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> le groupe de
au Continent,
Les mythes qui faisaient de la Campanie et d’Inarime (Ischia) le théâtre de la guerre des dieux contre Typhée, indiquent aussi des soulèvements de nouvelles montagnes et la suhversion des anciennes ; car ils racontent que Jupiter, assailli par les géants , en arracha trois de terre, et fit disparaître les autres, soit en entassant sur eux les monts de la Sicile, soit en les engloutissant dans le Tartare, au delà du détroit de Gadès. ".
Brocchi (1 ) a démontré que le sol sur lequel Rome est bâtie, était une baie d’eau douce et d’eau salée, qui fut ensuite comblée par un terrain de formation volcanique. On trouve des laves au tombeau de Cécilia Métella, et autour des lacs de Castel-Gandolfoet de Némi. La partie septentrionale , au contraire, dut rester longtemps ingndée par le Pô et par les autres fleuves ; les eaux ont, en effet, laissé des vestiges profonds de leur séjour prolongé dans les couches épaisses de cailloux qui forment le lit de ces terrains si fertiles; entraînant sans cesse de nouvelles matières, enlevées aux montagnes, elles exhaussèrent les plaines, comblèrent les vallées et les petits golfes, et poussèrent au loin leurs remblais
dans la mer; travail qu’elles continuent encore en dépit des efforts de l’art (2).
Brocchi, Gencellaro et Tenore, avaient déjà soutenu la même opinion. Pilla et Philippi croient, au contraire, que la mer couvrait l’espace compris entre les deux golfes de Squillace et de Sainte-Euphémie, de la manière que la Calabre méridionale formait une île. On avait proposé à Charles IE d'y ouvrir un canal, idée déjà venue à Denys de Syracuse (PLINE, Æisé. nat., IE, 15).
(1) Dello stato fisico del suolo di Roma ; 1820.
(2) IL n’est pas facile, dit le savant ingénieur de Prony, de déterminer les changements successifs survenus sur le rivage de l’Adriatique, entre les extrémités méridionales des lagunes de Comacchio et celles de Venise. Adria, qui donna son nom à cette mer dont les flots baignaient les murailles, en est maintenant éloignée de 25,000 mètres ; elle était très-ancienne, sans doute, comme l'attestent ses nombreux vases étrusques , sans mélange de vases romains dans la couche inférieure, tandis qu'on en trouve de mélés avec eux dans la couche supérieure, de beaucoup au-dessous du sol actuel. En partant d’Adria, qui était située au fond d'un petit golfe, on rencontrait à gauche un bras de l’Adige et les Fosses Philistines, dont la trace correspond à celle que pourraient suivre le Mincio et le Tartaro, si le PÔ coulait encore au sud de Ferrare. Venait ensuite le Del{a Veneto, qui peut-être occupait le lieu où est aujourd’hui la lagune de Comacchio. 11 était traversé par les sept bouches de l'Éridan, ayant sur la gauche, à l'endroit où ces bouches se subdivisent, la ville de Trigaboles, qui devait être située à peu de distance de Ferrare. Les lacs compris dans le Delta s’appelaient Septem Maria ; c'est pourquoi Adria est appelée quelquefois Urbs Septem Mar'ium.
En remontant la côte du nord, on trouvait après Adria l'embouchure principale de l’Adige, dite aussi Fossa Philistina, puis l'Æstuarium Allini, mer intérieure , séparée de la grande par une foule d'ilots, au milieu desquels se
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Il en est même qui! prétendent que le PÔ se jetait dans la mer à cent milles en arrière de son embouchure actuelle, de sorte qu’à partir de l'embouchure du Tarc, toute la plaine n’était qu’une
trouvait un autre archipel appelé Rialto, à l'endroit où s'élève actuellement Venise. L'Æstuarium Altini est la lagune de Venise, devant laquelle les îles ont formé une digue, de sorte qu’elle n’est en communication avec la mer que par cinq passages.
A l’est des lagunes et au nord de la ville d’Este, se trouvent les monts Euganéens, groupe isolé au milieu d’un vaste terrain d’alluvions, aux environs duquel on place la chute de Phaéton, fable qui, au dire de quelques-uns, aurait eu pour origine une pluie de matières volcaniques, qui se trouvent en effet dans les environs de Vérone et de Padoue.
Au douzième siècle, toutes les eaux du Pô s’écoulaient au sud de Ferrare, dans le P6ô de Volano et dans le PÔ de Primaro, qui occupaient l'emplacement de la lagune de Comacchio. 11 fit ensuite une double irruption au nord de Ferrare, et produisit le fleuve de Corbola, ou de Longola, ou encore de Mazorno, et le Toï. Le Tartaro ou canal Blanc se jetait dans le premier ; dans l’autre le Goro, dérivation du Pô.
La plage se dirigeait sensiblement du sud au nord à une distance de 10 à 11,000 mètres du méridien d’Adria, en passant à l’endroit où se trouve actuellement l’angle occidental de l'enceinte de la Nesola ; Lorco, au nord de la Mésola en était éloignée de 200 mètres à peine.
Vers la moitié du douzième siècle, le gros des eaux du P9, qui coulaient entre des digues et qui étaient soutenues vers la gauche, près de la petite ville de Ficarolo, à 19,000 mètres au nord-ouest de Ferrare, se répandirent dans la partie septentrionale du territoire de cette ville et dans la Polésine de Rovigo, et se jetèrent dans les deux canaux de Mazorno et de Toi. 11 semble que l’homme lui ait tracé cette route, dans laquelle elles abondent de plus en plus, en appauvrissant les bouches de Volano et Primaro, et en moins d’un siècle elles furent réduites à l’état où elles sont aujourd’hui, Le fleuve s’ouvrit auprès d’autres voies, et, au commencement du dix-septième siècle, la bouche principale, dite Sbocco di Tramontana, se trouvait si voisine de l'embouchure de l’Adige, que les Vénitiens effrayés creusèrent, en 1604, le Taglio di Porto Viro ou P6 delle Fornaci, ce qui fit que la bouche principale, Bocca maestra, se trouva éloignée de l’Adige vers le midi,
Du douzième au dix-septième siècle, les alluvions du PO s’avancèrent beaucoup dans la mer, Le canal du nord, en 1600, avait son embouchure à 20,000 mètres du méridien sud, et celui de Toï à 17,000, de sorte que la plage avait avancé de 9 à 10,000 mètres au nord, et de 6 ou 7,000 au midi; entre les deux se trouvait une anse dite Sacca di Goro. On construisit à cette époque les principales digues, et l’on commença à cultiver le versant méridional des Alpes.
Le Taglio di Porto Viro dirigea les alluvions dans l'axe du vaste promontoire formé aujourd’hui par les bouches du PO. Plus les embouchures s’éloignaient, plus les atterrissements augmentaient, soit par suite de la diminution de la pente des eaux et de leur emprisonnement entre des digues, soit à cause des matières entrainées des montagnes défrichées. La Sacca di Goro fut bientôt comblée, et les deux promontoires formés par les deux premières bouches s’unirent en un seul, dont la pointe se trouve aujourd’hui à 32 où 33,000 mètres du méridien d'Adris 3 de sorte qu'en deux siècies, les bouches du PO ont enlevé près de 14,000
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lagune (1). Le Modenais, qui s'élève au-dessus du niveau des eaux courantes, dut se former par des exhaussements successifs (2). L’Appennin, qui s'étend dans toute la longueur de l'Italie, la divise en deux systèmes géologiques : à partir du versant oriental, ce sont tous des terrains de seconde et troisième formation ; du côté occidental, on rencontre partout les traces du feu,
qui d’ailleurs y règne encore, comme en font foi le Vésuve, ,
VEtna, Stromboli et les champs phlégréens.
L'Italie doit à ces circonstances géologiques de voir toute espèce de végétation prospérer sur son territoire. La sombre verdure des sapins se dessine continuellement sur les neiges éternelles du mont Cenis, du Splügen , du Saint-Gothard ; des prairies aromatiques offrent, au pic des Alpes, de gras pâturages aux troupeaux de génisses et de brebis, et les cités lombardes s'élèvent dans la plaine au milieu des rangées de müriers et de peupliers. Le PÔ une fois passé, vous voyez se dessiner les hauteurs couronnées de jardins en terrasse , et de buttes ornées, comme en un jour solennel, de festons, de pampres, au milieu desquels scintille la feuille argentée de l'olivier. Puis viennent les bosquets d’orangers et de citronniers de la Campanie, et le palmier, le cactus , l’aloès , vous avertissent du voisinage de l'Afrique. Si vous arrivez de la mer, le sourire de Naples et de Mergellina vous fait trouver ce que vous a promis le proverbe, un morceau du ciel tombé sur la terre. Mais, quand de la cime neïigeuse et fumante de l'Etna , avec son châtaignier où peuvent s’abriter cent chevaux et son aloès de soixante pieds de hauteur, vous embrassez d’un coup d’œil l'Italie et ses îles, depuis les sombres forêts de Seylla jusqu'aux sommets gigantesques des Alpes; quand vous vous rappelez les cités ensevelies sous les laves, et celles qui, autrefois immenses et populeuses , sont presque désertes aujourd’hui; ces ports, maintenant vides , de chacun desquels sortaient jadis six cents navires; lorsque le souvenir se reporte sur tant de nations qui du nord et du midi vinrent arroser le sol de leur sang et du nôtre , et sur cette ville éternelle qui domina d’abord par la force, puis par les lois, enfin par la religion, vous vous
mètres à la mer. Les alluvions ont donc avancé, depuis 1200 jusqu'à l’année 1600, de 25 mètres par an, et de 70 durant ces deux derniers siècles.
Ces assertions de Prony, acceptées par les savants à cause de sa réputation, sont maintenant reconnues erronées dans les faits et exagérées dans les conclusions,
(1) Benrnazzou, Del sostegno di Governolo, — Trevisano, Della laguna di Venezia. — Sixvesrnt, Paludi Atriane. |
(3) Rañaëzini, de Font, Muéin, —= VALLISNIERI, OPUSC., P. 66.