‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 79 sur 146 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Les temps que nous venons de parcourir furent aussi les plus glorieux pour la Grèce, sous le rapport des belles-lettres. La lutte contre les Perses , qui éveillait l'amour de la patrie, mûrissait aussi l'intelligence , développait ses forces, et la poussait au plus haut degré qu’elle ait jamais atteint. Nous ue saurions prétendre avoir compris la Grèce , si nous ne l’envisagions que sous le côté politique, et non dans tout le cercle rayonnant qu’efle parcourut ; mais nous ne devons pas entreprendre cette étude avec cette adiniration qui ne connaît d’autre mérite que l’absence de tout défaut , qui donne les classiques pour modèles inévitables, et par là exclut la possibilité du progrès , Ôte tout espoir à la postérité, Les

(1) L'admiration qu’'inspirent an plus grand nombre les entreprises d’Aléxandre, d'a pas saisi l’anglais Grote, qui publie maintenant une histoire de la Grèce. Ti ve voit dans le Macédonien que l'ennemi et le destructeur des républiques libres, «ni enlève la liberté à la Grèce et l’absorbe dans ses États. Il lui reproché ses cruautés, et, tout en reconnaissant qu’il possédait au plus hant degré les qualités d'homme d’action, il nie qu’il eût la pensée de civiliser et d'améliorer la race humaine; au lieu d’helléniser l'Asie, il voulait, dit-il, rendre asiatiques la Grèce et la Macédoine, préférant au langage libre les usages serviles de l’Asie.

avoir parréflexion, œuvre ?éndrie , qui e le fut de population ples pour tisme, Un | riouveau dur puisse l’’obstacle ce, néans un pèlees aïeux,

revoyant es écoles

Grecs furent grands, mais c’étaient des hommes; ils furent originaux, etc’est pour cela même que personne ne s’en écarte plus que ceux qui prétendent les imiter (4).

Les poésies extatiques de l’Orient sont un aspect matériel &es choses les plus étrangères à la matière, une constante personnification des idées et des faits spirituels, une intérvention des sens dans les plus sublimes domaines de la religion. La foi et Pobéissance se perpétuent sous de telles impressions ; un peuple entier se voit dans le chef d’un peuple, et , dans ce chef, on reconnaît dans tout leur éclat les idées et les sentiments que chacun trouve en soi obscurs et confondus. Plus tard , la foi fait place à la variété d’opinions ét de croyances, l’héroïsme au calcul, et l'effet de la volonté se manifeste; c'est à cette phase que nous rencontrons la poésie grecque.

La vénération pour Linus , Orphée, Amphion, ne prouve pas tant leur mérite que la simplicité des premiers peuples dela Thrace et de la Grèce, ainsi que leur disposition à admirer, disposition qui, chez un peuple nouveau , est déjà un indice de génie. Nous possédons si peu de chose dé ces premiers poëtes, que nous avons cru jusqu'ici pouvoir nous dispenser d’en parler. Linus , fils d’Apollen, et Pamphos, son contemporain ; composèrent des hymnes. Olen introduisit plusieurs divinités qu’il chanta : les deux Eumolpe, Mélampe, Philammon, Orphée et Musée, si souvent nommés, mais sur lesquels il n’a été fait que des récits bien postérieurs et mélésde beaucoup de fables, firent aussi des hymnes en l’honneur des dieux. Tous étaient à la fois poëtes, musiciens et prêtres, ou du moins instituteurs des choses sacrées et fondateurs de mystères.

Leur poésie est l’expression concise de la doctrine secrète ; elle cherche plus la brièveté que l’art, etn’a rien de cet artifice au moyen duquel la sagesse nous ravit par de splendides fictions (2): ce sont les rudes accents d’un chantre sacré, qui confie à des images transparentes le dépôt d’une parole profonde , s’imprimant dans la mémoire en même temps qu’elle commande à la volonté, et

(1) Voy. F. Scnosiz, Histoire de la liltérature grecque profane depuis son origine jusqu'à la prise de Constantinople, 1825. — F. Jacons, Ueber einem Vorzug der griechischen Sprache, 1808. — WaeuLer, Manuel de la littérature. — Fasraus, Bibliotheca græca.—Fr. Auc. Wozr, Prolegomena ad Homerum. Wall a vérifié que, sans les auteurs sacrés, la littérature classique possède 1,600 ouvrages entiers ou mutilés, dont les trois quarts appartiennent aux Grecs ; 450 sont antérieurs à Livius Andronicus, le plus ancien des écrivains romains.

(2) Sopia GE xénter napayotoa boss (Pinpane, Ném. VII, 34).

PRESS TNA

RER Re

Page 1