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faut des esclaves pour cultiver les champs; or, comme ces infortunés, qui vivent tranquilles et ne tuent pas leurs enfants maladifs se multiplient, on enverra les jeunes gens les chasser comme des bêtes féroces et les massacrer. Il faut des guerriers et des chasseurs; on jettera dans un abime les enfants trop faibles de constitution pour le devenir. Telles sont les conséquences d’un principe funeste : législation barbare, qui veut faire de l’homme un sauvage sanguinaire, et qui produit en effet la misère, l’ignorance, la superstition, la violence.
Tout législateur qui condamne un peuple à se renfermer dans un cercle déterminé le corromptd’avance. Lycurgue avait bien ordonné de nefaire la guerre que pour se défendre, et dene point avoir de flotte pour éviter la tentation d’aller en course; mais une nation dont l’unique étude avait pour objet la vigueur du corps devait soupirer après toutes les occasions de l’exercer, après les hasards de la guerre, qui seulerompait la monotonie d’une existence pénible. Et alors avec quel acharnement, avec quelle autorité, elle dirigeait ses expéditions militaires ! L’horreur qui nous saisira à raconter les trahisons dont Messène fut victime, les massacres commis à Athènes, où, disait-on, plus de personnes auraient péri en huit années de paix, sous la hache du bourreau , qu’en vingt ans de combats { Xénophon), l’infâme traité d’Antalcidas et la guerre de Thèbes cette horreur sera une protestation généreuse contre ceux dont les paroles ou les acte. proclament que la force est tout dans le monde, :