ATHÉNÉE, XIE
() AxisroTE, De nuirab. auscull., p. 1545, n° 50.
(6) ATUÉNÉE, IX, 40.
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une laisser sa pâture et marcher en avant de celles qui travaillaient attelées, comme pour les encourager, ce qui fit décréter qu’à l'avenir elle serait nourrie aux frais de l'État. Près du monuinvat funèbre de Cimon était le tombeau des cavales avec lesquelles il avait été trois fois vainqueur à Olympie. Un chien suivit à la nage le navire qui emportait son maître d'Athènes à Salamine, au temps de la guerre des Perses, ce qui lui valut l’honneur d’être enterré sur un promontoire qui conserva le nom de Tombeau du Chien (1).
Aristote abonde en détails de ce genre; mais, loin d’en faire d’indigestes récits, il réduisit l’histoire naturelle à l’état de science : science immense par le nombre et la variété des êtres qui appartiennent à son domaine, comme aussi par la multitude de problèmes que chacun d’eux présente. Il mit l’ordre partout, ct assigna presque aux siècles futurs la tâche qu'ils auraient à accomplir dans chaque branche, déterminant à l’avance la méthode et la distribution du travail, et appelant l’observation sur les questions qu’il n’avait pas su résoudre, ainsi que sur les phénomènes dont il n’avait pas saisi les causes.
Chaque génération, malgré les obstacles et les erreurs, apporte des matériaux à l’édifice commun de la science. L'histoire naturelle n'avait été jusqu'alors que confusion et tâtonnements, qu’un recueil des phénomènes les plus frappants , ramassés au hasard , que l’on cherchait à expliquer à l’aide de systèmes capricieux, et plutôt par la poésie et la théologie que par une méthode exacte. Les Orientaux et les Égyptiens, parmi lesquels Hérodote recueillit tant de connaissances sur les corps naturels, n'avaient pas su la tirer de cet état (2). Aristote, en s’appliquant à l’étude de cette science, ne pouvait y apporter cette analyse et cette raison absolue qui, de la contemplation des harmonies de la nature et de ses lois immuables, remonte aux principes sublimes qui rapprochent et font converger à un foyer unique les résultats des sciences diverses ; c’eût été trop prétendre que de l’exiger de lui. Mais, si nous plaçons le génie à son temps, au milieu des circonstances où il se trouvait, il nous apparaîtra dans sa véritable grandeur. Buffon, le juge le plus compétent en cette matière, a dit : « L'Histoire des animaux d’Aristote est peut-être encore « ce que nous avons de mieux fait en ce genre. Il paraît par son « ouvrage qu’il les connaissait mieux et sous des vues plus géné-
(1) PLuTARQUE, Vie de Caton. Voy. Rio, Essai sur l’histoire de l'esprit hu: main dans l'antiquilé; Paris, 1829.
(2) Hérodote mérite d’être consulté surtout pour les particularités qu’il nous a lransinises à ce sujet.
« rales qu’on ne les connaît aujourd’hui. Enfin, quoique les mo- « dernes aient ajouté leurs découvertes à celles des anciens, je « ne vois pas que nous ayons sur l’histoire naturelle beaucoup « d'ouvrages modernes qu’on puisse mettre au-dessus d’Aristote.…. «€ Il accumule les faits, et n’écrit pas un mot qui soit inutile : « aussi a-t-il compris dans un petit volume un nombre presque « infini de différents faits, et je ne crois pas qu’il soit possible « de réduire à de moindres termes tout ce qu’il avoit à dire sur « cette matière, qui paraît si peu susceptible de cette précision, « qu’il fallait un génie commé le sien pour y conserver en mème « temps de l’ordre et de la netteté ; et quand même on supposerait « qu'Aristote aurait tiré de tous les livres de son temps ce qu'il « a mis dans le sien, le plan de l’ouvrage, sa distribution, le choix « des exemples, la justesse des comparaisons, une certaine tour- « nure dans les idées que j’appellerais volontiers le caractère phi- « losophique, ne laissent pas douter un instant qu’il ne fût lui- « même bien plus riche que ceux dont il aurait emprunté (1). »
Nous ne devons pas enfin passer sous silence qu’au dire de quelques naturalistes modernes, on trouverait dans Aristote la conception théorique de l’unité de la composition organique , que Belon essaya le premier de démontrer pratiquement, et qui forme aujourd’hui le point culminant où visent les zoologistes pour arriver à une conquête dont le résultat serait de changer entièrement Paspect des sciences naturelles.