‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 39 sur 146 · EST, UNIV — TU · texte numérisé non relu

EST, UNIV — TU

Bataille des Arginuses,

de monter eux-mêmes leurs navires, strpendiaient des mercenaires, au prix de trois oboles par jour, somme égale à celle qui, dans leur ville, suffisait à entretien d’un homme pauvre. Alcibiade avait même fait diminuer cette solde, de sorte que beaucoup de marins désertèrent pour s’enrôler sur la flotte pélopoñésienne, où l’on payait presque le double. Bur ces entrefaites, Lysandre attaqua les Athéniens dans les eaux de Samos et leur fit éprouver une défaite.

Il n’en fallut pas davantage pour discréditer Alcibiade ; destitué du commandement, il s’exila de lui-même sur les côtes de Thrace ; on mit alors à la tête de l’armée dix généraux, au nombre

-desquels était Conon, qui, par la suite, acquit une grande célé-

brité,

A la même époque, Lysandre, dont l’année légale était expirée, avait dû résigner le commandement à Callicratidas, général d’une haute habileté, mais dont les mœurs d’une austérité antique le rendaient peu &'. ‘able aux Spartiates de son temps. Lysandre, qui omentait le” écontentements, le desservit près de Cyrus, et ce prince refus: . le recevoir. Z/ boit, répondirent les courtisans quand Cal'ier&” ‘las demanda audience. — N'importe, reprit le Spartiate ; j'attsnurai qu’il ait fini.

On n’épargna pas les railleries à cette candeur, qui parut de la rusticité ; il s’éloigna donc de Cyrus en déplorant les misères de la Grèce réduite à mendier le secours des étrangers. Ne se fiant plus alors qu’à sa seule valeur, il investit Méthymne et s’en empara; puis il vainquit Conon devant Mitylène et l’assiégea dans le port. Cyrus, ayant appris à mieux connaître Callicratidas et regrettant ses mauvais procédés à son égard, lui fit passer des subsides abondants; mais les Athéniens accoururent avec la flotte alliée et battirent, aux îles Arginuses, près de Lesbos, la flotte spartiate : la défaite de Callicratidas fut suivie de sa mort. Comme on invitait ce général à ‘éviter la rencontre de forces si supérieures aux siennes, il répondit que Sparte pourrait équiper une nouvelle flotte, au cas où elle perdrait celle qu’il commandait; mais que, son honneur une fois perdu, rien ne pourrait le lui rendre. Il oubliait que, si dans l’un des plateaux de la balance se trouvait son honneur, l’autre portait le salut de sa patrie.

Une partie de la flotte athénienne fut envoyée contre celle qui bloquait Conon devant Lesbos; le reste alla au secours des bâtiionts endommagés qui couraient le danger de couler bas, et eut mission d'ensevelie les morts, Mais, lorsque la première escadre arriva, les Spürtiates avaient déjà pris le large, et la tempête em-

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pêcha l’autre d’accomplir son pieux office. La flotte revint donc à Samos ; Athènes, lorsqu'elle apprit cette nouvelle, accusa les généraux d’attentat religieux , et six d’entre eux furent condamnés à mort par le jugement le plus inique , et malgré les protestations de Socrate. Les malheurs qui ‘rappèrent Athènes dans la suite semblèrent un châtiment de ce :néfait public.

La défaite que les Spartiates avaient éprouvée leur fit sentir la nécessité des services de Lysandre; il reparut donc à la tête de leur flotte, aimé des soldats et riche des subsides de Cyrus. Il fit voile pour l’Hellespont, désireux de se mesurer avec les Athéniens. Quoique exilé, Alcibiade vint, au risque de sa vie, avertir ses concitoyens du péril qui les menaçait ; ils ne lécontèrent point, et leur flotte, surprise dans les eaux d’Égos-Potamos , essuya une déroute complète. Trois mille prisonniers furent égorgés par le vainqueur ; aunombrede ces prisonniers se trouva Philoctète, qui, dans la confian:e de la victoire , avait proposé de couper la main droite à tous les Péloponésiens que lon prendrait. Lysandre, lui ayant demandé quel traitement il croyait mériter, obtint pour réponse : Celui que nous l'aurions fait subir à toi-même, si nous avions élé vainqueurs.

Ce fut ainsi qu’Athènes perdit l'empire de la mer, qu’elle avait conservé soixante-douze ans. Ses alliés rivalisèrent d’empressement pour faire leur soumission à Sparte; quelques-uns, qui hésitèrent , y furent contraints par la force. La garnison laconienne, qui jamais n’était sortie de Décélie, vint alors assiéger Athènes , devant laquelle arriva bientôt Lysandre avec la flotte, et dans tout l’orgueil de la victoire. Les Athéniens se défendirent six mois avec une inexprimable valeur ; mais ils n’ev:'rat pas même la paix dans leurs murs ,où Théramène et les déur's des Quatre- Cents songeaient moins à sauver la patrie qu’à faire triompher l'aristocratie. Les alliés du Péloponèse voulaient que la ville füt rasée jusqu'aux fondements ; Sparte consentit à lui accorder des conditions aux termes desquelles les fortifications du Pirée et les murailles qui le réunissaient à la cité, seraient démolies ; les Athéniens devaient en outre livrer toutes leurs galères, à exception de huit, renoncer à toutes les prétentions sur ies autres villes, révoquer la sentence d’exil prononcée contre les partisans des institutions aristocratiques, marcher à la suite de Sparte dans toute guerre offensive ou défensive, et recevoir ‘elle la forme de son gouvernement. Ces conditions étaient aussi dures qu’inévitables, Le jour anniversaire de la bataille de Salamine , Athènes ouvrait ses portes à l'ennemi, et le voyait renverser ses murailles ,

Défaite d'Égos-Potamos, 403,

Prise d'Athènes,

Septembre.

Leonomie politique,

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