‹ Histoire universelle [microforme]Chapitre 95 sur 146 · STRABON, V · texte numérisé non relu

STRABON, V

(7) PLnE, XVII, G.

(8) CozuueLee, E, 3.

(9) CaToN, V, 34.

(10) CoLumeLLe, XI, 2.

. (11) Caron, V.— PLINE, XVI, 21,

les voisins (1), et les censeurs punissaient celui qui labourait plus qu’il ne bêchait (2). Les prés étaient considérés comme la propriété la plus productive. On demandait à Caton quel était le premier moyen de s’enrichir par l’agriculture; il répondit : De bons prés. — Lesecond? — Des prés médiocres. — Le troisième? — Des prés, même mauvais (3). Il disait encore : Pien cultiver, c'est bien labourer. Ainsi tous les préceptes ont trait à l’économie agraire, prédominante en Italie; en effet, ce n’est que par le morcellement et la culture assidue des champs que l’on peut expliquer l’existence de populations si nombreuses sur un territoire peu étendu. On creusait le sol pour extraire les marbres et les métaux, et le sénat romain défendit plus tard d’employer plus de quatre mille hommes aux mines du Vercellais (4). Les peuples venus du dehors eurent toujours soin d'occuper les côtes, parce qu'ils savaient que l'Italie était très-favorable au commerce. Les habitants dc la partie supérieure trafiquaieni avec l'Ilyrie, et Adria était un marché renommé ; à Gênes, les Ligures échangeaient du bois de construction, de la résine, de la cire, du miel, des peaux, contre du blé, de l’huile, du vin, des graisses, et ils expédiaient au dehors de grossières tuniques, dites ligustines. Les Brutiens exportaient de la poixetdu goudron; les Vénètes, les Samnites, Les Apuiiens, de la laine. Les Sabins, par la voie Salaria, à travers le haut Apeonin, allaients’approvisionner de selsur lelittoral des Prétutiens, et les Ombriens l’extrayaient des cendres. Les Lipariotes, les Rutuies, les Volsques, les Campaniens, parcouraient la mer sur des barqueslongues et rapides; les Ligures, sur de petites embarcations gréées grossièrement.

L’Hercule tyrien, c’est-à-dire le commerce, avait ouvert, trèsanciennement, une route commerciale à travers les Alpes ; elle s’étendait même jusqu’à la Baltique, comme le prouve l’usage de l’ambre, que l’on apportait du Nord dans Ja haute Italie , d’où le recevaient les Romains et les Grecs ; aussi donnèrent-ils au PÔ le nom d’Éridan, qui est le fleuve lointain débouchant dans la mer Septentrionale.

La civilisation des Étrusques, qui, sur beaucoup de points , se montre originale, et sur d’autres grecque ou asiatique, parait être sortie de la civilisation aborigène et de celle des Pélasges.

(4) Cocuuënse, XE, 3, — Paune, XVI, 13, (2) Puxe, XVI, 7,

(3) CoLuuecse, VE — PUNE, XV, 5.

(4) Poreelave, KXXEIL 4

(o) STRABON, LV et V.

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Un jour qu’un paysan labourait son champ, Tagès s’élança du sillon; enfant par les formes, vieillard par la sagesse, comme l’Oannès de Babylone, il révéla une doctrine, fondement dela science des aruspices ; c’est à lui et à Bacchès, son disciple, qu'on attribue les livres rituels (1). Ce mythe, auquel commence la vie stable des Étrusques, indique à la fois un peuple indusirieux et sacerdotal. Bien qu’elle ne formât point une véritable caste, l'aristocratie sacerdotale était pourtant prédominante; elle excluait les étrangers et se fondait sur le droit divin et les auspices. Le sacerdoce, distribué hiérarchiquement, était héréditaire dans les familles ; les novices s’appelaient camilles, et le souverain pontife était élu

par les suffrages des douze peuples de la confédération. Le col- :

lége des prêtres était l'arbitre de la paix et de la guerre; les rites présidaient au choix des magistrats, à la fondation des villes, aux campements, à la distribution du peuple en curies eten centuries. Les limites étaient sacrées, et sacrée l’agriculture. La propriété, le droit public et privé dérivaient de la divinité. La divinité ellemême avait ordonné de partager les terres, de vivre en bonne intelligence, de respecter les confins, sous peine de désastres, de pertes, de tonnerres et de tempêtes.

Au nombre des soins principaux des prêtres était observation du vol des oiseaux et du tonnerre. Les oiseaux se distinguaient en Joyeux, quiannonçaientbonheuret santé; en éris£es, qui présageaient le contraire. Chacune de ces classes se subdivisait ensuite en plusieurs autres : volsgræ, qui se déchiraient avec le bec et les serres; remores, dont l'apparition retardait une entreprise ; nhibæ, inebræ, enebræ, qui l’arrêtaient; arculvæ, arcivæ, arcinæ, qui la détournaient de son but. On n’est pas d'accord sur le sens des oscines et prapetes ; "mais il paraît que les premiers étaient les oiseaux dont le cri donnait un présage quelconque, propice ou sinistre ; les autres, ceux dont le vol avait une signification favorable, surtout lorsqu'ils se dirigeaient en ligne droite vers l’observateur. Si un autre oiseau de mauvais augure (altera avis) apparaissait après celui-ci, l’augure antérieur était annulé (2).

(1) Rituales nominantur Etruscorwn libri, in quibus præscriplum, quo ritu condantur urbes, aræ, ædes sacrentur, qua sanctitate muri, quo jure poriæ, quo modo tribus, curiæ, centuriæ distribuantur, exercitus conslituantur, ordinentur, cæteraque ejusmodi ad bellum, ad pacem pertinentia. FEsrus.

(2) On sait combien cette science, chez les Romains, influait sur la nomination des magistrats el sur toutes les affaires publiques. Le vol d'une chouette suspendait souvent les assemblées du peuple, parce qu'elle annonçait mort ou fau tunis qu ‘alle âtait à Athänes du plus heureux augure. L aigle, oiseau de

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