C., 11, 62, hiam corpost vilam ur Lemu
LUXTTETTE rhibentur CREUzER, d'Otifried
des divinitésquerelleuseset dissolues ; mais, si nous n'avons pasdes notions plus claires sur leur religion, c'est parce que leur doctrine resta le secret des prêtres, uniques dépositaires de la science et du langage allégorique et sacré.
Nous savons cependant que les rites étaient nécessaires à Ja consécralion de tout acte public ou privé, comme daus Orient, et que les hommes avaient aussi pour guide l'interprétation des songes ; des phénomènes, des mouvements des astres; néanmoins il n’y avait pas de théocratie pure comme dans l'Inde, car le patriciat commence l’activité citoyenne et prélude à l'indépendance des droits politiques. La noblesse, c’est-à-dire la race couquérante , se composait de seigneurs ou lucumons{{ ), qui, guerriers etprêtres, comme les Chaldéens, tenaient, de leurs manoirs situés sur les hauteurs , les habitants de la plaine dans Ja sujétion. Chaque ville avait un lucumon, qui rendait justice tous les neuf jours , et siégeait les autres jours dans les assemblées générales, tenues à Vulsinies ou Vétulonies.
Le chef de la confédération était choisi parmi les lucumons (2); il avait pour insignes la robe de pourpre , la couroune d’or, le sceptre surmonté de l’aigle, la hache, les faisceaux, la chaise curule et douze licteurs : chacune des douze villes lui en fournissait un,
Les classes inférieures, qui formaient la plèbe, divisées en tribus, curies etcenturies, étaient dépendantes (clientes) des classes supérieures. L'Etat se composait donc du lucumon, des nobles et des plébéiens.
Les douze villes étaient diversement constituées à l’intérieur, mais toutes élisaient ensemble un pontife suprême pour les fêtes nationales. Le territoire de chacune d’elles comprenait plusieurs autres villes provinciales, colonies ou sujettes, qui, habitées par la race indigène subjuguée, étaient privées des droits qu’obtint la plèbe romaine, et n'avaient point d'a: mblées, puisque tout se décisait dans la réunion des lucumoi:;.
(4) M paraît cependant que tons les seigneurs n'étaient pas lucumons, mais seulement ceux que l'assemblée des nobles destinait à présider au gouvernement des villes,
(2) Les Romains donnèrent à Porsenna le titre de si, faute de bien comprendre ce qu'il était. 11 en est qui ont prétendu trouver ur série de rois issus de 1°. nue, et Demnpster fait régner, dans l'espace de 2,500 ans, quatre dynastit
‘8 Janusiens, les Corythes, les Lartes, les Lucumons, Ottfr ed Müller part de: institutions de l'ancienne Rene pour deviner les institutions civiles de l'Étrurie, en supposant que cette dernière donna les siennes à l'autre; mais il fallait le prouver.
Gouvernement.
au
Ce système était un obstacle à l'énergie, qui naît de l’union : les rivalités entre les lucumons et de cité à cité, la jalousie des classes inférieures, les haines de partis et de races déchiraient le pays; elles empêchèrent les Étrusques de former eette grande ligue des peuples italiens que les Pélasges avaient tentée avant eux, que les Samni!es tentèrent aussi sans succès, et qn: Rome réaliss enfin, mais par la force.
Des factions naissaient sans doute parmiles fainiiles dominantes, mais toujours dans le sens oligerchique, sans qu'e jamais le peuple, la commune, eût occasion de se constituer. Le vulgaire était exclu des armées, qui, par ce motif, 5 réduisaient à la cavalerie. Vulsinies fut la seule ville qui, attaquée par les Romains, arma la casse inférieure , les laboureurs, les vaincus, ct put ainsi faire résistance ; ceux-ci, en récompense de leur concours. obtinrent le: ‘roits de cité, celui de tester, de contracter alliance aves la nobiesse, de siéger dans le sénat, Une pareille révolution fut représentée comme “3 événement afiveux , peut-être à cause du dépit qu’en éprouvèrent les nobles, Mais, si toutes les autres villes en eussent faitautani, à. «ommuue plébéienne se serait formée, et la force en eût été ie résultat, en effet, lorsque plus tard elles se soulevèrent contre Sylla, on les vit résister avec opiniâtreté, parce que la domination romaine avait effacé les anciennes distinctions.
Cependant les Étrusques étendirent au loin leurs colonies, et, différents des autres conquérants, au lieu de détruire des villes, ilsen fondèrent beaucoup. Semblables en cela aux Pélasges, ils faisaient prédominer les idées ct les nombres symholiques; ainsi nous comptons douze cités dans l’Étrurie, douzesur le PÔ, douze dans lTtalie méridionale (1), toutes construites sur un plan carré, orientées selon la prescription de l’augure, et embrassant le plus souvent deux collines, dont la plus élevée portait la citadelle.
Que l’on veuille faire dériver le nom des Tyrrhènes du grand nombre des tours qu'ils élevèrent, ou de Ziremh, cultivateur, le mot indique toujours leur industrie. Ils avaient pour lagricul ture une telle vénération qu’elle était sous la surveillance spéciale d’un collége de prêtres arvales, et que la charrue traçait l’enceinte des nouvelles cités : art de l'agriculteur était à leurs yeux le lien de la vi: sociale; n’avaient-ils pas d’ailleurs conquis le sol de la patrie sur les eaux du Clanis et de : Arno, qu'ils exhaussèrent au moyen de combléss.
(1) Toutes leurs mesures et leurs divisions sont des r:: 1 48 on des sous-multiples de 12e: (0, La mesure agraire (vorsus ei :°::: est, comme le plèthre grec, un Carr! .:: 00 niede,
l'union : les jalousie des Chiraient le ette grande > avant eux, ome réaliss
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Au lieu d’élever des pyramides et des obélisques, pompeuses inutilités, ils creusèrent des aqueducs merveilleux, comme celui qui, traversant la Gonfolina, leur permit de déssécher le lac entre Segna et Prato, dont les eaux couvraient l’emplacement où s'élève aujourd’hui Florence; ils en pratiquèrent un autre près d’Incisa, pour assainir le Val d’Arno supérieur. Ils détournèrent les eaux des marais du PÔ, dans le voisinage d’Adria, et comblèrent la Chiana. Ils ouvrirent ailleurs, dans des lacs stagnants et dans des cratères éteints, des canaux souterrains, semblables aux puits artésiens modernes. Néanmoins, malgré toute leur habileté, ilsne purent améliorer l’air de la Maremme, où, alors comme aujaurd’hui, l’on disait qu’on s’enrichissait en un an et qu’on mourail en six mois.
Au dehors, ses habitants dominaient seuls sur les mers environnantes, qui prirent d’eux, l’une le nom de Tyrrhénienne, l’autre celui d’Adriatique. Quand Milet se fut rendue aux Perses, les navires tyrrhéniens sillonnaient la Méditerranée, en concurrence avec ceux des Phéniciens (1). Agylla fournit soixante galères pour combattre les Phocéens, dans les eaux de la Sardaigne ; les Étrusques furent même appelés les maîtres de la mer (2). Ils essayèrent aussi de franchir le détroit et de coloniser une île inconnue; mais ils en furent empêchés par la jalousie des Carthaginois. Ils ouvrirent au commerce plusieurs ports, dont Luna, dans le golfe de la Spezia, était le plus important ; il paraît que les premiers citoyens se livraient au commerce, l’Étrurie servant presque d’intermédiaire entre la mer et le reste de l'Italie. Leurs monnaies, quoiqu’on n’en découvre pas encore de fort anciennes, témoignent d’un beau système monétaire, et le grand nombre de scarabécs et d’autres, ouvrages tirés de leurs tombeaux a fait penser qu'ils avaient des rapports de commerce avec les régions du Nil, avec la Gyrénaïque et la Baltique.
Comme tousies peuples anciens, ils abusèrent de leur puissance maritime jusqu’à exercer la piraterie; les pirates tyrrhéniens avaient un si terrible renom que les Rhodiens conservaient à titre d'honneur dans leurs temples les rostres enlevés à leurs navires. Hiéron de Syracuse arma contre eux pour en délivrer les mers ; il les vainquit, et leur défaite dut être bien décisive, puisque, les Eyracusni :s ayant entrepris peu après de conquérir l’île EE, aucune floite tyrrhénienne ne protégea la Corse, et l’en-
(1) Hénonorr, VE, 17.
(2) ,Navrunaïs duvdneatv lo/iauvtes. mai modroÙ; yobvuvs Ürattonsatieustes, Diononk, V, 40.
Luxe des Etrusques
nemi ne s’en éloigna qu’à prix d’or; il en fut de même quand Denys menaça la place de Cæré. Quoi qu’il en soit, l'Étrurie, lorsqi’elle était déjà en décadence, passait encore pour la province la plus riche, la plus forte et la plus populeuse de l'Italie (1).
Les Étrusques cependant nous apparaissent comme une tribu préstüe isolée, qui, bien qu’elle‘appartienne à la famille grecque, cofiserve beaucoup d’éléments de formation originale. Peuple agriculteur et hàbitant les villes, très-propre à tous les arts de la vie, iléleva, par d'excellentes institutions, lexistence sociale à un haut degré de puissance. Une noblesse austère rachetait son orgueil par la conservation de l’ordre; c’est elle qui développa et enracina les idées religieuses, appuyées sur l'autorité du sacerdoce ; aussi une austérité sévère et sombre devint-elle le caractère de ce peuple. Sa religion se déploya dans un système bien ordotiné, où l’on expliquait l’origine et les destinées de l’homme, où les dieux et les mortels furent unis sous Pempire des mêmes lois, qui les mettaient dans un rapport continuel. Il dut nécessairement en sortir le dogme, que la chose la plus importante est l’ordre; en effet, c’est par la force puisée dans l’ordre que ce peuple domina longtemps sur les plus belles contrées de l'Italie, et déploya grandement son industrie.
Mais beaucoup d'éléments étrangers se mêlèrent à cette originalité ; un grand nombre de Grecs, venus probablement de l’Asie Mineure, leur apportèrent des modes et des usages, qu’il est d’ailleurs difficile de distinguer des coutumes indigènes.
Par suite des relations avec la Grèce et l’Asie, le luxe augmeuta chez les Étrusques, et les festins, où les femmes étaient admises, devinrent une occasion d’étaler une grande magnificence en mets et en vêtements; ils étaient même particulièrement renommés pour la délicatesse desassaisonnements (2). Les iifamies dont Théopompe cha:ge les Toscans, la communauté des femmes, l’osten-
(1) Etrusci campi.. frumenti ac pecoris el omnium copia rerum. TITE- Live, XXII, 8. Etruscos.… gentem Ttaliæ opulentissam armis, viris, pecunia esse, X, 16.
(2) La saucisse lucanienne s’est conservée dans les dialectes d'Italie. Obesus Etruscus. Caruiie, XXXVII, 11. Pinguis Tyrrhenus. VirGizEe, Georg. I,
Voir aussi : l’Énéide, XI, 735; Théopompe ap. Aruénér, XII, 33 DENYS, IX,
De leurs femmes, belles au point que Théopompe les appelle ràç bbers uadde, Horace nous donne une triste idée, Odes, IIf, 10 :
Non te Penelopen difficilem procis Tyrrhenus genuit parens.
me quand urie, lorsla province ie (1).
> une tribu e grecque, le. Peuple arts de la jciale à un ait son orveloppa et sacerdoce ; ractère de ordotiné, ù les dieux is, qui les rement en ordre; en le domina loya gran-
ette origit de lAsie ilest d’ail-
augmenta t admises, 2e en mets renommés dont Théos, l’osten-
erum. TITE- "is, pecunia
alie. Obesus Georg. 1,
DENxs, IX,
bvers add,
tatioñ des amours contre nature, sentent l’exagération de la satire. Ces accusations d’ailleurs sont en partie démenties par ce que l'on sait de l'horreur qu’ils éprouvaient à voir, dans les gymnases, la nudité des garçons, et par l’austérité qu’attestent toutes leurs institutions. Il est vrai que les peintures obscènes de certains vases étrusques ne laissent pas que de venir à l’appui de ces imputations.
Les Étrusques avaient divisé l’anhée en douze mois, avec des noms particuliers, et subdivisés chacun en trois parties ; ils appelaient ides le jour du milieu du mois , et la journée commengait à midi.
L’alphabet étrusque dirive de la source commune à ceux de l’Europe, et du phénicien ; il s’écrivait de droite à gauche. Le pays, dès la plus haute antiquité, eut une littérature (1), et Varron semble indiquer un Étrusque , Volumnius , comme aütëur de tragédies. Les Romains donnèrent aux comédiens le nom d’histrions, du mot étrusque hister. Ils invoquaient les Muses , inspiratrices des chants à la louange des grands hommes (2). Néanmoins nous n'avons rien conservé de leurs compositions, et leur langue même est pour nous un mystère. Lami, Lanzi, Passéri, Spanheim, Gori, Bourget, la font dériver du grec; Reinésius et d’autres, du phénicien ; Mérula, de l’arabe ; Bandetti et Schrieck, du Nord ; mais, pour soutenir leur opinion , ils lui ont fait subir tant de changements etd’altérations qu’il en faudrait moins peur démontrer quela laigue des Malais vient du latin (3).
Plaute en dit pis encore, Cistell. II, 3 :
… Non enim hic, ubi ex tusco modo Tute libi indigne dotem quæras corpore.
(1) Romuli autem ætatem jam inveteratis litteris atque doctrinis… fuisse cernimus. Cicéron, De Rep., I], 10.
Et SainT AuGusTIN, De Civ. Dei, XVIII, 24, dit que Romulus était venu non rudibus atque indoctis temporibus, sed jam eruditis et expolitis.
(2) Cicéron, Brut. 19; Tuscul., IV, 2.
(3) Pour citer un exemple, on lit dans une des tables Eugubines :
CVESTRE TIE VSAIESV VVEBISTITISTE TEIES,.
Qu'on divise :
Cvestre tie usaies vesv vvebis titiste teis,
Pour irs'uire :
Cuestor tie oœaç vesum vuebistiôeote deies ;
Les Étrusques avaient un si grand renom de savoir que les patriciens romains leur envoyaient leurs enfants pour les élever; leur pays fournit à Rome des hommes de lettres célèbres, et, jusqu’au temps d’Alaric, on allait en Étrurie consulter les augures pour le salut de la patrie. Ils furent également fameux dans la médecine (1); 2°: °c requ’ils s’adonnèrent à l’étude des nombres, et les chiffres qr'ou appelle romains sont probabiement étrusques. Chose étonnante, on trouve chez eux des idées sur le feu central, analogues à celles que Fourier a récemment professées. Néanmoins le savoir pouvait-il se développer sur une grande échelle, et la poésie prendre un vaste essor, dans un pays où l’étude se renfermait dans le syst:m€ saccidotal ct l’interprétation des signes célestes ?
Les Étrusques inventèrent des instruments de musique , entre autres les flûtes tyrrhéniennes etle cor recourbé ; c'était au son des flûtes qu’ils faisaient le pain et battaient les esclaves (2). On leur attribue l’invention des moulins à bras , des éperons des navires et de la balance dite campanienne. Les Romains leur empruntè-
C'est-à-dire :
Questor dicil : Quascumque visum vobis constituite dies.
Niebubr assure, et ce n’est pas à tort, que nous ne connaissen3 que la signification de deux mots étrusques : Aviz Riz, vixil annos. En sanscrit, Avi signifie vivre; Ris, couper, d’où le grec faiw, fnoaw, le latin rodo et rado, l'allemand reissen, le russe riezu. Ri veut dire encore mouvoir, parcourir, d'où le grec péw, le latin r'uo, le français rue, l'anglais ride. Ainsi, le ril €‘rusque pourrait dériver de l’un ou de l’autre, en considérant l’année comme un écoulement de temps, ou comme une division.
William Bentham a émis une opinion nouvelle devant l’Académis d'Irlande ; selon lui, l'antique étr:que est identique avec la langue hiberno-celtique et l'irlandais, tel qu’on le parle dans ces fles. Conformément à cette opinion, il a donné la traduction de la cinquième, de la sixième et de la septième table Eugubine, parce que la matière en est plus importante, On y trouve exposés, ditil, la découverte des îles Britan:iques, faite par les Étrusques, et l'usage de l’aiguille aimantée pour la navigation. La sixième commence en invitant à se partager ou à prendre à frx,1e les terres occidentales, où sont trois îles d’un sol riche et fertile, avec beaucoup de bœufs, de moutons et de daims noirs, outre les mines et de belles eaux. La septième finit en rappelant aux Phésiciens que les îles découvertes peuvent accroître le commerce, protégé par la mer contre les ennemis, ct qu'elles pourraient encor. offrir un asile dans le cas où leur pays serait envahi par des ennemis. L’in ntion fut faite trois cents ans après le grand bruit souterrain.
(1) Tupéñver yevéav gapua-omoièv EMvos. Les Tyrrhéniens, race de médecins. EscnyLe ap. Théophraste, 1X, 15.
(2) Arist. ap. POLrEx, 1V, 56. — Preranque, De de manière ce refrérer la colère. — Aiéxée, XU, 3, |
CCLZZ
ue les palever; leur |, jusqu’au ures pour s la médenombres, étrusques.
u central, ses. Néanle échelle, l'étude se ion des si-
que , entre au son des ). On leur es navires >mpruntè-
ue la signicrit, Avi sirado, l'alourir, d’où il Crusque un écoule-
> d'Irlande ; ique et l'irpinion, il a e table Eu- Nposés, ditsage de l’aise partager
les îles décs ennemis, s serait enle grand
médecins.
e refréner
rent la bulle d’or, signe disunctif de la noblesse , les faisceaux consulaires, les licteurs, la prétexte, la toge virile, la chaise curule, a chlamyde des triomphateurs (1) , les anneaux des chévaliers, la chaussure des sénateurs et des guerriers, les couronnes triomphales, la faucille à élaguer, les jeux de la scène et du cirque, les cérémonies des féciaux.
On pourra demander pourquoi les villes étrusques n’ont pas fourni un historien , un poëte, un philosophe, comme tant de colonies grecques ; comment il se peut que des villes faisant un si grand commerce n’aient pas frappé des monnaies, si bien que celles qu’on retrouve à Populonia , en argent, et à Volterra , en cuivre , ne remontent qu’à l’an 300 avant J.-C. ; pourquoi l’Étrurie n’a pas produit un législateur ou un héros dont le nom ait traversé les siècles et soit arrivé jusqu’à nous. Nous pensons qu’il ne faut accuser que notre ignorance : ce n’est que d'hier que nous nous sommes mis à rechercher nos antiquités, et certaines contrées de l'Italie sont moins connues que l'Égypte et Ceylan. On aurait pu dire, il y a une vingtaine d’années , que les Étrusques ne firent jamais de’ vases, parce que les Latins n’en disent pas un mot.
Caton avait recueilli des mémoires sur chacunedes villes étrusques, et les anciens auteurs nomment trente-trois historiens ayant écritsur la fondation des cités italiques, « ont Élien porte le nombre à onze cent quatre-vingt-dix-sept (2). Varron affirme que les nnales étrusques remontaient à l’origine de chaque ville. Au lieu, d'employer le siècle usuel de cent ans, on faisait commencer le siècle étrusque le jour de la fondation de chacune des villes, et finir à la mort du dernier de ceux qui étaient nés ce jour même; cela prouve que les Étrusques tenaient registre des naissances et des décès. Parmiles perteslittéraires les plus déplorables, il faut certainement compter l’histoire des Tyrrhéniens, écrite par l'empereur Claude ; les Romains, en effet, dédaignant d’une part ce qu’ils trouvaient parmi les peuples conquis, et désirant de l’autre rabaisser un peuple qu’ils avaient eu pour maître, puis pour insütuteur, gardèrent tellement le silence à son égard qu’ils font à peine mention des merveilles qu’il a laissées , de ses murailles, de ses tombeaux.
(1) 11 semble que, dans l'intention des Italiens, cette magnificence extérieure :
avait quelque chose de symbolique et qui rapprochait les hommes des dieux. C’est pourgnoi te triomphateur à Rome était vêtu en Jupiter, et, comme la statue de ce dieu au Capitole, avait la figure teinte en minium. Enumeral auclores Verrius, quivus credere sil necesse, Jonis ipsius simulacri faciem dicbus Jestis minio ilini solitum, triumphantumque corpora. PLiNE,
h j j LA 42 (2) Histoires diverses, 1X, 10.
EIST, UNIV, — T, I. 29
Beaux-arts.
La question de savoir si les murs de Cortona , de Ruselles , de Fésules, de Volterra, de Populonia, d’Aurinia, de Signia, de Cosa, faits d'énormes polygones, dans le genre que nous nommous cyclopéen, appartiennent aux mystérieux Pélasges ou aux Étrusques, reste encorë à décider. La porte d’'Hercule à Volterra offre une voûte parfaitement circulaire de dix-neuf grosses pierres taillées. Pour régulariser le cours du Pô et de l'Arno, à leur embouchure , ils pratiquèrent des canaux de décharge et de nouvelles issues; une voie d'écoulement fut ouverte au lac Albano , et ils avaient même songé à canaliser tout le PÔ, travail qui n’est pas encore accompli. L'ordre toscan de leurs temples tient du dorique, avec d'importantes modifications ; mais il n’en reste aucun. Selon Vitruve, ils avaient la forme d’un carré long , divisé en trois compartiments, dont le plus grand était celui du milieu. Le pronaos était orné de colonnes dans le style auquel l'Étrurie a douné son nom; au-dessus était le tambour avec des frontispices soigneusement ornés. Le temple de Gérès à Rome , élevé près du grand cirque par le dictateur A. Posthumius, 494 ans avant J.-C., et démoli par Auguste , peut être considéré comme un modèle de ces constructions. Il faut, à coup sûr, attribuer aux Étrusques les ouvrages les plus anciens de Rome, tels que les murs extérieurs du Capitole, le parapet du Tibre, le grand égout (c/oaca maxima), qui est une merveille. Sa voûte demi-circulaire, d’un rayon de dixhuit palmes romaines, est surmontée d’une seconde, et celle-ci d’une troisième, toutes en grosses pierres de péperin taillées, longues de sept palmes et un quart, hautes de quatre et un sixième , et ajustées sans ciment. En 1742, on découvrit un autre aqueduc, non moins extraordinaire, enfoncé à quarante palmes sous le sol actuel, de travertin, et, dès lors, plus récent ; peut-être il est postérieur à la guerre puuique : les tremblements de terre, les maisons qu'on a bâties au-dessus, quinze siècles d’abandon, n’en ont pas dérangé une pierre. L’amphithéâtre de Sutri, de mille pa de tour et creusé dans le roc, cst aussi étrusque, de même que le thâétre d’Adria, et peut-être encore lamphithéâtre de Vérone (1). La route
(1) Voy. MaRiaANNA Dionici : Viaggio in alcune città del Lazio che diconsi fondate dal re Satürno; Rome, 1809. Voyez aussi Perir-RADEL : Voyage dans Les principales villes de l'Italie; Paris, 1815; et la lettre insérée dans les Annales de correspondance archéologique de Rome, 1829, où il promet une Histoire des recherches faites de 1792 à 1830 sur Les monuments cyclopéens ou pélasgiques, el sur les caractères techniques et historiques qui les rattachent aux premières colonies grecques ct à la civilisation de l'Asie Mi-
’ ,, « H H i neure, L'ouvrage n'a pas paru; mais la collection des modèles d'édifices pélas-
Ruselles , de Signia , de nous nomges où aux cule à Volneuf grosses de l’Arno, à harge et de e au lac Al- , travail qui mples tient 1 n’en reste long , divisé i du milieu.
1 l'Étrurie a frontispices evé près du avant J.-C., n modèle de x Étrusques rs extérieurs camaxima), ayon de dix- >, et celle-ci taillées, lonun sixième , tre aqueduc, es sous le sol re il est pos- , les maisons n’en ont pas e pa de tour ue le thâétre (4). La route
sio che diconsi ,: Voyage dans nsérée dans les ù il promet une nts cyclopéens es qui les ralde l'Asie Mid'édifices pélas-
pavée de Cæré à Véies subsiste encore. Volsinies, en phénicien, signifie la ville des artistes, et de cette ville les Romains enlevèrent deux mille statues (1).
: La description que Varron donne du tombeau de Porsenna, près Clusium, rappelle le labyrinthe de Crète ; bâti en pierres taillées, ayant chaque côté large de trois cents pieds, haut de cinquante, il était surmonté de cinq pyramides de soixante-quinze pieds de largeur et. de cent cinquante de hauteur (2). Les tombeaux de Castel Dosso et de Norchia, les uns de forme égyptienne, les autres de style dorique, sont, par l'architecture extérieure, les plus impor-
giques faite par lui, et déposée à la bibliothèque Mazarine, sera toujours précieuse.
(1) Voy. PLiNE, Hist, nat., XXIV, 16.
(2) « Comme l’invraisemblance, dit,Pline, passe toutes les bornes, nous emprunterons pour le décrire les paroles mêmes de Varron. Porsenna fut enseveli près de la ville de Clusium, dans un lieu où il avait fait construire un monument en picrres carrées ; chaque côté a 300 pieds de longueur, 50 de hauteur , et la base, qui est carrée, renferme un labyrinthe inextricable, dont on ne pouvait trouver l’issue si l’on y entrait sans un peloton de fil; au-dessus de ce carré sont cinq pyramides, quatre aux angles, une au milieu, larges à leur base de 75 pieds, hautes de 150, . dont les sommités supportent chacune un globe de bronze et un chapeau d’où pendent, attachées à des chaînes, des clochettés qui, agitées par le vent, porteti{ léur son au loin, comme il en était autrefois à Dodone. Au-dessus de ces globes sont quatre autres pyramides hautes chacune de 100 pieds ; par-dessus ces dernières pyramides, et sur une plate-forme unique, étaient cinq autres pyramides dont Varron a eu honte de mentionner l'élévation ; mais les fables étrusques les disent aussi hautes que tout le monument. » His. nat., XXVI, 19.
Il est étrange que, malgré tous les efforts des artistes, on ne puisse que bien difficilement dresser un plan exact de la plupart des constructions antiques dont les auteurs nous ont laissé la description, Aucune, au surplus, n’a offert plus de difficultés que celle-ci, sur laquelle on a écrit les choses les plus extravagantes. Le père Angelo Cortenovis (Su! mausoleo di Porsenna, 1799) y a vu une grande machine électrique. Letronne en nie tout à fait l'existence (Journal des savants, avril 1817, et Mémoires de l’Acad., t. IX, 1831, p. 372; Annales de l'Institut de la correspondance archéologique ) ; il suppose que c’est une fiction dans le genre du palais d’Osymandias en Égypte, ne pouvant considérer comme autre chose la construction impossible de pyramides sur pyramides, appuyées sur des globes, ete. Quatremère de Quincy substitue un chapeau au globe surimontant les cinq pyramides ; selon lui, le second et le Lroisième supra indiquent, non un édifice superposé, mais une construction placée plus haut, Dans les Annales de l'Inst. de la corresp. arch. pour l'année 1829, déjà citées, le duc de Luynes, en critiquant la restauration de M. Quatremère, en propose une autre qui offre les mêmes difficultés générales , indépendamment de celles de détail. Le fait est que l’on ne peut reconslruire raisonnablement ce qui peut-être n’a jamais existé que dans l'imagination ou dans des chants poétiques, comme le bouclier d'Achille, IE est d'ailleurs impossible qu’un édifice aussi merveilleux, conservé comme sacré par la vénération dun peuple artiste el sacerdotal, eût élé détruit en quatre ou cinq siècles, de manière à ne pas laisser de traces. Or, nulla vestigia exstant, dit Pline, |
tants de ceux qu’on a découverts dans le tuf. Dans ceux de Norchia, on voit un bus-relief qui est peut-être unique exemple en Italie d’une composition étendue et complète de fronton antique. L’architecture, dans le genre de celle que Vitruve appelle barycephala, devait être décorée de couleurs.
Les constructions que l’on retrouve en plus grand nombre dans l'Étrurie sont les tombeaux; ils sont tantôt par rangées dans la roche , hors des endroits habités , tantôt par cucumelles, éminences funéraires. On a découvert dans la plaine de Volei, où était située l’ancienne cité de ce nom, une de ces constructions avec des portes à cintre aigu, des lions et des griffons. Près de Toscanella , dans la vallée où coule la Matra , les roches sont percées d’un grand nombre de grottes uniformes , qui devaient être une nécropole. La plupart sont des chambres à voûte plate ou cintrée (1); le mort était déposé dans la terre, entouré de pierres plates ou de grandes tuiles , sur lesquelles on inscrivait son nom avec divers ornements tout autour. Plus tard on bràla les cadavres, etles cendres furent conservées dans des urnes, portant inscrits le nom et l’âge du défunt ; parfois on déposait dans la chambre sépulcrale tous les vases qui avaient servi a: banquet funéraire. Il n’y a pas un mot dans ces inscriptions qui exprime un sentiment de douleur, un adieu mélancolique.
La nécropole de Tarquinies, creusée dans le tuf, au milieu d’une plaine près de Corneto, à douze milles de Civita-Vecchia et à trois de la mer, fut ouverte dès la fin de l’année de 1600; mais, après 1824, elle devint l’objet de recherches plus actives, et lord Kinnaird en tira beaucoup de beaux vases et de précieuses antiquités. On y descend par une ouverture ronde , en forme d’entonnoir, à l'aide d’entailles pratiquées dans les parois; les voûtes des tombeaux sont maçonnées comme les nôtres, ou à petits carreaux creux (lacunaria), ou bien en forme d’arête de poisson, comme les pavages antiques , et soutenues par des pilastres carrés du même tuf. Ils ne reçoivent de lumière que par l'entrée, et pourtant les voûtes, les murs, les piliers , sont couverts de peintures ; elles représentent en général des combats et autres dangers de la vie , ou l’état des âmes après la mort, comme les lares accompagnés du chien vigilant , des démons ailés qui traînent dans un char l’âme du défunt , ou frappent avec des marteaux un personnage nu, gisant par terre. On sent dans quelques-unes de ces peintures l’influence grecque; d’autres conservent intact le caractère
(1) Ofioli, De’ sepolcrali edifisit dell Etruria media.
de Norchia, le en Italie 1e. L’archirycephala,
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étrusque, et peuvent donner une idée des arts nationaux; car on ne saurait supposer, comme pour des vases ‘qu’elles aient été apportées du dehors. On tira des tombes, qui n’avaient pas encore été violées, différents objets en métal , notamment un bouclier cisclé de plus de trois pieds de diamètre, un grand masque de bronze , aux yeux d'émail , et de petites idoles , émaillées aussi , dans le genre des statuettes égyptiennes.
Lanzi, qui veut déduire toute forme de l’art grec, s’écrie : Où «trouve-t-on en Étrurie une divinité avee quatre ailes , comme les « Phéniciens etles Maltais , leurs élèves , représentent les dieux ? « Bien plus , parmi les anciens bronzes d’Étrurie, qu’on peut at- « tribuer aux époques les plus reculées, voit-on une idole , non « pas avec quatre ailes, mais avec deux seulement (1)? » Et Winckelmann : «Le meilleur moyen de soutenir l'opinion favo- « rable aux Étrusque serait de produire des vases trouvés réelle- « ment en Étrurie ; mais jusqu’à présent on n’a pu en montrer. » Eh bien ! depuis vingt ans, on les a découverts par nrilliers.
En 1828, Lucien Bonaparte, prince de Canino, faisant creuser par hasard sur les rives de la Fiora, vers lenord de Tarquinies, découvrit une chambre sépulcrale , derrière laquelle il s’en trouvait d’autres , si bien qu’il réunit jusqu'à trois mille vases de la plus grande beauté, outre beaucoup d'objets en bronze, en or et en ivoire, Il présuma que ce devait être l'emplacement de Vétulonies, siége principal de la confédération étrusque (2) ; cette ville était déjà détruite lors des premiers siècles de Rome. Ces hypogées seraient donc antérieurs à Romulus, et auraient précédé de quatre siècles l’époque la plus florissante des arts grecs. I faudrait alors les considérer comme criginaux , et la ressemblance que l’on trouve dans les inscriptions proviendrait de l’origine commune des alphah”t: étrusque et grec, pélasgiques tous deux.
De nombreux. renseignements historiques attestent la haute antiquité des arts en Italie. Romulus déroba en Étrurie un cha 6. bronze; Pline parle des peintures d’Ardée , antérieures à la fonda. tion de Rome. Les Romains eurent recours aux habitants de l'Étruvie, pour exécuter les grands ouvrages faits du temps de leurs rois; la Louve du Capitole, qui rivalise avec les chefs-d’œuvre de l'antiquité, témoigne aussi de la prospérité des arts en Étrurie, dans les premiers siècles de Rome, La florissante cité d’Adria fut prise
(t) Saggio, À. Up. 28. De ce qu'il demandait on peut voir des exempies dans Micau, planches XXI, XXIX, XXX, etc, (2) Cette précieuse collection a enrichi le Musée Britannique,
Vases,
et détruite à l’arrivée des Gaulois , vers cette même époque ; les œuvres d'art, et surtout les magnifiques vases que l’on a découverts surson emplacement, et qu’on trouverait en plus grand nomibre encore si l’on y pratiquait des fouilles, durent donc précéder cette invasion.
Cen’est pas d’ailleurs dans la seule Étrurie que se trouvent ces vases, mais encore dans la Grande Grèce, à Nole, à Capoue, à Naples, à Pæstum , en Sicile, comme aussi à Athènes, à Mégare, à Aulis, dans la Tauride, à Corinthe et dans les îles grecques, dans la Cyrénaïque ; or leur terre fragile a conservé intactsles traits délicats qui lui ont été confiés, mieux que ne l’auraient fait le bronze et le marbre. On les rencontre en général dans les tombes peu profondes , excepté à Nole, où les éruptions du Vésuve les ont recouvertes d’une couche de vingt pieds d'épaisseur. Gestombes consistent dans une chambre, en stuc, peinte parfois, au milieu de laquelle gît le cadavre , ayant un vase près de la tête , d’autres autour de lui, ou suspendus au mur, avec des clous en bronze qui varient en nombre et en richesse , selon la condition du mort. Ces vases, en général, ont la forme d'aiguière , avec le bassin, et paraissent avoir été destinés à des usages domestiques; quelquesuns, les plus précieux par le volume, par l’art et la matière , sont de purs ornements, puisque le fond y inanque. Tous sont vernissés et couverts de figures représentant des sacrifices, des jeux, des faits mythologiques et héroïques ; ils portent aussi des mots de bon augure (1), ou les noms des artistes et ceux des dieux. Un vase admirable a été découverten 1835, à Rovo, province de Bari ; il a six palmesde hauteur, et son diamètre est de trois palmes et nn pouce ; les peintures, d’une grande richesse , disposées en plusieurs compartiments, offrent plus de cent cinquante personnages , des masques, des poissons, des oiseaux.
Tant de richesses ne firent que compliquer la question au lieu de la résoudre, I serait trop long de répéter tont ce qui a été dit à ce sujet; car, sans parier de ceux qui ont décrit ces vases, on peut dire qu'il n'est pas un antiquaire de quelque réputation en Europe qui ne les ait considérés, soit dans quelques-unes de leurs particularités , soit sous un aspect général, Les uns s’obstinent à n'y voir que des ouvrages grecs (2), où fabriqués par des colons
(1) XAIPE LT, = KAAOË KA LAOGOË. : = KAAOË XAIPE KATIIIE, HO AIS KAAOË,
(9) Le Père Lactavsse publia quelques vases étrusques dans le Yusæum Romanum de 1690, puis Brrorn, Monrratcon, éerivirent sur lo même sujet, ef, avec plus d'exactitude, Dempsrer dans l'£truria roule, ensuite Gont dans le Mu-
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