‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 92 sur 146 · IV. Les Helléniques · texte numérisé non relu

IV. Les Helléniques

Pozerri, Dei popudi e delle arli primitive in 1{alia; Rome, 183X, repouxse les inmigrations, et prétend que les Italiens, sous le nom de Pélasges, portèrent ailleurs la civilisation.

(1) Antiq. rom. I, 30 : ‘Eneièn apyouôv te mavu rù Evo, xmi oùñevi &Adm yéve oÙte éuôyAwa Toy, oÙùte éuoôlaurov ebplaxetar, Aucun autre peuple, veut dire ici ni Grecs ni Romains. Nienuun insiste sur ce que les Tyrrhènes étaient différents des Étrusques, tandis que MizLENGEn défend l'opinion contraire ; de Tupprvoi ou Tuparvo, il tire Tupnouot, avec désinence pélasgique, comme Drabesque, Bro: misque, Dorisque, Myrgisque, et autres villes de la Thrace, et en Italie, Opisques onu Opsques, Volsques, Falisques, Gravisca. De Tupnawoi, les Latins tirèrent Trusci, et, en faisant précéder le, Ætrusci, puis Tusci; Thusci, de la

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d’où nous concluons que les débris des Pélasges furent asservis au nord par les Gaulois, comme au midi les Œnotriens et les Peucètes par les Hellènes, pour devenir les classes vulgaires et serviles. Le pays portait le nom d’Étrurie du temps de Caton, etses habitants s’appelaient Tusques (l'usci); ce dernier nom ne parait être autre que celui d’Osques avec l'article préfixe, et l’on peut croire qu'il était en usage dans la langue parlée, puisque, sous les derniers empereurs, on en fit le nom de Tuscie, qui d’abord n’avait pas été écrit. Ce quirend plus difficile de vérifier l’origine des Étrusques et d'apprécier la part qu'ils eurent dans la civilisation de l'Italie, c’est que les prêtres, disposant des annales, pouvaient les altérer à leur gré; puis des guerres meurtrières les détruisirent, et les Romains affectèrent de les mépriser, bien que leurs famiiles illustres se vantassent de descendre de ce peuple (4).

Pour nous résumer, les Tyrrhènes, après avoir envahi l'Italie, se trouvèrent en face des Ombriens, auxquels ils enlevèrent trois cents villes (2); puis ils les contraignirent à se renfermer dans une seule province, qui garda le nom d’Ombrie, bien qu’ils

‘ "assent ensuite avec eux et les admissent la communauté

icrifices religieux (3). Lis s’étendirent dans les campagnes ut forment aujourd’hui le Bolonais, le Ferrarais, la Polésine, et dans les plaines £ntre les Alpes et l’Apennin; les Vénètes furent défendus contre eux par le Pô. Les Ligures restèrent à l'abri dans

même manière. Oroi s'est changé en.OUpsci el Osci, Ilocudwvix en Pæslunum et Pæslum, Hoïvôevun: en Polluces et Pollux. Du reste, rien, dans ces noms, ne prouve que la forme grecque ait été la première; elle a pu tout aussi bien être une altération de la forme pélasgique; ainsi l’analogie n'éclaircit pas l'étymologie.

Ceux qui voudraient faire dériver les Étrusques des Grecs s'appuient d'abord sur les relations que l'Étrurie entretint sans cesse avec la Grèce : Démarate conduisit en Étrurie une colonie de Corinthiens; les habitants de Cæré avaient leurs trésors à Delphes, etc. ; et en outre, sur li “puisable argument des étymologistes : Tarchon serait &pywv avec l'article; Tagès, txy6s, chef; Tarracina viendrait de roxy9s, âpre, rigide; Ce note, de Corinthe; Tarquinia, de Trachinia ; Faleria et l'alisci, de’Aew% avec le digamina ; Alsinun, de "Ao0ç; Gravisca, de voaïxs; Volcium, de ioyx6s où ôyais ; etc. L. Lana tire un grand nombre d'étymologies du grec, en détachant l’article /. Ainsi, FunAN, 6 "Apav, Mars; Tria- LINA, d'éive, née dela mer, etc.

(1) Mécène est loué par Horace conune issu des Fyrrhéniens, Perse vante d’antres personnages d'avoir la mème origine :

Slemmate quod Tusco ramum millesime ducis.

(2) Pauane, DH, 14, (3) Tabies engübinés.

parlaient la même langue,

Mite-Live, IX, 40, dit auo les Ombriens at les Tusques

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leurs montagnes, mais en abandonnant le plat pays. Les Tyrrhènes établirent partout des colonies, et fondèrent, sur les rives du P, une nouvelle Étrurie, qui, comme celle de l’intérieur, avait douze villes, parmi lesquelles Adria, au bord de la mer, Felsina, Melpum, Mantoue, peut-être appelée ainsi de Mantus , leur Bacchus infernal; ils tombèrent ensuite sur les Casci, qui habitaient le Latium, et prirent l’Albula {4) pour limite de leur territoire ; puis ils pénétrèrent dans celui des Volsques, passèrent le Liris, et fondèrent, dans la fertile Campanie, &ouze autres colonies : de ce nombre, Nola, Herculanum (2), Pompéi, Marcina et, la première entre toutes, Capoue; néanmoins il semble que ie gros de la population osque resta dans le pays.

Us bâtirent aussi des villes dansle Picénum, comme Capra dans la Montagne et Capra sur Mer, et Adria Picena; en outre, ils enlevèrent aux Liguresle golfe de la Spezia, où ils fondèrent Luni, possédant ainsi cette côte jusqu’à la mer.

Le centre de la puissance des Tyrrhènes était l'Étrurie, entre le Tibre et l’Arno; ils y bâtirent de nouvelles cités qu'ils entourèrent de solides murailles en grosses pierres, ou peut-être tirèrentils parti de celles queles Pélasges avaient déjà construites. Parmi ces villes, les principales étaient Clusium, Volterra, Cortone, Arrétium, Pérouse, Vulsinies, Vétulonia, Cæré, Tarquinies et Véies (3); ils avaient, en outre, une multitude de villages le long de la côte et dans l’intérieur du pays, que le mauvais air (mal’aria) rend aujourd’hui inhabitables. Tarquinies fut le véritable siége de la civilisation étrusque, et Cæré, la métropole religieuse, avait à Delphes le trésor commun, ce qui indique une dérivation hellénique. Les Étrusques semblèrent un moment à la veille de réunir toute l'Italie sous leur domination; mais, défaits par Hiéron de Syracuse, ils se virent contraints de la limiter à l’Étrurie; enfin leur empire, resserré chaque jour per les Ligures, les Gaulois et les Samnites, fut détruit par les Romains.

Il ne reste à peu près que les noms des autres anciens peuples de l'Italie. Dans la partie du nord, les Orobes, nom générique comme ceux d’Aborigènes et d’'Herniques , signifiant de même

(1) C'est l'ancien nom du Tibre, Énéide, VII, 332.

(2) Les Grecs n'avaient pas mémoire d’éruptions du Vésuve, qu'ils savaient pourtant de nature volcanique. La ville d'Herculanum a été bâtie sur une lav: semblable à celle qui l'a engloutie, et qui conserve des traces de culture, Cela prouve combien celte ville est ancienne. -

(3) Les autres pourraient être Rusella, Capéna, ou Cosa; Müller ajoute Pise, Fésules, Faléries, Aurinia ou Calétra, Salpis, Saturnia,

S Tyrrhènes ives du P6, avait douze lsina, Meleur Bacchus abitaient le itoire ; puis iris, et fones : de ce la première >s de la po-

Capra dans outre, ils èrent Luni,

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habitants des montagnes (1), résidaient entre les lacs de Côme et d’Iséo, où ils bâtirent Côme, Bergame, Licini Forum et Barra, su. «emplacement de laquelle on n’est pas d’accord ; les Euganéens cecupaient les montagnes qui avoisinent Brescia, Vérone, Trente et Vicence ; les Vénètes étaient établis entre le Timave, le Pô et la mer; les Ligures, qui avaient étendu leur domination des Pyrénées à l'embouchure de l’Arno, habitaient le pays appelé aujourd’hui le Piémont : c’étaient des hommes rustiques, aux longs cheveux, et l’on disait qu’un frêle Ligure valait mieux qu’un robuste Gaulois, que leurs femmes avaient l’énergie des hommes, et ceux-ci la vigueur des bêtes féroces. Ils cultivaient le sol avec effort aux mêmes lieux où aujourd’hui encore trente mille hectares de terrain sont soutenus par de petits murs échelonnés. Ils furent en guerre avec les Étrusques et les Grecs de Marseille, qui fondèrent, pour les tenir en respect, les deux villes de Nice et de Mone”a. Les Romains eux-mêmes ne purent les dompter qu’en les transplantant ailleurs.

Les populations des Sabins, des Picéniens et des Prétutiens se conservèrent sur les Apennins, mieux garantis contre les invasions. On prétend que les Sabins, voués au culte de Sabus, leur dieu national, pasteurs et guerriers, plus civilisés et plus religieux,

furent le produit d’un printemps sacré, ou migration votive de.

Testrina près d’Amiternum; par le mont Lucrétile et la vallée de V’Anio, ils s’avancèrent jusqu’au Tibre. Leurs assemblées nationalesse trouvaient à Cures { cité des Astates ). Sancus, appelé aussi Fidius et Sémon, dut être un de leurs thesmophores, divinisé plus tard. Ils vénéraient avec des mystères, à Trébula, neuf grands dieux (2), substitués à leur premier culte des fétiches, lorsqu'une lance fixée dans le sol représentait Mars. lis expédièrent de fréquentes colonies dans la basse Italie et plus haut, parmi lesquelles figuraient les Picéniens et les Prétutiens , tribus considérables. Les Ëques se trouvaient près de la Sabine et du Latium; plus avant dans les terres, les Herniques; au-dessous, les Volsques; puis venaient les Aurunces-Volsques , « destinés à servir d’exercice presque continuel aux guerriers romains (3).» Leurs villes du littoral, Antium, Circéi, Terracine, durent au commerce de grandes richesses, et brillèrent par les beaux-arts; on a trouvé près de Vellétri des bas-reliefs en terre cuite, et Turianus de

(1) Les Sabins appelaient erna le chêne et le rocher, — "O9; et fiüv, vivant dans les montagnes. — On retrouve la môme racine 80; dans le mot Aborigènes, (2) AnNone, ILE, 122.

(3) Tire Live, VIE, 921,

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Frégelles fit le Jupiter Capitolin et d’autres ouvrages à Rome (4). Dans lApennin le plus élevé, où sont aujourd’hui les deux Abruzzes, les Vestins, les marrucins, les Péligniens et les Marses habitaient autour du Grand Sasso, au milieu d’une nature sauvage, des rochers et dans des cavernes. Leur port commercial était Aternum, où se trouve Pescara; les Vestins vendaient du fromage, les Péligniens de la cire et du lin. Les Marses, les principaux parmi ces peuples, sont loués pour leur courage et leur amour de la patrie, et leurs tombeaux sont remplis d’armes offensives. Dans la Campanie, le Vésuve se taisait; mais les bruits des champs Phlégréens, les combats des géants , les demeures souterraines de Typhon, exnriment les révolutions naturelles de ce pays. Un printemps sacré des Sabins fondait, au pied du sauvage Matese, les Sarnnites desquels sortirent les Hirpins, les Lucaniens, les Frentans; on prétend que leur territoire avait deux millions d'habitants (2). Les Lucaniens occupèrent l’extrémité de lItalie, après avoir subjugué les OEnotriens, et furent les ennemis constants des colonies grecques et des tyrans de Syracuse. Les Brutiens, dont le nom indique des esclaves fugitifs ou révoltés, conservèrent ja partie la plus sauvage; pour nous, c’étaient des OEnotriens subjugués qui, plus tard, s’affranchirent de la servitude.

Les Aborigènes, a::xquels appartenaient les Ëques, les Volsques, les Aurunces, les Rutules, les Laurentins; puis les Sabins, dont faisaient partie les Picéniens, les Samnites, les Frentans, les Hirpins, les Lucaniens, les Brutiens, les Mameriins, les Péligniens, les Merruviens, les Vestins, les Herniques, les Marses, bien qu’ils eussent une langue commune dérivée de l’ombrienne, et une même écriture, se diversifièrent au point que l’on distinguait le Samnite de l’Osque, le Picénien de l’'Ombrien, le Sabin du Komain.

Il est difficile néanmoins de déterminer l’origine et les confins de chacun de ces peuples; leurs noms sont souvent changés, et les Grecs appelèrent, en général, Ligures les habitants de la haute Italie, Ausones ceux du midi, Tant de diversités, qui remontent à la plus haute antiquité, ont empêché, malgré de longs siècles de luttes , de conquêtes, de violences, de malheurs, de constituer l’unité de l'Italie.

(1) Puine, XXXV, 12, (2) GauanTi, Description du comté de Molise.

à Rome (4).

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