‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 13 sur 146 · LE CHIEN DU FORGERON · texte numérisé non relu

LE CHIEN DU FORGERON

« Un forgeron avait un chien qui, tandis que son maître travaillait, dormait de la bonne manière: mais, aussitôt qu’il cessait de battre l’enclume pour se ineltre à table avec ses compagnons, le chien :e réveillait immédiatement. Le forgeron lui dit un jour : « Méchant animal, comment, lorsque l# !‘u'’ des marteaux ne te réveille jamais, entends-tu le mouvement des mâch: ai en font si peu? »

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traduction véritable de l’ancien ouvrage : il est du moins trèsantérieur à l’islamisme, et peut donner une idée des maximes qui servaient de règles de conduite aux Perses. Sa forme proverbiale le rapproche beaucoup de nos livres de la Sagesse.

« Dieu est principe et fin ; cè n’estqu’à lui qu’il est utile d’avoir « recours : les actions de grâces ne sont dues qu’à lui.

« Les œuvres sont le soutien de la science ; les œuvres reposent sur la loi; accomplir la loi, c’est observer le juste milieu.

« Les œuvres de piété se divisent en quatre classes : science, « pratique, simplicité de cœur et renoncement aux choses mondaines.

« Tout ce qui est nécessaire à l’homme se réduit à quatre qualités : savoir, prudence, abstinence, justice.

« La douceur consiste à renoncer à la vengeance quand on en a le pouvoir.

« Trois choses ne s’obtiennent pas à l’aide de trois autres : les richesses, par les désirs; la jeunesse, avec le fard; la santé, par les médicaments. Trois choses acquièrent du prix de trois « circonstances : secourir les malheureux quand on souffre soi- « même de la faim; dire la vérité quand on est en colère; par- « donner lorsqu'on est puissant. »

Quant aux beaux-arts, il faut chercher les monuments de l'Iran antérieurs à Cyrus dans la Grande-Médie ou Irak-Agemi, avec partie du Kurdistan ; là , près de Æ4r.:.cha, dans les lieux appelés Takti-Bostan , montagne du Jardin, et Biscutoum (Baghistan), sans colonnes , se voient les ruines des constructions attribuées à Sémiramis. C’est dans cette contrée aussi qu’il fant chercher les débris d’Ecbatane , résidence des rois mèdes, bâtie par Déjocès à l'endroit où s’élève aujourd’hui Hamadan.

Mais, dans la Perse proprement dite, ou dans le Pharsistan, apparaissent les restes les plus authentiques et les plus remarquables de la grandeur des Achéménides. On y trouve les ruines de

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. Persépolis ou Estakar, confonr::: :'quefois avec Pasargade (1),

vidam Khired, dans les Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, t. IX, 1831, p. 1.

(1) Opinion soutenue par HEEREN.

C. Fr. Hock a résumé les travaux et les opinions des voyageurs et des érudits jusqu’à J. Morier et Heeren, sur les monuments persans ( Veteris Persiæ et Mediæ monumenta ; Goëttingen, 1318 ).

Hammer, dans le Wiener Jahrbücher der Litteratur, t. VII et VIII, continua cette revue jusqu'au second voyage de Morier et à celui de sir W. Ouseley.

Monuments.

sur un plateau situé entre le 30° et le 31° degré de latitude septentrionale, et baignée par l’Araxe ( Bend-emir ). Cette cité fut la capitale des successeurs de Cyrus, le centre de la nationalité et de la religion; les rois y recevaient la consécration et revêtaient la robe de Cyrus, pour y reveni: après leur mort. Là étaient le trésor, les assemblées des mages et le sanctuaire élevé sur le sol natal des dieux nationaux. On y voit encore des chambres, des escaliers, des terrasses, des mausolées, des colonnes cannelées

dont plusieurs ont jusqu’à soixante pieds de hauteur, avec des chapiteaux étranges. des animaux fabuleux longs de vingt pieds

ou: dix-hnit de haut, des bas-reliefs représentant les hommages

et les tributs des peuples vassaux , qui, à ce qu’il paraît, étaient

reçus , ainsi que les ambassadeurs , dans un grand portique réservé

aux réceptions officielles. Des animaux bizarres, toujours en harmonie avec la destination de chaque édifice , couvrent les parois : les inscriptions sont en caractères cunéiformes (1) et trilingues , zend, pehlvi, et peut-être assyrien; mais on n’a pu déchiffrer jusqu’à présent que les titres des rois. Les Persans appellent encore ces lieux Toukl al-Schemschid, trône de Schemschid.

On rencontre les ruines du palais royal de Persépolis à Cil-Minar, sur les flancs du mont Racmed; elles peuvent encore donner la mesure des forme: architectonique”. La corniche et le toit étaient des travées de cèdre revêtues de mes métalliques ; il s’élève à plusieurs terrasses avec de vastes « :1rs, des portiques magnifiques et une riche décora‘ion dans le style ionique , mais dépourvue de symétrie. Dans ce palais, comme ‘ans le temple , tout est couvert de bas-reliefs et d’animaux symboliques, qui se groupent souvent avec des hommes, et parfois, de resrésentations’ historiques. Le château d’Ecbatane, quitient de celui de Babylone , a des murs en grosses pierres vernies , et des temples où brillaient l'or et l'argent; il en est de même dans le palais de Suse.

SizvesTis DE Sacr, dans le Journal des Savants, ann. 1819-1824, a donné d'excellents extraits des voyages de Morier, d’Ouseley et de Ker Porter.

Dans les Mémoires sur diverses antiquilés de la Perse, du même Sacy (Paris, 1793), on trouve des matériaux très-importants sur les inscriptions cunéiformes, bien qu'ils se bornent à donner l'explication des monuments postérieurs aux Sassanides. Tycheen, Munter, Lichtenstein, ont fait beaucoup d'efforts pour déchiffrer ces inscriptions, et surtout Grotefend dans ses Additions aux Zdeen de Heeren, t. II, 1830, qu’il a fait suivre de l'alphabet zend.

(1) Le savant voyageur Thomas Rawlinson a envoyé, vers 1839, à l’Académie des sciences de Londres trente inscriptions cunéiformes découvertes en Perse, avec leur explication.

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Les rois n’étaient pas brülés , de peur de souiller le feu; la Perse native leur donnait la sépulture. Leurs tombeaux sont donc dans l'enceinte du palais ; on y conservait leurs corps avec grand soin, dans la croyance qu'ils devaient ressusciter pour établir le règne d’Ormu”d. ÿ

Ces monuments étaient-ils mèdes ou perses, et avait-on forcé les Égyptiens à concourir à leur érection? c’est ce qu’on ne peut affirmer; quoi qu'il en soit, ils annoncent un art propre et déjà avancé. Les murs sont construits de manière à le céder à peine à ceux de l'Égypte; car les énormes pierres tirées des montagnes voisines sont assemblées avec une grande habileté; mais, loin de témoigner d'une dérivation troglodytique , comme sur le Nil et l’Indus, ils s'élèvent en vastes terrasses. Des forêts de co= lonnes élancées commele palmier et le lotos, de vastes bassins où jaillirent autrefois des fontaines , des escaliers disposés pour y monter à cheval, rappellent au regard l’image du paradis, comme la solidité des colonnes de Philé et de Thèbes rappelle les grottes d’où sortit l’architecture égyptienne. Dans celle-ci, toutest clos et couvert; dans celle de Perse , tout est ouvert et libre, ainsi qu’il convenait à des adorateurs du soleil et des éléments.

L’art plastique y conserve le caractère d’une cour orientale : point de feaiames et rien de nu, mais des poses majestueuses qui, loin d’être roides et violentes comme celles des Égyptiens, expriment le repos et tendent plus à la dignité qu’à la beauté. Au lieu de représenter des divinités comme dans l'Inde et l'Égypte, les artistes perses n’ont copié que des hommes , en distinguant les races diverses ; c’est tout au plus s’ils ont sculpté quelques fervers et des izeds. On n’a découvert jusqu’à présent aucune statue, et, dans les bas-reliefs, la sculpture donne la main à Parchitecture en l’interprétant ; grandiose comme elle, sans être colossale , elle offre une majestueuse simplicité (1).

(1) « Avant de n'éloigner, je parcourus le terrain qui environne la base de la plate-forme, pour voir s’il apparaissait ailleurs d’autres vestiges de l’ancienne cité, Ilen reste hien peu. Un portique magnifique s’offrit d’abord à ma vue, isolé dans la plaine, au nord de la plate-forme, et peu éloigné des rochers. Les parois intérieures des deux côtés en sont sculptées : on y voit des personnages en longue robe, mais dégradés. Au sud-ouest, j’aperçus une masse de ruines magnifiques qui paraissent les débris d’un temple, ou d’un autre édifice de grande importance. Cet amas de décombres est indiqué, dans les vues de Persépolis de Chardin et de Le Brun, par une colonne s’élevant seule et majestueuse au milieu de compagnes brisées, comme ur héros demeuré debout sur le champ de bataille au milieu de cadavres. Elle est tombée aussi aujourd’hui, et les longues herbes qui couvrent le sol agitent seules leurs verts étendards sur les colonnes renversées de la grandeur. Le dernier coup qui coucha à terre ce splendide débris lui

LA MEUU UUSNSEO SUE

ROÎSIÈME ÉPOQUE.

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