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allait étouffer Rome au berceau, quand apparut le tribun du :
” peuple Caïus Licinius Stolon. Quoique décrié dans l’histoire , tou- Y | jours composée par des membres de l'aristocratie, ou sous leur
inspiration hostile, nous voyons en lui l’auteur sublime d’une ré- .
volution qui ; accomplie par des moyens légaux , sans violence hi , effusion de sang, contribtia puissimment à la grandeur future de L Rome.
G.Hieintus Il proposa d’abord une loi qui, en annulant les intérêts accumu- Sub Jés, adoucissait la condition des débiteurs; puis une autre qui limitait à cinq cents arpents chaque propriété prise sur l’ager, c'est-à-dire sur le domaine public , pour que le reste fût distribué aux pauvres ; enfin une troisième loi, qui exigeait que l’un des deux consuls fût toujours un plébéien. Les tribuns, en inettant leur velo à toutes les élections, opposition qui laissa pendant dix années Rome sans magistrats, obtinrent que les plébéiens entras-
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sent dans le coilége des prêtres sibyllins, oracle dé l’État; qu'ils pussent oc ur la dictature, la préture, le pontificat, l’édilité ; et jusqu’à l4 censure, dernier refuge du pouvoir aristocratiqué. Bien plus, les lois du dictateur Publilius Philon (336) abclirent le vote par curies, rendirent les plébiscites obligatoires porr tous les Romains, avec le seul assentiment du sénat , sans qu’il fût besoin de celui des curies, Le sénat prit alors la place des anciens pères; le peuple se composa aussi des nobles, et les tribuns purent prendre les auspices ; enfin Flavius, sécrétaire d’Appius Claudius , pour gagner la faveur populaire; publia les formules judiciaires et le calendrier.
La plèbe avait conquis de cette manière l'égalité des droits et l'égalité religieuse. Il existait bien encore des dissensions entre les familles patriciennes etles plébéiennes ; mais les deux ordres cessèrent de former des États distincts dans la république, qui , démo: cratique désormais, était admirablement harmonisée par les droits du peuple, du sénat et des grands; puis la religion de l'État, avec ses formes inaltérables, consolidait tout, en s’opposant à lPanarchie démagogique comme au despotisme militaire. La loi, sacrée dans les temps sacerdotaux , mystérieuse dans les aristocraties ; était désormais divulguée. A la raison divine, révélée mystérieusement par les prêtres , et à la raison d’État, par laquelle le peuple héroïque pourvoit à sa conservation avec un sénat propre, vient se substituer la raison humaine dans une équitable répartition de droits. Le sénat ne constitue plus dès lors une autorité de domination, mais de tutelle, pour n’avoir, sous les empereurs; qu’une influence de conseil; la liberté romaine se formule dans ces trois mots : autorité du sénat , souveraineté populaire ; pouvoir des tribuns du peuple.
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