‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 5 sur 146 · FENTE · texte numérisé non relu

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aujourd’hui les Ossètes. Leur idiome offre de si nombreuses ressemblances avec le perse, le zend , le curde , que Klaproth les considère comme descendant des Mèdes.

Les Perses donnaient aux Scythes le nom de Saces, qui signifie chiens; le souvenir récent de leurs incursions, qui pouvaient à chaque instant se renouveler, faisait regarder comme nationale une guerre contre eux. Non-seulement , la race dominatrice ou noble prenait lesarmes pour les combattre , mais tous les peuples soumis étaient obligés d’en faire autant : ce qui rendait les armées innombrables et mettait obstacle à la discipline. Ce fut ainsi que Darius rassembla sept cent mille soldats ; mais, comme il s’approchait du pays des Scythes, on lui apporta de la part de l’ennemi un oiseau, un rat, une grenouille et cinq flèches ; langage symbolique des temps héroïques qu’un sage lui interpréta en cestermes : Si tu ne l’envoles comme un oiseau, ou ne te caches sous la terre comme un rat, ou ne le plonges dans les eaux comme une grenouille, tu n'echapperas pas aux fièches des Scythes (1).

Il est, en effet, mal aisé de subjuguer des peuples errants et sauvages. Après avoir passé le Dniester, le Bog, le Dniéper, leDon, et gagné les steppes nues de l’Ukraine, Darius eut à combattre la même tactique qui, de nos jours, triompha de Napoléon. Les Scythes, fuyant sans cesse devant la cavalerie légère de Darius, dévastaient le pays, tombaient sur la tête ou sur la queue de l’armée , sur les corps détachés, sur les maraudeurs, et disparaissaient aussitôt ; aussi, vaincu sans jamais avoir pu combattre, le roi se vit obligé par la faim de faire retraite. Son expédition, néanmoins , ne fut pas sans résultat; car il occupa la Thrace et la Macédoine , mettant ainsi le pied en Europe , où il commença à faire la guerre aux Grecs.

Il fut plus heureux dans son entreprise contre l’Inde , où il avait envoyé d’abord le Grec Scylax pour explorer les pays et reconnaître les contrées le long de l’Indus; il y pénétra ensuite, et soumit à la domination perse le territoire montagneux situé au nord de ce fleuve , qui devint ainsi la frontière de son empire. Cependant, Aryande, l’un de ses satrapes, entreprit une expédition

(1) Dans le Schah-Nâmeh, Dara (Darius) fait présenter au Grec Sekander (Alexandre) une balle, une raquette et un sac de graines de sésame, le traitant en enfant par le don des deux premiers, et le sac faisant allusion à son innombrable armée, Sekander prit la raquette et, s’en servant pour lancer le ballon, il dit: « Voilà comment je ferai sauter la puissance de Dara, et je ferai de son armée comme cet animal de celte graine , » et il la donna à becqueter à un poulet. Il sh en retour à Dara une coloquinte, par allusion à l'amertune qu'il lui canserait,

en Égypte contre Barca, afin de punir les meurtriers du roi Arcésilas; après avoir détruit cette ville , il en transporta les habitants en Asie. En somme, l'empire de Darius eut pour confins, au sud, la mer des Indes, le golfe Persique et la péninsule Arabique dont les déserts opposèrent à tous les conquérants une barrière infranchissable ; au nord, la mer Noire , le Caucase et la mer Caspienne, qu'aucune armée ne dépassa avant celle de Gengis-Kan; à l’est, l’Indus; à l’ouest, la Méditerranée : l’Euphrate le divisait en deux parts.

La haine des Grecs contre un monarque qui ne cessa de menacer leur indépendance, valut à sa mémoire de violentes attaques; on alla jusqu’à dire qu’un vieillard nommé Ébasus, ayant prié de lui laisser au moins un des trois fils qu’il avait sous les drapeaux pour soutenir sa vie défaillante , Darius lui répondit : Je veux faire plus je te les laisse tous les trois , et qu’illesfit égorger. Mais les traditions perses, ainsi que l’injonction qu'il fit aux Carthaginois de s’abstenir des sacrifices humains , nous le représentent bien différemment.

Le fait le plus important de son règne est l’apparition de Zoroastre , le réformateur de la religion.

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