés dans des anneaux d'ivoire et attachés à des colonnes de marbre. Les lits d’or et d'argent étaient disposés sur un pavé de porphyre, de marbre de Paros, de mischio et de granit. Les convives buvaient dans des coupes d'or, et les mets étaient servis dans des vases variés à l'infini. Un vin exquis coulait en abondance ; personne n’était obligé de boire plus que sa volonté, et le roi avait préposé à chaque table un de ses seigneurs pour que chacun y prit ce qu’il désirait.

La reine Vasthi invita aussi les dames du sérail d’Assuérus ; mais, le septième jour, le roi, étant un peu gai , envoya sept eunuques dire à la reine de venir avec la couronne, parce qu'il voulait montrer à tout son peuple combien elle était belle. Vasthi refusa d’obéir à cet ordre, par crainte de manquer aux convenances. Assuérus irrité réunit sept sages perses-mèdes, versés dans la connaissance des lois et de la justice, à qui il demanda quel châtiment méritait la rebelle. L’un d’eux , craignant que la désobéissance de Vasthi ne nuisît au respect dû à l’autorité royale et ne

(1) Darius, fils d'Hystaspe, ou Xerxès. Les Perses écrivaient le nom du dernier Khseversche; en le faisant précéder de l'A, comme c’est l’usage pour faciliter la prononciation des mots commençant par plusieurs consonnes, on le change facilement en Assuérus. Prideaux croit qu'Assué”us était Artaxerxès Longue-Main. En effet, Mirkhond appelle ce dernier Ardeschir Diraz-Dest, surnom qui put donner origine au titre de Darius, que lui applique la Bible.

e du roi.

Achémérang d’é- 1es basses ; naturel, eine mère e que l’é-

on ne peut L), qui réinces, afin dans Suze, es que Mèrs, à l’exxs grand au ables dresdes propres endues des ues par des L d'ivoire et rgent étaient , de mischio d’or, et les vin exquis ire plus que de ses sei-

d’Assuérus ; oya sept eu- | parce qu’il belle. Vasthi 1x convenanversés dans smanda quel que la désoroyale et ne

le nom du derl’usage pour fansonnes, on le rtaxerxès Lon- 3-Dest, surnom ble.

füt d’un exemple funeste pour les autres femmes , exprima l’avis qu’elle fût immédiatement répudiée, et qu’on publiât la chose dans tout l’empire selon l'écriture et la langue de chacun, pour apprendre aux femmes à obéir à leurs maris. Ainsi fit-on, et des hommes furent envoyés de toutes parts pour chercher les femmes. et les jeunes filles les plus belles , afin qu’amenées dans le harem, le roi pût choisir celle qui lui plairait davantage et lui donner la place de Vasthi.

Dans le nombre se trouva Esther, nièce de Mardochée, l’un des Hébreux que Nabuchodonosor avait emmenés captifs à Babylone. Ces femmes étaient durant six mois soumises à des onctions d’huile de myrrhe, puis de pâtes et d’aromates pendant six autres mois; après ce délai, on les parait richement pour les présenter au roi une à une. Elles se rendaient auprès de lui le soir, y restaient jusqu’au matin, et aucune d’elles, son tour passé, ne pouvait y retourner sans que le roi l’eût demandée. Lorsque vint Esther, belle et charmante au delà de toute expression, elle enchanta le roi , qui lui mit le diadème sur la tête et la proclama reine (4). IL fit célébrer des noces splendides et accorda des immunités aux provinces , sans oublier de grandes largesses.

Esther, par le conseil de son oncle Mardochée, qui remplissait dans le palais un emploi des plus infimes, avait caché qu’elle était Israélite. Ce Mardochée découvrit un complot tramé par deux eunuques de la cour, en informa le roi par Esther , et la potence fit justice des traîtres.

Mais l’Amalécite Aman, favori du roi, trouva que Mardochée n’avait pas pour lui assez de respect; il résolut donc, pour se venger , d’exterminer la race juive, qui, répandue partout dans les États d’Assuérus, conservait ses lois et ses cérémonies pronres.

Le roi fut tellementcirconvenu par ses insinuations qu’il ordonna que tous les Hébreux fussent mis à mort le même jour. L’ordre fut immédiatement transmis par des courriers à tous les satrapes et affiché dans la cité.

Esther aurait voulu intercéder pour ses frères ; mais il était formellement défendu, sous peine de perdre la tête, de s'approcher du roi sans avoir été appelé. Cependant l’amour qu’elle portait à ses compatriotes lui fit affronter le péril ; après avoir prié Dieu, elle se para magnifiquement, peignit ses yeux et son visage, et, suivie d’une femme qui portait la queue de sa robe, puis d’une

(1) Ou peut-être dame du harem, banou-i-harem, comme on nomme encore en Perse celle qui est chargée de la surintendance des femmes du roi. Le nom d’Esther vient d'Asitaré, étoile, qui a la même racine que le mot astre.

Satrapies.

autre qui la soutenait dans sa démarche chancelante, démarche qu’elle affectait comme une séduction de plus, elle se présenta devant Assuérus qui, frappé de sa beauté , lui fit grâce de la vie. Elle le pria de diner ce jour même avec elle, ainsi qu’Aman ; puis, lorsque le roi eut bu largement à sa table, elle l’invita encore pour le lendemain.

Durant cette nuit, le roi, ne pouvant dormir, se fit apporter la chronique de son règne, où il trouva noté comment Mardochéelui avait sauvé la vie, informé que cet homme n’avait obtenu aucune récompense pour un si grand service, ille fit conduire en triomphe par la ville, monté sur un cheval et revêtu des habits royaux, Aman, animé contre Mardochée d’une haine mortelle, fut chargé de le conduire. Mais le banquet d’Esther devait achever la ruine du courtisan ; car elle profita de cette occasion pour révéler au roi les iniquités de son ministre et demander grâce pour le peuple israélite. Le roi fit périr Aman et éleva Mardochée aux plus grands honneurs, en lui confiant l’anneau royal qu'Aman avait eu à sa disposition ; puis, ayant étendu son sceptre en signe de clémence, il arrêta la cruelle extermination des Juifs. Aussitôt des lettres dans la langue de chaque peuple et scellées du sceau du roi furent expédiées par de nombreux courriers, pour faire connaître la trame ourdie par Aman; elles annonçÇaient aussi que les Hébreux, loin d’avoir commis aucun crime, suivaient des lois justes, étaient les fils du Dieu très-haut et toujours vivant, du Dieu qui lui avait donné et conservé le royaume ainsi qu’à ses ancêtres : en conséquence, le roi non-seulement accordait aux Juifs la vie sauve, mais les autorisait à exterminer tous leurs ennemis (1).

Les affaires étaient ainsi traitées dans le sérail entre les femmes et les eunuques. Iln’y avait point de conseil d’État; dans les cas graves seulement, on réunissait les satrapes et les princestributaires non pour délibérer sur le fait, mais sur les moyens : toute opposition était punie. Quelques historiens ont écrit que le roi faisait asseoir ses conseillers sur des verges d’or qui devenaient leur récompense quand leur avis était adopté, et qui, dans le cas contraire, servaient à les fustiger.

Lorsque Darius eut franchi l’Indus et conquis le pays des Sères, il divisa son empire en vingt satrapies (2), dont les gouverneurs ne

(1) Livre d’Esther.

(2) La première satrapie, à l’extrême occident de l’Asie, appelé Asie Mineure, embrassait l’Éolie, l’Ionie, la Carie, la Lycie et la Pamphylie, c'est-à-dire la plupart des colonies grecques. Villes principales : Cumes, Smyrne, Milet, Magnésie, Halicarnasse, Xanthe, Milye.

démarche

présenta de la vie.

nan ; puis, ita encore

pporter la rdochéelui nu aucune n triomphe ts royaux.

t chargé de , ruine du ler au roi r le peuple plus grands it eu à sa > clémence, lettres dans roi furent tre la trame breux, loin étaient les ji lui avait : en Consévie sauve, les femmes lans les cas is tributaires pute Opposie roi faisait ent leur réle cas con-

s des Sères, verneurs ne

Asie Mineure, c'est-à-dire la Milet, Magné-

devaient d’abord que veiller à l'administration civile et à la perception des impôts , tenir la main à ce que les terres fussent bien cultivées, exécuter les ordres du prince.en tout ce qui concernait la province qu’ils avaient à régir. L'autorité civile se trouvait ainsi sagement séparée de l’autorité militaire; mais elles furent confondues par la suite. Les satrapes, dans les provinces frontières

A l’est de celle-ci se trouvait la seconde satrapie, ou grande Mysie, composée de la Mysie, de la Lydie, dela Cabalie, de l’'Hygénie, de la Lasionie. Villes : Pergame et Sardes.

La troisième comprenait les pays au nord et au centre de l’Asie Mineure : la petite Mysie sur les bords de l’Hellespont; la Bithynie, divisée en orientale et en occidentale, sur les rives du Pont-Euxin; la Paphlagonie, à l’est de la précédente et sur la même mer ; la Phrygie, qui s'élevait au centre de l’Asie Mineure et à laquelle s’adossaient les autres provinces, c’est-à-dire au nord la Bithynie et la Paphlagonie, à l’ouest la Mysie et la Lydie. Plus tard cette province divisée prit les noms de Galatie, de Pisidie, de Lycaonie. Tout le pays vers l’Arménie, habité par des peuples syriens, fut suite appe!* Cappadoce grande et petite ou Pontique. Parmi les villes, on distinguait Cyziqu:, Lampsaque, Dascilium, Apollonie, Pruse, Héraclée, Césène, Colosses, Sagal1s8es, Comana Pontica.

La Cilicie formait la quatrième satrapie , «a sud de la Cappadoce et au nord de la mer Intérieure, avec des vill:: grandes et riches, t:!!es que Tarse, Salis, Anchiate.

La cinquième se composait de L'ovinces situées entre l’Euphrate et la mer Intérieure , comme la Syrie, la Phénicie , la Palestine , l’île de Chypre, avec les villes de Tripolis, de Damas, de Tadmor.

La sixième était formée de l'Égypte, des Oasis et de la Cyrénaïque.

La septième était le pays à l’occident de l’Indus, habité par les Gandares, les Allacides, les Dadices.

Huitième, la Susiane, à l’est de la Babylonie; capitale, Suse.

Neuvième, la Babylonie, l’Assyrie et la Mésopotamie ; capitale, Babylone.

Dixième, la Médie avec Ecbatane.

Onzième, le littoral au sud-est de la mer Caspienne, où l’on trouvaitles Caspiens, les Pausiciens, les Pantimales, les Darites.

Douzième, la Bactriane avec Bactres.

Treizième, l'Arménie avec deux autres contrées qui ne sont pas bien déterminées.

La quatorzième :+ : ‘inposait des régions Sagariane, Sarangiane, Tamaniane, Utiane, à l'est de la Perse, avec les villes de Proftasie, d’Ariaspe, de Carmana.

La quinzième, à l’extrême orient, avait le pays des Saces et des Casiens, tribus massagètes au nord-est de la Bactriane.

La seizième renfermait la Sogdiane, la Parthie , la Corasmie, l’Arie , avec les villes d’'Hécatompylos, de Maracandeet d’Artacoane,

La dix-septième, sur la rive de la mer Érythrée, comprenait la Gédrosie, la Paricanie, les Orites.

La dix-huitième, le pays des Ibères, des Albains, des Alarodes,

La dix-neuvième, les Mosques, les Macrons, les Tibarènes, à l'occident des peuples qui précèdent.

La vingtième embrassait les conquêtes indiennes de Darius, où se trouvait Sère, capitale de la Sérique.

Postes.

Finances,

surtout, déployaient la plus grande magnificence; ils tenaient une cour quile cédait peu à celle du monarque, et exerçaient un pouvoir sans bornes. Afin toutefois d’en empêcher l’abus, le roi plaçait auprès d’eux des commissaires, appelés les yeux et les oreilles du prince , auxquels les ordres étaient transmis directe ment; outre cette surveillance, il envoyait une fois au moins chaque année, des inspecteurs faire le tour des provinces, ou bien il les parcourait lui-même avec un immense cortége. Le moindre soupçon suffisai' pour perdre un satrape.

Pour faciliter la correspondance de la métropole avec les provinces, les Perses firent usage les premiers de courriers rapides et sûrs, qu’il ne faut pas confondre avec l'institution des postes telle qu’elle existe aujourd’hui ; les nôtres, en effet, sont à la disposition des particuliers, les leurs ne servaient qu’au gouvernement. Des chevaux et des hommes étaient préparés de distance en distance, et l’un recevait de l’autre les dépêches à transporter : moyen de communication très-expéditif. En outre, une série de feux allumés donnaient avis des soulèvements ou des invasions, de telle sorte qu’un jour suffisait pour recevoir des nouvelles d’une extrémité du royaume à l’autre.

Un peuple nomade, devenu conquérant, veut vivre aux dépens de la conquête ; il impose donc des tributs à son gré et les perçoit en nature : tel est le caractère que conservèrent les finances des Perses. Les satrapes recevaient la plupart des taxes en denrées pour l'entretien de la cour et de l’armée, ou en lingots de métal fin que l’on déposait dans le trésor particulier du roi pour les monnayer au besoin. Chaque satrapie avait aussi son trésor particulier, et Alexandre trouva dans la seule ville de Suze 55,000 talents d’argent en barres. Les Perses ne battirent pas monnaie jusqu’à Darius, fils d’Hystaspe, qui fit frapper -des dariques (1). Cyrus et Cambyse établissaient des impôts à mesure du besoin. Darius les rendit annuels, et voulut qu’ils fussent proportionnés

(1) Leurs pièces de monnaie portaient pour empreinte un archer; d'où le mot d’Agésilas: 4rlaxerxès me chasse avec trente mille archers, par allusion à l’argent qui avait servi à corrompre les autres Grecs, — On peut supposer, d'après un passage de Plutarque, que, dès l’époque de Cyrus, les Perses faisaient usage de l'argent monnayé. Cet auteur rapporte en effet que Cyrus, pour récompensæ les femmes qui par leur exemple avaient ramené au combat leurs maris prêts à prendre la fuite, leur fit distribuer à chacune une pièce d’or. Voy. Plut., de Virt. mul.,p. 246, et Eckhel, Doctrina nummorum veterum, t. IX, p. 651 ( note de la 2° éd, française ).

aient une aient un us, le roi ax et les directejoins chaou bien il » moindre

c les prorapides et ostes telle la disposiernement.

ce en disnsporter :

e série de invasions , elles d’une

aux dépens les perçoit nances des en denrées s de métal pi pour les résor partià 55,000 taks monnaie ariques (1).

du besoin.

pportionnés

3 d'où le mot allusion à l’arser, d’après un hient usage de

récompense maris prêts à y. Plut., de t. I, p. 661

au revenu, ce qui le fit appeler marchand. Hérodote dit (1) que le roi tirait des provinces ‘4,560 talents euboïques, ce qui ferait moins de 90 millions de francs. Le roi de Perse actuel en perçoit presque autant de son pe‘it royaume. Nous pensons donc qu'il ne faut voir dans ce produit que la somme qui restait au trésor, prélèvement fait des dépenses générales de l’entretien et de la solde de l’armée, eten dehors des revenus en nature. Nous savons en effet que les Ciliciens donnaient chaque jour un cheval blanc; la Médie seule cent mille moutons et quatre mille chevaux par an (2); la Babylonie, outre les chevaux de guerre, devait entretenir un haras de huit cents étalons et de six mille juments; l’Arménie fournissait chaque année vingt mille poulains ; la contribution de la Cappadoce était de mille cinq cents chevaux, deux mille mulets, cinquante mille têtes de bétail; celle de l'Égypte cousistait en froment, et la pêche du lac Mœris était réservée au roi. Darius soumit à une contribution de femmes les provinces circonvoisines pour repeupler Babylone. La Colchide et les pays limitrophes jusqu’au Caucase envoyaient tous les cinq ans cent garçons et autant de jeunes filles ; l'Assyrie, cinq cents eunuques chaque année; les Éthiopiens et les Indiens apportaient en don tous les trois ans deux chénices (3) d’or non brûlé, deux cents madriers d’ébène, vingt grandes dents d’éléphant; les Arabes, cent trente talents d’oliban ; chaque peuple enfin, les produits de son sol. La Perside seule, comme pays des conquérants, était exempte de tribut. L'irrigation,* extrêmement étendue, rapportait aussi de riches revenus, grâce aux écluses dont les rois s’étaient arrogé la propriété ; il faut ajouter la pêche, les biens confisqués et les dons volontaires de toutes sortes (4).

Le trésor n’avait d’ailleurs à supporter aucune dépense, puisque les personnes attachées à la cour recevaient leur traitement en nature (à). Les magistrats et autres fonctionnaires obtenaient, à

(1) Livre TI.

Page 1