VICO
Jaire louer les anciens héros, le jour de leur féle, et de nt les pièces qui étaient les meilleures (1)? Niebubr revint, plus tard, à croire l’histoire romaine] primitive déduite des poëmes nationaux. Le Parurent ensuite Pouilly (1722) et Louis de Beaufort (2). AU : eux eurent pour adversaire, dans l’Académie des inscriptions at belles-lettres, l’abbé Sallier. De Beaufort entra dans la lice, non plusen éclairer, caR ses devanciers, mais de propos délibéré, et avec une habile ne de ee Ù il déversa le scepticisme sur l’histoire primitive de Rome, et la paie : tièrement au rang des fables poétiques. Son ouvrage, à berne ts se manière piquante dont il est écrit, eut de la vogue. Les # pare “ taient plus assez puissants pour faire condamner ce qui était har as s’associait si bien à l'œuvre de démolition ,alors dans toute sa fers eur, qu’il fut accueilli avec enthousiasme, en dépit de son pu rite quand parfois il lui arrive de vouloir reconstruire. Les hommes da lurent, l’applaudirent, et continuèrent à croire aux sept rois, jiéas fee derot, qui battait en brèche l'existence de Dieu. a Re xistor : ils se remirent de plus belle à raconter avec une foi intrépide l’histoire des remicrs temps de Rome.
É Fronrs lui-même, qui s'élève si haut lorsque Rome pr phye sionomie politique, et que l'élément italique lutte et se fond avec é er étranger, Montesquieu est en défaut en ce qui touche la a Nr Roñie primitive et de ses antiquités ; les sept rois sont ges . : pour Machiavel , des personnages agissant dans des cours et des cabinets de de tous ces travaux de démolition, un Italien, isolé , mano traitant la question sur une plus grande échelle, avait DARANS ne pur toire romaine, telle qw’elle était comprise alors, était plus un ) e ns les fabuleuses chroniques de la Grèce; car, Si l'on ne compres pes que celles-ci veulent dire, l’autre répugne à l’ordre de la mp toutefois, non content d’abattre à la manière française , il avait employé les débris à reconstruire un édifice grandiose. | ee On a pu s’apercevoir que nous parlons de Vico, qui, dans sud Fe Scienze nuove, et plusencore dans ses œuvres latines, recherche dans | nistoire romaine l'idéal de l’humanité, en interprète les récits comine des ss Le boles, et, partant de ce principe que l'humanité s'organise par ler en suit la marche dans toutes ses glorieuses conquêtes. Comme il s'agit ici d'un Italien dont les rêves mêmes aîtestent le génie, nous nous arréterons un moment à exposer l'ordre de ses idées au sujet des premiers temps de Rome: | « Ces hommes infiniment supérieurs aux autres ne sout qu'une création de l'humanité, qui aceumula sur eux seuls et résuma en eux l'œuvre lente des siècles et les exploits de plusieurs de leurs contempo-
(5) Dictionnaire critique de Bayle, au mot Tanaquil. . . (2) Sur l'incertitude des cing premiers siècles de l'histoire romaine ; la Haye, 1738, 1750
rains. Romulus, Numa, Servius, les Douze Tables , sont des tres d’un
ordre idéal, des idoles historiques, des épisodes d’un cycle. poétique.
Romulus et les ancêtres des familles illustres (gentes) fondèrent la cité sur la religion des auspices, et sur l’asile ouvert aux vaincus et aux faibles, venant seréfugier sous leur ‘tutelle. De 1à , comme dans toutes les cités héroïques, sortirent les deux communes, des patriciens et des plébéiens, l’une qui commandait, et l’autre qui obéissait. Les patriciens avaient l’autorité domestique et l'autorité publique. La première s’étendait sur toutes les personnes composant la famille, y compris les enfants, ce qui donna naissance aux noms de patritii, patria, res patrum, et sur les propriétés dont ils jouissaient avec exemption de tout tribut. Tous réunis, ils avaient l’autorité publique et administraient dans les assemblées les intérêts communs. Ces assemblées étaient les comices curiates , où intervenaient le peuple des Quirites (ainsi appelés de quir, lance ), c'est-àdire les seuls nobles, et le sénat, composé des chefs de famille présidés par un roi.
« Cespatriciens, comme nos barons du moyen âge , habitaient sur les hauteurs fortifiées, tandis que la plèbe demeurait en bas (de là Aumilé loco natus), exclue de toute participation aux droits de cité, vivant de ce qu’elle gagnait à cultiver les terres des nobles, obligé de servir sous eux sans solde en temps de guerre, et de leur remettre tous les produits dusol, selle ne voulait être jetée dans leurs cachots particuliers. 1! n’existait point de lois écriles; mais le peupie , c’est-à-dire les’ nobles rassemblés , pourvoyaient selon les cas, à la sûreté publique (de là les mots lex ct exempla ).
« Tel était le gouvernement sous les rois, qui ne sont pas des personnages réels, mais des caractères héroïnes et poétiques , sur lesquels on aceumula des circonstances et des institutions diverses : c’est ainsi, par exemple, que furent attribuées à Romulus toutes les lois relatives à l’organisation civile, à Numa celles qui concernaient la religion et le culte, à Tullius celles qui concernaient la guerre, à Tarquin les attributs fastueux de la royauté, à Servius les règlements pour le cens et les institutions qui amenèrent la liberté populaire.
« En effet, un changement remarquable s'était opéré sous le règne de Servius. Les plébéiens, toujours plus opprimés par les nobles , reconnurent combien le nombre et l’union donnent de force, et réclamèrent une loi agraire. 1ls obtinrent le ‘maine bonitaire, c’est-à-dire le droit de possession des terres de la république , converties en fiefs ruraux , moyennant une redevance annuelle ou cens à payer aux nobles, Ceux-ci étaient obligés de les leur conserver, et de leur prêter assistance pour les recouvrer en cas de besoin ( jurés auctores fieri), eux conservant toujours le domaine quiritaire, c'est-à-dire le droit de propriété.
« Partout où les choses sont dans uno condition semblable, le roi se trouve comme le tuteur des intérêts populaires contre les nobles. Tel dut être le rôle qu'assumèrent Servius ct Tarquin le Superbe, ce qui fut probablement cause que les nobles, mécontents, chassèrent ce dernier
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