‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 46 sur 146 · S OU · texte numérisé non relu

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11 paraît qu’en temps de paix on n’entretenait que 600 cavaliers, dont la dépense est évaluée à 40 talents par an ; ce nombre, lorsque la guerre éclatait, pouvait s’élever à 4000 ou 1200 hommes, dont chacun recevait par jour trois oboles , outre une drachme pour la nourriture. L’infanterie d’abord n’eut pas de solde; plus tard chaque hoplite toucha quatre oboles, puis six, enfin deux drachmes. Il est difficile de calculer les dépenses de la flotte.

L'équilibre entre la dépense et la recette s’établissait au moyen de courses sur le territoire ennemi qu’on pillait, par des surtaxes, l’aliénation des propriétés publiques, la création de quelque monopole, ou la vente du droit de cité aux métèques. L’excédant des revenus sur les dépenses constituait le trésor, qui fut d’abord déposé à Délos ; puis on le transféra dans Athènes, et il contenait alors mille huit cents talents (1). Durant la guerre de Nicias, sept mille talents (2) entrèrent dans la citadelle : c'était une somme considérable soustraite à la circulation.

Périclès, avec ces trésors, soutint les beaux-arts dans l'essor qu’ils prirent alors, et qui ne fut jamais dépassé. Ses lihéralités, une admirable réunion d’artistes contemporains , le sentiment exquis du beau, contribuèrent à faire de cette époque le siècle des arts par excellence. On ne faisait pas un pas dans Athènes sans rencontrer un monument, théâtre somptueux ou temple magnifique. Les Propylées, qui avaient coûté deux mille talents, dominaient la ville ; le long de la voie des Trépieds s’élevaient des trophées aux vainqueurs dans les combats du cirque ; les routes, les places, étaient remplies d'hermès, desentences d’hommesillustres; la rue de l’Académie était ornée d'inscriptions où se lisaient les noms des guerriers morts sur les champs de bataille ; une pierre carrée, sur un tertre, indiquait l'endroit où reposait Thémistocle ; une colonne de bronze vouait à une éternelle infamie le nom d’un traître qui s’était laissé corrompre par l’or des Perses. La prise de Troie, le combat des Amazones, la victoire de Marathon, avaient été retracés par le pinceau de Panème, de Micon et de Polygnote ; tous les héros qui avaient illustré la patrie par leur courage et leur sagesse, tous les dieux qu’adorait la superstition , avaient dans les temples et sur les places des statues, dont une seule suffit aujourd’hui pour appeler de loin l’admiration de l'artiste et du voyageur.

Quels temples devaient être ceux où de pareils chefs-d’œuvre s'offraient en foule aux regards! Mais l’histoire nous enseigne à

(1) Environ 9,500,000 de francs.

(2) Environ 38,000,000 de francs.

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