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fut accueillie la réforme de Zoroastre, en effet, les princes Lohrasp, Gustasp, Bahman, lui prêtèrent successivement leur appui, de sorte qu’elle devint, comme il arrive presque toujours en Orient, une réforme politique, et contribua à l’affermissement de la dynastie de Darius.
Zoroastre ne fonda rien de nouveau, mais réforma ce qui était, comme le prouve la nature même de son code, où tout est réglé, défini, abstrait, et qui d’ailleurs est moins étendu, moins grandiose dans la forme et dans le fond que ne le sont les plus anciens livres sacrés. Son attention se porte spécialement sur la morale; il représente l’opposition des deux principes comme une lutte dont une chute première fut la cause, et qui finira par une rédemption. On aperçoit néanmoins dans quelques passages une doctrine moins méditée et qui se rapproche plus de celle de l'Inde; dans d’autres brille encore un rayon de l’unité primitive, comme lorsque Ormuzd dit : « Mon nom est le principe et le centre de « toute chose ; mon nom est Celui qui est, qui est tout, qui con- «serve tout ‘1); » comme aussi dans ces expressions : « Le Verbe « donné par Dieu, parole de vie et d’activité, qui était avant l’eau, « le ciel, la terre, les animaux, les plantes; avant le feu, l’homme « pur, les dévis ; avant tous les biens, tous les germes purs (2).»
Le Zend-Avesta a deux parties distinctes, écrites en deux langues différentes, le zend et le pelvi. Les livres zends sont tous canoniques : le Vendidad, ou militant, ainsi nommé du combat contre le mal; l’Zsesne, élévation de l’âme ; les Vispereds, chefs des êtres. Ces trois livres réunis forment le Vendidad-Sadé, espèce de bréviaire que les prêtres doivent réciter chaque jour avant le lever du soleil. Ils sont suivis du Zescht-Sadé, recueil de prières en zend, pelvi et parsi ; du Sirouzé ou trentaine, espèce de calendrier liturgique, et du Bundehesc, ou ce qui fut créé dès le commencement, livre pelvi qui renferme une cosmogonie et une encyclopédie scientifique de tout ce qui concerne la religion, le culte, l’astronomie, les institutions civiles, l’agriculture.
Ces livres sont à l’Arie ce que le Pentateuque est à la Judée; seulement nous les connaissons depuis très-peu de temps, et d’une
(1) Yagçna, p. 19.
(2) Zescht Ormuzd, p. 145 du t. II du Zend-Avæt{a d'ANQUETIL.
On lit au commencement du Yaçna : « J'invoque et je célèbre le créateur « Aoura-Mazda , lumineux, étincelant, très-grand et très-bon, très-parfait et « très-fort, très-intelligent et très-beau , éminent en pureté, qui possède la vé- « ritable science, source de béatitude; qui nous a créés , formés, nourris : il est « le plus parfait parmi ies êtres intenigents, »
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