AGÉSILAS
(t) Diovone, XIV, 13, 23 PiuTARQUE, XXIV,
Fin de Lysandre, 395,
ST MT. LS st
Bataille de
Coronéc, 394.
Retour de Conon,
Lysandre voulait encore mettre les citoyens en mesure de s’en procurer par le travail. L'assemblée prit un moyen terme ; elle décida que l'argent resterait, mais seulement pour les affaires de la république, et qu’on punirait de mort tout particulier qui en conserverait pour son compte.
Btait-il possible que le citoyen méprisât pour lui ce qu’il voyait estimé pour le service public ?
IL est certain que Lysandre mourut si pauvre quedeux citoyens, fiancés à ses filles, les refusèrent lorsqu'ils connurent son peu de fortune : lâcheté qui les rendit infâmes. Quelqu'un ayant envoyé pour elles de magnifiques vêtements, Lysandre leur défendit de les recevoir, en disant : Z{s feraient douter de votré vertu.
Le roi Pausanias, vaincu à Haliarte, revint à Sparte, où il fut condamné à mort. Agésilas, rappelé alors à grands cris, mit l’obéissance avant la gloire, et renonça à ses vastes projets sur l’Asie ; il rentra en Grèce avec quatre millions et demi dé francs et dix mille soldats. Le contact des Perses ne l'avait pas corrompu; il était assis sur l'herbe, faisant un frugal repas avec les autres soldats, quand les ambassadeurs du grand roi vinrent lui offrir én vain de l'or, de riches habits et toute espèce de mets recherchés (1).
Il fit en un mois la route que Xerxès avait mis une année à parcourir, battit les alliés à Coronée, et assura de nouveau la suprématie à Sparte : mais, vers la même époque, Pisandré, s'étant laissé surprendre près de Cnide par la flotte de Conon, avait été défait. L’illustre amiralathénien, après la bataille d’Ægos-Pôtamos, s’était retiré près d’Évagoras, tyran de Chypre, et l'avait aidé à policer ce pays qui ne sentait plus la dépendance de là Perse que par un léger tribut; mais l’Athénien, qui avait à cœur de relever sa patrie, cherchait à séduire Évagoras par la gloire d’abattre l’insolente domination de Sparte et de replacer à son rang la cité des lettres et des arts, Afin de parvenir à son but, il ne dédaïgna point le secours de létranger, et se fit recommander au grand roi par Évagoras et Pharnabaze, au moment où Agésilas mettait en pé-
il la puissance perse. Conon se présenta devant le monarque, et,
dispensé de se prosterner à sespieds, usage auquel répugnaient
(1) Quand le marquis Spinola et le président Ricardot se réndaient à la Haye, en 1608, pour négocier, au nom de l'Espagne, la première trêve avec les Hol: landais , ils virent neuf ou dix personnes sortir d’un bateau, s'asseoir sur le rivage et se régaler du pain, du fromage et de la bière que chacun avait apportés. Ils demandèrent à un paysan qui ils étaient : Cé sont, répondit-il, nos seigneurs les députés aux élats généraux. Et les ambassadeurs de s'écrier : Avec de pareilles gens, il ne serait pas possible de vaincre ; tt faut faire la paix !
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