NIEBUHR
i:on-seulement en opposition avec le caractère de l'antiquité, mais, de l’aveu de l'auteur, contraire à toute analogie dansl’histoire.
Cependant l'immense érudition de l'écrivain, le bonheur avec lequel il rétablit ou corrige les passages de cent auteurs, la hardiesse avec laquelle il marche dans le champ qu’ils’est ouvert, en comparant les institutions anciennes avec les institutions modernesles plus minutieuses etles plus compliquées; la conviction, enfin, qu’il apporte dans ses recherches, et avec laquelle il vousprie de le croireen l’absence de preuves, seulement parce qu'il est intimement persuadé de ce qu’il avance, tout se réunit pour vous faire respecter son opinion , lors même que vous en différez, qu’il semble se contredire, et (ce qui lui arrivetrop souvent ) quil eloppe dans un langage obscur et sibyllin.
Ses vues sur l'Italie primitive , sur les familles p tr les curies, sur la commune plébéienne, sur les tribus , Sur la constitution de Servius Tullius et sur les nexi -rement dignes d'attention.
Il suppose que les fables des premiers temps, naquirc. des nénies
dans lesquelles on célébrait les morts, et des chants en usage dans les banquets, chants isolés ou épopées. L'histoire de Romulus forme par elleméêmeun poëme ; il n’y eut sur Numa que des chants de peu de longueur. Un autre poëme comprend Tullus Hostilius, les Horaces et la ruine d’Albe. L'histoire d’Ancus n’a point la couleur poétique; mais avec Tarquin l'Ancien commence un autre poëme, qui finit à la bataille tout à fait homérique du lac Régille, poëme plus grandiose que tout ce que Rome a jamais imaginé, qui n’est pas renfermé dans l'unité classique, mais qui correspond plutôt à la variété des Niebelungen.
Niebubr s’accorde donc avec Vico pour signaler la nature poétique de l'histoire romaine, pour la comparer aux histoires plus anciennes , et l’éclajreir au moyen deshistoires modernes. Tous deux ont vu la cité partagée dès l'origine en deux classes, l'une de patrons, l’autre de clients ; mais Vico considère ces derniers comme la source de la plèbe romaine, tandis que Niebuhr ne la fait naître qu’au moment où Ancus réunit les vaincus sous l'administration de Rome. Tous deux remarquent dans Servius un progrès des plébéiens vers une organisation civile plus juste ; mais, selon Vico, il ne leur est alors accordé que le droit naturel ou la possession bonitaire des champs , sous l’obligation d'un cens annue là payer et du service militaire ; tandis que Niebuhr veut qu’indépendamment de la confirmation du domaine quiritaire, on leur ait concédé à ce moment le droit de suffrage dans les affaires publiques, qu’il y ait eu dès lors le cens public et une solde pour les gens de guerre. Le fondement principal de Vico est la religion des auspices, dont Niebuhr ne s’occupe même pas ; ce qui pour nous est la preuve la plus forte que puissent invoquer ceux qui affirment que l’auteur allemand n’a pas même connu le grand penseuritalien, dont il ne fait aucune mention.
C. Schlegel ( Jakrbächer von Heidelberg, 1816, n. 53) a presque entièrement adopté l'opinion de Niebubr, quoiqu'il le combatte sur certains
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