SOURATE
le déclarait malintentionné envers sa patrie ; avait-il dit qu’il préférait la sévérité patriotique d’Euripide aux saillies licencieuses d’Aristophane, celui-ci l’exposait sur la scène, où il le montrait errant parmi lesnuées, comme un songe-creux, et lui attribuait les subtilités dont il était l'adversaire le plus déclaré : procédé ancien et cependant toujours nouveau.
Dans les démocraties, quiconque s’élève est toujours vu de mauvais œil ; or les Athéniens, qui ne différaient point des modernes, haïssaient toute supériorité au point delapunir par l’ostracisme (1). C’était ce bas instinct qu’Aristophane caressait, lorsqu'il accablait deses railleries Socrate, le tragique Euripide, l’astronome Méton, qui inventa le cycle de dix-neuf ans, auquel il donnait le nom de mesureur de l'air.
C’était bien pour Socrate le cas de se rappeler ces paroles d’Euripide : Ayons en horreur ceux qui, en prônant les railleries, rendent les hommes plus méchants. 1] ne songeait pas, néanmoins, à se disculper ; allant droit son chemin, fidèle à ses convictions, il formait des disciples qui devaient lui faire un éternel honneur : Xénophon, Cébès, Antisthène, Aristippe, Platon. Il souffrait patiemment les injures ; lorsqu'il assistait au théâtre à des représentations où il était mis en scène, il restait immobile et attentif, disant qu’il se figurait être à un banquet, où il réjouissaitles convives. H reçoit un soufflet, etse contente de dire : C’est dommagequ'onne sache pas quand il faut sortir avec une visière. Xanthippe, sa femme, était pour lui un tourment domestique, et mettait journellement à l'épreuve sa longanimité : un jour, après l’avoir accablé d’injures, elle lui versa un pot de lessive sur la tête ; il ne prononça que ces mots : {{ est rare, quand il tonne , qu'il ne vienne pas à pleuvoir. Xauthippe avouait qu’elle avait toujours vu son mari revenir avec le même visage qu’il avait en sortant de sa maison : tant son aspect extérieur reproduisait le calme de son âme. Un certain Zopyre, le Gall ou le Lavater d'Athènes (2), qui prétendait connaitre le carac-
(1) Xénophon (’Aënvaiwv moxtela ) dit du peuple athénien : « Il persécute les hommes de mérite, hait toute supériorité, dégrade, condamne à l'exil ou à la mort les plus illustres, tandis qu'il comble d’honneurs les gens de rien : le tout pour la plus grande gloire de la démocratie... Jaloux de son honneur, il ne souffre pas qu'on le représente ou qu'on le censure sur le théâtre; mais il autorise sur la scène la satire licencieuse pourvu qu’elle atteigne les nobles, une « personne riche ou célèbre. Ce n'est pas qu'il les méprise, mais illes hait parce qu'il les estime et les craint, Félicitons-le d'entendre si bien ses intérêts ; il fait ce qui lui convient le mieux, »
(©) Aristote nons apprend que les anciens physionomnistes Jugeaient dés qualité de Paine par fa recemblance des fraits Avec ceux dés pénpiés qui différent 1ë
Condamnation de Socrate,
tère d’un homme à sa physionomie, ayant examiné Socrate, lui dit qu’il devait être orgueilleux, stupide, curieux et lascif : ce furent alors de grands éclats de rire parmi tous ceux qui le connaissaient ; néanmoins Socrate avoua que telles étaient en effet les inclinations qu’il avait senties en lui, mais qu’il les avait domptées. Aussi l’oracle de Delphes proclama-t-il qu'il n’existait point d'homme plus libre, plus juste et plus sage que Socrate.
En voyant tant de citoyens périr victimes de la cruauté des Trente, ou s’en aller en exil, il disait : Le berger qui verrait son troupeau diminuer de jour en jour, et se refuserait à avouer qu'il est un mauvais berger, manquerait de sincérité ; ilen manquerait encore plus, le gouverneur d’une cité qui, s’apercevant d'une diminution dans le nombre des citoyens, nieraît qu’il gouverne mal.
Les Trente lui enjoignirent de garder le silence et de ne s’entretenir qu’avec des citoyens âgés de plus de trente ans ; mais il n’en continuait pas moins à parler avec la même liberté et à tout le monde. Or, comme on lui demandait s’il ne craignait pas que la franchise de ses discours ne lui attirât malheur : Au contraire, reprit-il, je m'attends à mille maux; mais aucun n’égalerait le mal que je commettrais en faisant une chose injuste.
Tant de vertus ne l'auraient fait vivre peut-être que dans le souvenir de ses disciples, si la persécution ne l’avait atteint et conduit à une fin qui fit de lui un idéal inconnu encore à la Grèce, celui d’un sage mourant pour son opinion. Sa vertu, que les tyrans avaient respectée, ne put trouver grâce auprès de ses concitoyens, qui citèrent le juste devant le tribunal, comme coupable d’impiété, comme corrupteur de la jeunesse et comme novateur : délits imputés d'ordinaire à ceux qui n’en ont commis aucun. Mélitus, poëte tragique sifflé, l’orateur Lycon, Anytus, riche Athénien qui avait aidé Thrasybule à sauver la patrie, et qui affichait des opinions démocratiques, furent ses dénonciateurs et soutinrent l'accusation. Aux juges qui lui demandaient, selon l’usage, quelle peine il croyait mériter, il répondit : Pour m'étre consacré tout entier au service de mon pays, pour avoir négligé, dans cette vue, affaires domestiques, emplois, dignités, je me condamne à étre nourri le resle de mes jours dans le Prylanée, aux dépens de la république. La sentence mise aux voix, il fut condamné à boire la ciguë.
Le droit individuel s’était grandement développé dans Athènes, plus entre eux , tant pour la forme extérieure que pour les habitudes , tels que
les Égyptiens , les Thraces, les Scythes. Aushôpevor uxrà và Éovn ba diépeps Tà; bbeus nai và H0n, olov Alyürrnt , nai Opänec, nai Exb0ar, PAysiognomonie, ch, 1.
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