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XI1 Tables.
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bi8 TROISIÈME ÉPOQUE.
les lois se formèrent, partie des coutumes nationales, partie de celles que les Germains avaient apportées avec eux : les unes et les autres modifiées par le droit romain, qui reprenait vigueur, par le droit canonique, qui se faisait jour, et par la liberté, qui demandait de nouvelles garanties,
C'est donc une erreur de croire que la législation des Doure Tables fut faite d’un seul jet, et sous l'inspiration d’une pensée unique ; elle laisse apparaître clairement , au contraire , les efforts des patriciens, qui désirent maintenir l’ancien droit aristocratique, ou substituer au moins un droit nouveau à celui qui s'écroule, pour résister à leurs adversaires, et ceux des plébéiens , qui veulent des garanties contre les patriciens. Vous entendez les patriciens dans ces prescriptions : Point de mariage entre les familles patriciennes et plébéiennes; peine de mort contre les attroupements nocturnes; peine de mort pour quiconque fera ou chantera des vers diffamatoires. Les lois contre les débiteurs, que nous avons rapportées, et les formules i-1périeuses , sont des vestiges de l’ancien droit; mais la voix populaire, exigeant des garanties, se fait entendre à son tour : Que la loi soit invariable , générale, sans privilége ; que le patron qui tente de nuire à son client soit sacré, c’est-à-dire maudit ; que le ciloyen puissant qui casse un membre à un plébéien paye vingt-cinq livres d'airain; s’il ne s'arrange pas avec le blessé, qu’il subisse la peine dutalion ; que personne ne puisse étre privé de sa liberté ; afin que le noble nese vengepoint par les tribunaux , le crime capital ne pourra étre jugé que dans les comices centuriales; le juge suborné sera puni de mort, le faux témoin précipité de la roche Tarpéienne ; que l'usurier découvert restitue au quadruple ; que celui qui brise la mdchoire à un esclave paye cent cinquante as ; le témoin qui refuse d'attester la validité d'un contrat. est sans probité, el ne peut tester, Comme les nobles s’emparaient des bestiaux sous prétexte de sacrifices, la loi permet de s’assurer d’un gage contre celui qui prend une victime sans la payer ; elle défend , sous peine de restitution au double, de consacrer aux dieux un objet en litige.
La famille libre vient aussi se substituer à la famille patriarcal: et aristocratique. Les droits sur une femme s’acquièrent, non par l'achat, mais par le consentement et la jouissance, par la possession d’une année, pourvu qu’elle ne soit pas interrompue durant trois nuits, Alors la femme n’est plus acquise comme chose, mais se trouve en tutelle par un mariage librement contracté. Le fils sera émancipé par trois ventes successives , simulation légale qui atte le l'esclavage, imais qui y met un terme; je fiis,
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