CHAPITRE V
Nous avons vu que la Grèce avait trouvé dans la nature tous les éléments propres à l’élever à la plus haute civilisation, et que, par sa situation non moins que par ses premières vicissitudes, elle était destinée à offrir le spectacle d’une grande diversité. Parmi les nombreuses tribus primitives , les Doriens et les Ioniens prévalurent, et se distinguèrent par le caractère le plus tranché : les premiers, conservateurs, aristocrates et sévères ; les seconds, mous et démocrates. [l ne faut pas se figurer une race qui vient tout entière peupler un pays, mais quelques bandes qui l’envahissent pour le dominer: Les Achéens étaient les plus nombreux ; il paraît que les Doriens ne comptaient que de vingt à trente mille individus (1), ce qui les obligeait à faire sentir aux vaincus une autorité vigoureuse , à les refréner par des institutions qui rappelassent continuellèment la différence d’origine, par des droits injurieux et des prérogatives humiliantes.
Athènes et Sparte, comme représentant les deux races parmi les divers États de la Grèce, occupèrent le premier rang, non-seulément à cause de leur puissance supérieure , mais encore par la législation , dont l'influence s’est étendue jusqu’à nous. Il est donc juste que hous leur accordions une attention particulière.
Sparte est située au pied du Taygète et sur les bords de l’Eurôtas , où la chaïîñe des monts d’Arcadie va déclinant vers la mer (2). Son prémier roi fut, dit-on, un Lélége; le quatrième, un
fut porté, il y a quinze ans, par une bande de naturels avides de s'emparer du fer qui réunissait les morceaux de la colonne. Je le sus d’un paysan qui m'accompagnait, et qui avouait avoir pris part à ce dégât. Mais il protestait que cela n’arriverait plus, parce que l’on connaissait les conséquences d’un semblable sacrilége. Comme je lui demandais ce que cela voulait dire, il me répondit que peu auparavant un habitant de son village, ayant abattu une colonne de la grande terrasse, était mort subitement le lendemain. Ce n’était pas tout : plusieurs songes avaient prédit sa mort et menacé d’un châtiment pareil, dela part de Salomon ou du démon, quiconque imiterait son exemple ; de sorte qu'il n’y avait plus personne d’assez hardi pour toucher du doigt ces édifices, dont la construction était due à l’un ou à l’autre de ces personnages, et peut-être à tous deux. Le résultat de cette superstition me plut infiniment, et il faudrait être ennemi de la vénérable antiquité pour dissiper ce nuage protecteur. » KER-PORTER.
(1) MuLcer, Dorier.
(2) Indépendamment des historiens généraux, on peut consulter le recueil de
ous les et que, es, elle Parmi prévahé : les econds, ui vient nvahis- "eux ; il lle inus une rappes droits
parmi on-seu-
par la st donc
le l’'Euvers la jme, un
er du fer \cCOmpaela n’arlable sabndit que la grande eurs s0nde Salon'y avait onstruc-
deux. Le emi de la
ecueil de
Lacédémonien ; le huitième, OEbalus, quile premier denai’exemplede contracter de secondes noces, en épousant une fille de Persée. Il eut d’elle Tyndare , qui engendra les deux jumeaux Castor et Pollux, et deux filles, Hélène et Clytemnestre. Les deux premiers furent placés au ciel , etles deux autres, immortalisées dans la tragédie et dans l’épopée.
En épousant Ménélas, Hélène transporta le royaume des Perséides aux Pélopides. Lorsque les derniers furent chassés par les Héraclides, le trône passa aux deux fils d’Aristodème, Eurysthène et Proclus, dont les descendants régnèrent en commun ; ce fut probablement là une de ces transactions que nous avons déjà vues dans d’autres pays, où deux races et quelquefois deux chefs également puissants exercent ensemble l’autorité sans se détruire l'un l’autre. Les Proclides donc et les Agides , ainsi nommés d’Agis, fils d'Eurysthène, continuèrent durant neuf siècles à donner des rois à la Laconie.
Les Doriens, venus dans cette contrée avec les Héraclides , en chassèrent presque tous les Achéens, et réduisirent en esclavage le petit nombre d’habitants qui restèrent, exerçant à leur égard le droit sauvage de la conquête. Sparte commença sous Agis à soumettre à son autorité, outre le pays ouvert, les cent villes ou villages qui avaient fait surnommerla Laconie Hécatompolis ; tous les habitants du territoire furent obligés de renoncer à la liberté politique, de se dessaisir de leurs armes de guerre et d'accepter de dures conditions. La population d’Hélos ser” ‘isa de courber latête; mais, vaincue de vive force , elle fut réduite au plus dur esclavage.
Trois classes de personnes , nous avons presque dit trois castes,
LA CRÈTE ET SPARTsS
matériaux sur l’histoire de Sparte, fait avec be 0. soin par Nicozas CRAcius, de Republica Lacedæmoniorum (Genève, 1593 ), et par MEuRsius, de Regno laconico et Miscellanea laconica ( Amsterdam, 1561 ).
Le meilleur ouvrage sur Sparte et sur tout ce qui la concerne dans l’histoire grecque, est celui de J. C. F. Manso , Sparta, ein Versuch zur Aufklærung der Gesch. und Verfassung dieses Staats; Leipzig, 1800-1805.
Voyez aussi HEINE, de Spartanorum republica judicium , dans le XI° vol. des Comment. soc. Gotting., où il redresse plusieurs jugements de Paw. — PasToRET, Histoire de la légistation, vol. V, VI, VIL; Paris, 1824. — LaAcH- MANN, K. H. die spartanische Staatsverfussung in ihrer Entwickelung und ihrem Verfalle; Breslau, 1836. — C. F. Hermann, de Causis turbatæ apud Lacedæmorios agrorum æqualitatis; Marbourg, 1834. — W. Wacns- MUTH, Hellenische Alterthumshkunde aus dem Gesichtspunkte des Staates ; Halle, 1826-1830. — Fr. Korrum, Zur Gesch. hellenischer Staatsverfassungen, etc.; Heidelberg, 1821. — G. FEn. SCHOEMANN, Antiquilales juris publici Græcorum; Griefswald, 1838.
Lotes.
sos,
constituaient cet État : les Spartiates (Spartiatæ), habitants de la cité, race privilégiée et dominante dont l’histoire s’occupe exclusivement ; les Lacédémoniens { Periæci ), habitants dela campagne, peuple vassal , payant les tributs et faisant le service militaire ; audessous d’eux et privés de tous droits, non pas seulement de citoyen, mais même d'homme, les Ilotes et les autres esclaves. Les premiers étaient peut-être au nombre de quarante mille ; on comptait cent cinquante mille Lacédémoniens ; les derniers s’élevaient à deux cent mille. Voilà la liberté de Sparte.
Les Ilotes furent esclaves de l’État plus que des particuliers ; ils ne pouvaient être mis à mort ni affranchis quepar décret public, et le gouvernement lui-même, en vertu d’une ancienne convention, ne pouvait les vendre hors du pays. Aux particuliers , dont ils cultivaient les terres, ils donnaient tous les ans une certaine portion du blé et des produits, au delà de laquelle le maître ne pouvait rien exiger, sous peine d’exécration. Tout ce qu'ils ramassaient, après avoir payé ce tribut, leur appartenait, et cette épargne permit à un certain nombre de parvenir à la richesse. En outre, les Ilotes avaient coutume de rendre des services à leurs maîtres ou à tout autre citoyen, et d'accompagner même les premiers à la guerre; peut-être y en eut-il qui cultivaient les terres, non des particuliers , mais de l’État, et qu’on employait dans les travaux publics. Enfin quelques-uns des plus jeunes et des plus robustes combattaient dans l’armée des Spartiates , mais seulement comme soldats armés à la légère , ou bien comme marins et rameurs sur les flottes, lorsque les Spartiates eurent commencé à faire la guerre sur mer. S'il arrivait, comme on le vit plusieurs fois dans la guerre du Péloponèse , que des Ilotes fussent enrôlés pour servir avec des armes pesantes, on leur promettait en récompense la liberté.
Il ne faut pas croire queles Ilotes fussent particuliers à Sparte, puisque Argos avait les Gymnètes, Sicyone les Corynéphores , la Crète les Démiotes , la Thessalie les Pénestes (1).
Guerroyercontreles Argiens, dompter les Lacédémoniens, combattre à l’intérieur citoyens contre citoyens, par suite de la rivalité des rois et des limites apportées à leur autorité, ou de l'inégalité des richesses, tels furent les exploits des Spartiates durant les premiers siècles qui suivirent l'invasion des Héraclides
L'ordre de succession , dans la double dynastie, continuait cependant en ligne directe ; il fut interrompu à Polydecte, qui mourut
(1) Étienne de Byzance, au mot Xios,
s de la : exclu- 1pagne, ire ; aut de ciyes. Les 1 COMPlevaient
ers ; ils public , rention, ils culportion ne pouramasépargne outre, maîtres miers à es, non les tra-
urs fois lés pour récom-
Sparte, ores , la
| S + comrivalité
sans enfants. Lycurgue , son frère , aurait dù lui succéder ; mais, la veuve s'étant trouvée enceinte ,il ne voulut être que le protecteur de l’enfant qui naîtrait d’elle , et rejeta la proposition que lui faisait sa belle-sœur de faire périr son fruit s’il voulait l’épouser. Pour écarter même tout soupçon , Lycurgue s’éloigna de sa patrie, et visita les pays les plus cultivés, étudiant les lois et les usages qui pourraient être le plus utiles à ses concitoyens.
Il visita d’abord la Crète , île distincte de la Grèce, mais considérée comme grecque. Peuplée d’un mélange de Curètes, de Pélasges et d’autres nations, auquel , lors des troubles antérieurs, s'étaient adjoints beaucoup d’Hellènes de race dorique et éolienne , elle était gouvernée de temps immémorial par des rois. Astérius , l’un d’eux, avait envoyé contreles Phéniciens un de ses généraux, qui, s'étant épris d'Europe, fille d’Agénor, roi de Phénicie, l’enleva sur un vaisseau dont la proue portait la figure d’un taureau, et la conduisit sur le continent qui prit d’elle le nom d'Europe.
De cette union naquit, vers l’an 1306, Minos, qui, ayant succédé à son père, soumit l’île entière à son autorité. La situation de la Crète , isolée au milieu de la mer, à l’abri des incursions des nomades, et pouvant communiquer facilement avec l'Égypte et la Phénicie, y hâta la civilisation ; elle devint , en outre, puissante sur mer, et Minos purgea, dit-on, l’archipei des pirates qui l’infestaient, occupa les îles et rendit la sécurité à la navigation. Afin d’aider aux réformes qu’il projetait dans son royaume , il se fit passer pour fils de Jupiter et prétendit avoir des entretiens avec lui : commerce surnaturel que nous avons trouvé et que nous trouverons attribué à tant de législateurs , comme pour nous prouver combien est enracinée chez les peuples cette croyance, que le pouvoir et la sanction des lois dérivent «1 .« source plus sublime que les conventions humaines.
Les lois promulguées par Mino: t:,4 ni du caractère farouche des temps héroïques ; elles étaient trvs-rigoureuses, et avaient surtout pour objet de donner de la vigueur au corps : les citoyens devaient toujours être armés, même pour s'exercer à la danse; ils s'asseyaient à des tables communes (ävôpt«) où les jeunes gens servaient les magistrats de la patrie, ou matrie, comme ils l’appelaient d’un nom plus affectueux. Les arts et l’agriculture étaient ebandonnés aux Périéciens, esclaves distribués en plusieurs classes , auxquels la loi accordait une action contre leurs maîtres et le droit de leur commander durant les fêtes de Mercure.
Ges insitutions révèlent une république plutôt qu’une monar-
Lycurgue,
ses voyages
en Crète.
Enlèvement d'Europe.
chie , comme aussi la sanction du peuple , déclarée nécessaire pour valider les décisions des gérontes. LE BIEN SUPRÊME DES $0- CIÉLÉS CIVILES EST LA LIBERTÉ, telle était la maxime capitale des lois crétoises. Nous inclinons donc à penser que cette législation prit naissance après l’expulsion des rois, faute de pouvoir connaître avec certitude, à si grande distance, la part qu'y aurait prise l’idéal Minos (1). Il avait acquis, du reste, un si grand renom de justice qu’il passait pour avoir été choisi, avec son frère Rhadamanthe , afin de juger les péchés des humains après leur mort. N’était-ce pas une allusion aux jugements des morts , qu’ils auraient empruntés à l'Egypte et introduits en Crète?
Bien que cette île eût un roi, les villes ne conservaient pas moins leur constitution intérieure , chacune ayant son sénat de douze cosmes ou ordonnateurs, choisis parmi les premières familles, magistrats suprêmes durant la paix et capitaines en temps de guerre ; à leur sortie de charge, ils siégeaient dans le conseil. Les juges devaient être d’un âge mûr, et les jeunes ne pouvaient proposer aucun changement de loi. L'assemblée du peuple pouvait accepter ou repousser les propositions des cosmes, nonles modifier. Si les cosmes n’accomplissaient pas leurs devoirs , l'insurrection était légitime. Le produit des terres était divisé en douze portions, dont une pour les sacrifices, une pour l'hospitalité ; le reste se mettait en commun. Le coupable d’adultère était exposé avec une couronne de laine sur la tête et perdait ses droits publics, Quand un Crétois s’éprenait d’un autre, il l’enlevait violemment , et , le rapt accompli, personne n'avait le droit de le lui reprendre ; après l’avoir retenu deux mois , il le renvoyait comblé de-dons. On donnait à ces ganymèdes (rapaoraévres) les premières places aux courses et aux banquets : loi d’infamie justement chargée de réprobation par Aristote et Platon.
Gnosse et Gortyne occupaient le premier rang parmi les eités de l’île , et, quand elles étaient unies , elles dominaient les autres à leur gré; mais souvent, comme il arrive d'ordinaire, la discordk se mettait entre elles, et alors Cydonie faisait pencher lx balame du côté où elle se rangeait. Ces dissensions troublaient la paix de l’île lorsque sa position isolée aurait dû la lui assurer, Enfin , vers l’an 800, la monarchie s’éteignit avec Étéarque , et dix cosmes youvernèrent le pays. Les mœurs et le caractère national finirent
(1) Selon d'autres historiens, deux Minos régnèrent en Crète : le premier, fils d'Europe, vers 1500 ; le second, frère de Rhadamanthe c{ père d'Androgée, ver:
scessaire DES $0itale des e légisde poula part este, un choisi, des huzements luits en
ent pas énat de ères faà temps seil. Les nt propouvait odifier.
rrection ortions.
reste se vec une Quand et, le endre ons. On Ces AUX
de ré-
es cités utres à sCorék alanet aix de 1, vêrs ‘08mMes inirent
ier, fils 6e, vers
même par s’altérer ; les lois de Minos tombèrent en désuétude ; les règles qu’il avait introduites ou établies pour la vie privée furent mises en oubli dans les villes, et se conservèrent à peine dans la campagne (1).
Ces lois parurent à Lycurgue les plus convenables pour une nation dorique; mais il chercha à les améliorer en visitant l'É gypte, l’inde , la Grèce. Ayant entendu chanter chez les loniens et les Éoliens des épisodes du poëme d’Homère , il reconnut combien ils pourraient contribuer à civiliser et à réunir ses Doriens ; il les recueillit donc en un seul corps d'ouvrage, et les apporta dans sa patrie à Sparte.
Il trouva cette ville en proie à cette anarchie qui fait sentir le besoin d’une organisation et d’un frein. soumit ses lois à l'examen d'amis sûrs et prudents : afin de satisfaire le vulgaire , it fit dé-
laver par la Pythie qu'aweun peuple n'en avait de meilleures , et pour dompter les opposants , 11 se montra armé au milieu de ses partisans
Après avoir vu fonctionner ses institutions , dont l'effet lui arut bon , il feignit d’avoir à interroger encore sur certains points le dieu de Lelphes , sans l’avis duquel il ne faisait rien ; à fit donc jurer aux Spartiates de ne rien changer à son code jusqu’à ce qu’il fût de retour. Il alla consulter Apollon , et l’oracle lui révondit que les Spartiates seraient grands s'ils observaient les lois qu’il leur avait données. A partir de ee moment, il erra loin de a patrie jusqu’à sa mort, et, près d’expirer, il ordonna que ses cendres fussent jetées à la mer, de peur que, si elles étaient rapportées à Sparte, ses concitoyens ne se crussent dégagés de leur serment.
Lycurgue nécrivit rien; ses lois consistaient en maximes et sentences (5Arpu) qui se transmettaient de vive voix. De là vint qu'on lui attribua un grand nombre d'institutions beaucoup plus récentes, et d’autres plus anciennes ; l'examen de sa législation ait done naître le doute et multiplie les contradictions. line songea pas : non plus que tout entre legislateur) à constituer d’un seul jet un ordre politique nouvea, mais à ramener sa mation aux anrennes coutumes des Demens, d'eutant plunsque les Spartiates, par leur posihon même. s'étaient tenus à l’écart du progrès uni-
Vo uw, Creta, Rhodes, ( yprus 1675. Les inseriptions publiées ar Cie À ns ses An/iquite astalicw, 1728, petèrent un nouveau jour sut ce iwre-CRoIx, Des ancie soute ments /édi ralifs, ete. —
Manso, fènes. -. Hot, Crefn NaUMANs, Rerawm anfiguarum Specemen ;
Éphores.
Rois,
forme des autres races grecques, et que chez eux le raisonnement l’emportait encore sur imagination. Le but de Lycurgue fut de perpétuer la liberté du petit nombre, aussi bien dans le sens moral que dans le sens politique, en détruisant les inclinations basses et en conservant l’antique gouvernement patriarcal. Quelqu’un lui conseillait d'établir à Sparte la démocratie : Commence donc, luirépondit-il, par l’élablir dans ta maison.
Il conserva les deux rois et le sénat, composé de citoyens âgés de plus de soixante ans. Dans la Laconie, comme dans la Messénie et d’autres lieux du Péloponèse, le pouvoir de cette assemblée était contre-balancé par cinq éphores , magistrats annuels armés d’une autorité redoutable pour préserver de toute atteinte la li-
berté aristocratique. Lycurgue limita leur pouvoir, et peut-être.
même les abolit à Sparte ; mais, 430 ans après, Théopompe les rétablit : ils pouvaient casser les sénateurs et les punir (1), arrêter les rois et les suspendre jusqu’à ce que l’oracle les eût rétablis. “Quand le roi se présentait dans l’assemblée , les éphores ne se levaient pas; mais le roi se levait à leur arrivée. Ils juraient de lui obéir tant qu’il n'outre-passereit par ses pouvoirs ; ils veillaient sur la continence desreines, recevaient les ambassadeurs, levaient les soldats, convoquaient l'assemblée du peuple, rappelaient le roi durant la guerre, même au milieu de ses triomphes, marchaient aux combats à son côté pour le conseiller ; en un mot, ils étaient tout-puissants comme les prêtres en Égypte. Agésilas était vainqueur quand les éphores lui intimèrent l’ordre de revenir, et il obéit; avant qu’il rentrât dans Sparte, ils lui ordonnèrent d’alleren Béotie, et il obéit encore. Léonidas, ne s’étant pas rendu à leur appel, fut déposé. Le premier éphore donnait son nom à l’année.
Comme descendants de Jupiter, les deux rois faisaient les sacrifices ; comnie issus des premiers conquérants , ils commandaient les armées; comme représentants du pouvoir public, ils présidaient les assemblées, Autant leur autorité était limitée , autant on leur prodiguait les honneurs : ils avaient l'initiative dans le conseil , etils députaient , quand il leur plaisait, deux magistrats pour consulter la Pythie, moyen facile pour faire jouer l'intrigue ; les jeunes filles orphelines recevaient d’eux un époux; ils envoyaient les ambassadeurs, obtenaient une plus grande portion de terr>s et le tiers du butin; leur héritier présomptif était élevé
(1) Aucun fait historique n’atteste pourtant celle assertion toute récente.
Le:
mêt labl priv ven de ten:
tass que con con de Spa met dist sur pro vir
isonnecurgue dans le nclinariarcal.
: Com-
ns âgés essénie emblée armés e la li-
ut-être.
les réarrêter établis.
ne se ent de illaient evaient ient le , Mâärn mot, gésilas
rigue ;
à part des autres Spartiates; quand ils mouraient, le deuil était général.
Vingt-huit gérontes à vie, de soixante ans passés , élus par les citoyens , conjointement avec les deux rois proposaient et discutaient les lois, que le peuple acceptait ou refusait à son gré; ils jugeaient les causes civiles et criminelles , même contre les rois. Chaque citoyen âgé de trente ans et payant la cote pour le repas public avait voix dans Passemblée générale, où l’on traitait de la paix et de la guerre. La petite assemblée se composait des rois, des éphores et des magistrats; on y discutait les affaires d’État, de religion , et les questions, plus délicates encore, où il s’agissait de juger les princes , de déposer les magistrats.
Lorsque nous disons tout citoyen, il faut entendre les seuls Spartiates , dont les Lacédémoniens n’étaient que les sujets. Sparte avait une constitution aristocratique , sans liberté plébéienne. Le nombre des familles qui jouissaient du droit de cité ne s’accroissait jamais par leur alliance avec des familles nouvelles; en outre, comme la guerre en éteignait beaucoup, la cité fut réduite à une extrémité telle que la perte d’une bataille (celle de Leuctres) la mit au bord de sa ruine, L’aristocratie ne se composa plus alors que de quelques oligarques, qui, vivant.clair-semés dans leur patrie, au milieu d’une population étrangère et mécontente , durent avoir recours à des soldats mercenaires et mendier des subsides de souverains étrangers.
Lycurgue, pour assurer à Sparte une existence forte par ellemême , des citoyens invincibles de corps et d’un courage inébranlable , s’occupa moins de la constitution politique que de la vie privée et de l’éducation physique. En conséquence , il eut exclusivement pour but l'égalité des biens et l’uniformité dans la manière de vivre, afin que tous fussent intimement convaincus qu’ils appartenaient à l’État comme à une famille , etque dès lors ils lui prétassent une obéissance aveugle. D’ordinaire les associations politiques s’affermissent par le soin qu’elles prennent de défendre et de conserver les propriétés et les droits du citoyen; mais Lycurgue commença la sienne en les vioiant et en les détruisant. Il partagea de nouveaules terres, dont neuf mille portions furent assignées aux Spartiates, ettrente mille aux Lacédémoniens ; on pouvait les transmettre en héritage ou les donner, mais non les veñdre. Elles étaient distribuées de manière qu’il revint à chaque homme soixante-dix mesures d'orge , douze à chaque femme ; les produits , dans la même proportion, Cependant, commeilavait permis aux femmes d’acquévir plusieurs parts, soit par don ou succession, les propriétés
EST, UNIV, — Te M, 6
Sénat.
Assemblées,
s’accumulèrent dans un petit nombre de familles , au point qu’on finit par ne compter que sept cents propriétaires. Au lieu de monnaie d’or ou d’argent, dont il défendait Pusage, il mit en circulation de grosses pièces de fer si pesantes qu'il fallait une paire de bœufs pour traîner la valeur de dix mines (1). Tout luxe , tout art d'agrément fut banni ; la maison et les meubles ne durent être faits qu'avec la hache et la scie. Aussi Léotychidas, voyant à Corinthe des solives incrustées et dorées au plafond de son hôte, s’informa si la nature les produisait ainsi. On se réunissait par classe à des tables de quinze couverts chacune (getêtrix), plus pauvres que frugales, où l’on consommait, sur des planches en chîne, du pain, du vin, du fromage, des figues, que l’on apportait de chez soi. On ne devait boire que pour se désaltérer, et le poisson ou tout autre mets appétissant était défendu : les chairs des sacrificesétaient données aux jeunes gens ; les hommes mûrs avaient le brouet noir, sorte de bouillie faite de farine torréfiée. Un roi de Pont, en ayant goûté , la trouva très-désagréable : Mais nous, lui dit un Spartiate, nous avons une sauce pour l’assaisonner, la course par monts et par vaux sur les rives de l’Eurotas.
Dans ces banquets, on devait s’entretenir de choses sérieuses, et un vieillard intimait à chacun la défense de rien répéter des questions qu’on y agiterait. Les hommes seuls y assistaient ; ainsi les mœurs ne pouvaient s’adoucir par la conversation des femmes,
“et les citoyens avaient à supporter une double dépense , une pour le repas public et l’autre pour celui de la famille dans leur maison. Le roi Agis , revenu vainqueur des Athéniens, fit prier qu’on lui envoyât sa portion , qu’il voulait manger ce jour-là avec sa femme; le polémarque lui refusa sa demande.
Comme on tenait à ce qu’il y régnât une cordialité confiante, . ava. : d’admettre un nouveau convive à une table , on recueillait les voix , qui se donnaient avec des boulettes de pain ; une seule écrasée , signe d’improbation , suffisait pour l’exclure.
Une tunique de laine qui n’arrivait pas au genou , et, par-dessus, un manteau grossier; une chaussure faite d’un cuir épais, un bonnet cylindrique , de longs cheveux tombant des deux côtés du visage , un bâton recourbé à la main , excepté quand ils se rendaient à l'assemblée , tel était l’ensemble du costum: des Spartiates.
Lycurgne avait à choisir entre deux partis : restreindre les besoins ou multiplier les moyens d’y satisfaire ; il s’arrêta au pre-
(t) Environ 900 francs.
1 qu’on lieu de ten cirne paire e, tout ent être Joyant à on hôte, ssait par lus paun chine, ortait de > poisson des sas avaient Jn roi de nous, lui pnner, la
érieuses, éter des nt; ainsi femmes, ne pour maison.
qu’on lui a femme;
onfiante, ecueillait une seule
s se renes Spar-
re les beau pre-
LA CRÈTE ET SPARTE. 83 mier. On pourrait le comparer à un général d’armée tout occupé de se procurer des soldats robustes, sans souci de leur moralité et de leurs affections. Il veilla, par ce motif, à ce que les mariages ne fussent pas précoces, c’est-à-dire que l’homme devait , à ce qu’il paraît, être âgé de trente ans et la femme de vingt; les enfants faisaient des huées derrière les célibataires. Le général Dercyllidas entrant un jour au théâtre, un jeune homme refusa de se lever pour lui donner sa place, et lui dit : T'u n’as pas de fils qui puissent un jour me rendre le même honneur.
Afin que la vie domestique ne diminuât point l’affection conjugale , et que ce sentiment fût au contraire ravivé par la difficulté, les hommes mariés couchaient en plein air avec les autres , et allaient trouver leurs femmes à la dérobée ; on les honnissait quand ils étaient aperçus. Pour avoir de beaux enfants, ils suspendaient dans les chambres de leurs maisons les portraits de Castor, de Pollux, d’'Hyacinthe, d’Apollon ; celui qui n’avait pas de fils, ou qui voulait en avoir de plus robustes, amenait à sa femme quelque jeune homme vigoureux. Le roi Archidanus fut condamné à l'amende pour avoir épousé une petite femme ; Anaxandrias dut répudier sa première femme pour avoir des enfants d’une autre, et cependant la première lui avait donné Léonidas. La race lacédémonienne était donc très-belle ; les Maïnotes , qui en descendent, conservent encore le caractère de leurs ancêtres dans leurs formes athlétiques , comme dans leur liberté sauvage et indomptable.
Dans le but d’enlever son prestige à l'imagination, les jeunes filles de Sparte allaient demi-nues et combattaient nues au théâtre (1) ; le don le plus précieux de la femme , la pudeur, était ainsi sacrifié. Les courtisanes n’étant pastolérées, le jeune homme aurait dû attendre sa trentième année pour connaître la tendresse etla volupté, comme pour acquérir ses droits de citoyen ; Lycurgue, trouvant le sacrifice trop grand, fit dévier honteusement la nature, en permettant que chacun fit choix d’un jeune garçon , pour lui prodiguer ses soins et son amour. Certains modernes, pour le disculper, prétendent que ces liaisons furent chastes ou qu’elles servirent d’excitation aux vertus du citoyen; mais comment le croire, quand plusieurs anciens philosophes les flétrissent hautement ? On pourrait dire seulement que Lycurgue ne les in-
(1) Les anciens l’attestent tout d’une voix. Eun, Quir, Visconti, invoquant le témoignage d’une statue qui représente une Spartiate se livrant à l'exercice dn pugilat, a soutenu qu’elles combattaient légèrement vêtues, Son argumentation n’est pas convaincante,
Mariages.
Femmes,
troduisit pas , et qu’il les trouva établies dans les populations d’o- ‘ rigine dorique.
Si nous ajoutons que trois ou quatre frères n’avaient parfois qu’une seule femme (1), il sera difficile de savoir ce que signifient les louanges décernées à Lycurgue pour avoir conservé longtemps la pureté des mœurs conjugales. On rapporte qu’un Spartiate, à qui ‘on demandait quelle peine on infligerait dans sa patrie à une femme adultère, répondit : Comment pourrait-on trouver à Sparte une adultère ? Les femmes mariées sortaient voilées ; elles étaient consultées dans des circonstances graves. À une étrangère qui leur disait : Vous éles les seules femmes qui commandiez aux hommes, une d’elles répondit : C’est que nous sommes aussi les seules qui mettions au monde des hommes.
Oui, elles avaient raison, si la seule force musculaire suffit pour faire un homme; si la destination de la femme est de courir avec agilité, delutter avec vigueur, d’exposer sans rougir aux regards de tout le monde les charmes que l’amour seul doit connaître , d’étouffer tout sentiment hors celui de la patrie. A la nouvelle que son fils avait été tué, une Spartiate s’écria : Je savais que je l'avais enfanté mortel. Quand leurs fils partaient pour la guerre, elles leur présentaient le bouclier, en disant : Avec, ou dessus. Une mère, apprenant que son fils avait pris la fuite durant le
tu Si vin clid
ses du
enl teu
combat où ses camarades avaient péri, et qu’il arrivait, courut etc au-devant de lui et le tua, en s’écriant : L'Eurotas ne coule pas la t pour les cerfs. Une autre dit à son fils : De mauvais bruits cireu- … ren lent surton compte; qu'ils meurent ou meurs. Argiléonis , mère … pro de Brasidas, l’entendant vanter par des Thraces comme le plus 04 rier valeureux des Spartiates : Que diles-vous? il était vaillant ; mais * dev Sparte en a beaucoup de plus vaillants que lui. On apprit à une n sau autre que son fils s’ohstinait à défendre un poste très-dangereux : . diff S'il succombe, répondit-elle, qu'on mette son frère à su place. … bles Une mère vole au-devant d’un courrier : Quelles nouveiles. — selo Vos cing fils ont péri tous. — Ce n’est pas là ce que je te de- lent mande : la victoire est-elle à Sparte ? — Oui. — Courons rendre con grâces aux dieux. Crèt Vertu farouche ! mais les devoirs sacrés de la famille ne déri- réve vent pas des lois humaines. La mère qui punit la lâcheté ou la fé- des lonie de son fils fugitif ou traître sera sans doute digne de louange vene à Sparte; mais la vertu véritable, quelque outragée qu’elle dev: soit, s’élèvera contre cette vertu d’apparat, et maudira une orga- l'ESP spar
(1) Pozyser, tome IF, p. 384. aux
blan
ons d’o-
parfois gnifient 1gtemps tiate, à patrie à trouver es ; elles rangère lies aux rvussi les
fit pour rir avec regards nnaître , nouvelle s que je guerre , | dessus.
urant le , courut oule pas s circuis, mère
nisation politique dans laquelle la société se détruisait elle-même en foulant aux pieds les liens les plus sacrés. À Sparte les femmes, faute de pouvoir sédui.e par la coquetterie naturelle à leur sexe, cherchaient à plaire par l’insensibilité ; mais , tout en renonçant aux grâces, elles ne dépouillaient pas leur fragilité. A peine la discipline républicaine vint-elle à se relâcher, que le vice fit irruption au milieu d'elles avec une force irrésistible ; diffamées alors dans toute la Grèce , elles furent en grande partie cause des malheurs Je leur patrie.
Afin de prouver jusqu’à quel point les institutions peuvent vaincre la nature, Lycurgue brisa les liens de la famille pour rattacher uniquernent l’homme à la patrie. L’enfant né chétif ou contrefait était précipité des rochers du Taygète : exécrable coutume que n’ont pas encore répudiée les Monténégrins de l’Illyrie. Si le magistrat le déclarait digne de vivre, il était baïgné dans le vin, et ca le plaçait , sans l’envelopper nile couvrir, dans le bouclier paternel, à côté de la lance, pout que les armes éveillassent ses premières sensations, On laccowamait à coucher sur la dure, à marcher dans l’obscurité, à ne se plaindre'jamais. Il était enlevé à sept ans aux affections domestiques et confié aux instituteurs publics, qui élevaient toute la jeunesse spartiate en commun et de la même manière, à Pexception des fils des rois, pour que la trop grande familiarité ne nuisit pas au respect. Tout tendait à rendre ces jeunes gens durs à la fatigue , patients dans la douleur, prompts surtout à obéir, La tête rasée, les jambes et les pieds nus, rien ne venait les récréer dans cet âge &es joies sans trouble. Ils devaient ‘archer les yeux baissés , sans regarder à droite ni à gauche, i:: mains sous leurs manteaux. Aucune action n’était indifférente ; les vieillards, sous la direction desquels les plus capables instrasaient les autres , réprimandaient , louaient, battaient , selon les cas; les éphores veillaient à ce que la sévérité ne se ralentit pas un instant, Au plus fort de l'hiver , on les faisait parfois combattre aus; c’est nus aussi qu’ils se présentaient, comme en Crète, pour disputer le prix dans les jeux publics. À dix-huit ans révolus, ils luttaient dans le Plataniste , jusqu’à ce qu’une partie des lutteurs fût forcée de se jeter dans l'Eurotas; souvent ils en venaient aux mains entre eux dans les places publiques, mais ils devaient faire trêve aux coups dès qu'il survenait un vieillard. Ce respect pou: la vieillesse était une grande partie de l’éducation spartiate. Un jour que les diverses nations de la Grèce assistaient aux jeux Olympiques , il se présenta un vieillard aux cheveux blancs qui parcourut les gradins chargés de spectateurs, pour
Éducation,
Laconisme.
86 TROISIÈME ÉPOUUE.
trouver où s'asseoir, sans que personne se dérangeât pour lui faire une place ; mais, quand il arriva aux gradins occupés par les Spartiates, tous se levèrent à l’envi. L'assemblée entière battit des mains, etle vieillard de s’écrier : Tous les Grecs connaissent la vertu, seuls les Spartiates savent la pratiquer.
Sparte offrait à la Diane de Tauride des sacrifices humains , qui se réduisirent par la suite à la flagellation d’un certain nombre d'enfants; c’était pour eux un honneur de ne pas laisser échapper le moindre gémissement pendant qu’on les fustigeait cruellement, au point d’y laisser parfois la vie.
Afin de les habituer à l’adresse si nécessaire à la guerre, on leur permettait le larcin, et ils devaient dérober leur nourriture journalière.Le vol, chezune ation pauvre ct dépourvue d’arts, n’était pas, aux yeux de Lycurgue, un danger qu’on pût mettre en balanceavec les avantages de l’agilité jointe à la ruse prudente. Les délinquants auraient commis une grande faute s’ils s’étaient laissé prendre sur le fait ou convaincre plustard. Un jeune garçon vole un renard et le cache sous son manteau ; on l’atteint, il nie imperturbablement en face de ceux qui l’accusent, et, durant ce temps, l’animal lui ronge le ventre sans qu’il laisse apparaître un signe de douleur.
L'éducation de lesprit se faisait par les leçons des vieillards , ou bien en écoutant dans les repas la conversation des hommes sensés. Les jeunes gens devaient garder le silence, à moins qu'ils ne fussent questionnés par des citoyens plus âgés ; interrogés sur le mérite ou le démérite d’une action, leur réponse devait être judicieuse, polie, en bons termes et d’une concision adaptée au sujet. Ils se formaient ainsi l’esprit à une perception aussi vive que prompte, à ce style vibrant, précis, qui a pris d’eux le nom de laconisme. L’histoire en cite beaucoup d'exemples. Durant la guerre médique , Xerxès ayant envoyé sommer les Spartiates de déposer les armes : Viens les prendre, répondirent-ils. Les éphores, dans la crainte que la garnison de Décélie ne se laissât surprendre, lui écrivirent : Attention! Les Athéniens ayant, après une longue guerre, détruit la flotte commandée par Mindarus, le capitaine spartiate adressa ce message aux éphores : C’en est fait de la bataille et de Mindarus ; vite des vivres et des secours. À la fin de la terrible guerre du Péloponèse, Lysandre n’écrivit rien de plus que ces mots : Athènes est tombée. Une longue lettre par laquelle les Macédoniens demandaient à grand renfort de raisonnements le passage à travers la Laconie , obtint pour toute réponse : Non. On demandait au roi Léon où les peuples étaient le mieux gouvernés pour le bonheur commun ; il répondit : Où les sujets ne sont ni
, pour lui és par les ère battit | connais-
humains , in nombre * échapper 1ellement,
re, on leur re journav’était pas, lanceavec lélinquants ndre sur le nard et le blement en il lui ronge
vieillards, :s hommes s qu'ils nr ssur le méjudicieuse, ujet. Ils se >Jrompte, à sme. L’hismédique , es armes :
la crainte scrivirent :
guerre , e spartiate aille et de la terrible is que ces e les Macéts le pas- : Non. On gouvernés ne sont ni
riches, ni pauvres; où la probité a beaucoup d'amis, la fraude aucun. Ils disaient des vainqueurs d'Olympie : Gloire à eux, s'ils eussent pris autant de peine pour une victoire. Un Athénien traitait les Spartiates d’ignorants : Nous le sommes en effet, répliqua lun d’eux, car nous seuls n'avons appris de vous rien de mauvais. Archidamidas, à qu l’on demandait combien ils étaient de Spartiates, répondit : Autant qu'il en faut pour tenir au loin les méchants. À un roi qui portait aux nues.la bonté de Charilaüs, il repartit : N'est nas bon qui l'est aussi pour les pervers. Un Spartiate, en-
vOy ‘rape Tissapherne pour l’inviter à préférer l:1'6 de Lacede celle d'Athènes, s’expliqua en deux n°: ris, CO) leur athénien se jetait dans de longs dc ours, cel présenta au satrape deux lignes, l’une droite, Vautr :, aboutissant au même point, en lui disant :
Choisis. L:: autre ambassadeur s’en vint avec une harangue interminable réclamer des vivres aux Spartiates : Nous avons oublié le commencement, répondirent-ils, nous n'avons pas compris le milieu, la fin ne nous plaît pas. I revint alors avec des sacs vides , et dit à l’assemblée : Remplissez-les (1).
Les divertissements eux-mêmes ne consistaient qu’en exercices de force. Dans les fêtes publiques, les vieillards chantaient : « Nous «avons en petit nombre frappé d’effroi de grandes armées; nos « poitrines furent pour Sparte des murailles invincibles. Mais l’âge « nous appesantit désormais ; Sparte honorera les tombeaux de ses « généreux défenseurs. » :
Les jeunes gens répondaient alors d’un ton joyeux : «Qui nous « surpasse en valeur? Les combats ont pour nous le charme de la « danse d’Ionie. A la fleur de l’âge, notre âme est embrasée de « l’amour sacré de la patrie, »
Et des voix enfantines reprenaient : « Laissez passer quelques « années, et la patrie alors saura ce que vaudront en nous le désir « de la gloire et le courage guerrier (2). »
Leur instruction se réduisait presque uniquement à savoir par cœur des vers d’Homère, de Terpandre et de Tyrtée; ils abandonnaient tout ce qui était art aux esclaves, ou à cette portion du peuple qui ne pouvait porter la chevelure longue comme les hommes libres. Quel commerce pouvait avoir un pays où les étrangers et l’argent étaient exclus, et qui avait si peu de besoins ?
(1) Durant la guerre de Napoléon contre l'Espagne, Lefèvre envoyait dans Saragosse assiégée un billet avec ce seul mot : Capitulation! Palafox en expédiait un autre avec ceux-ci : Guerre au couteau !
(2) PLUTARQUE, Vie de Lycurgue, 31.
Jeux,
Instruction,
zZ O [us « > sh « > LAS (©) <« £