‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 110 sur 347 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

successeur, Nicolas III. Ce noble romain, de la famille «les Orsini, *jcmt occupé d’établir entre les États italiens, au profit du saint-siège, une sorte d’équilibre qui pût faire écbecà la puissance de Charles d’Anjou, opposa d’abord l’un à l’autre je nouvel empereur et le roi de Sicile. Il fit renoncer le pre- , rnicr à toute prétention sur la Sicile, à toute suzeraineté sur la Provence; h’ second aux titres de sénateur de Rome et de, '-icairc de l’empire.. Fortifiant le saint-siège entre ces de \ puissances, il se fit garantir par l’empereur la possession alors presque nominale de tout le territoire compris en! ' ihmicofani et Ceprano, de la Romagne, de la marche fl’ A icône et de la Pentapole; il nomma sénateur de Rome sou neveu, Bertold Orsini, déjà comte de Romagne, et un autre de ses parents, Latino, légat a laterc dans l’Italie centré”. Sa politique dans le reste de la péninsule, dégagée de toute préférence entre les guelfes et les gibelins, n’ayant «i’autre but que d’assurer la puissance du saint-siège et de maintenir l’indépendance de l’Italie, tendait même à affaiblir les guelfes qui prêtaient plus d’appui à la dynastie angevine qu’au saint-siège, et à fortifier les gibelins qui ne pouvaient compter sur l’empereur. Son légat Latino réconciliait à Pologne les Giercmei et les Lambertazzi ; lui-même faisait rentrer décidément les gibelins à Florence et favorisait dans la Lombardie l’élévation de l’archevêque de Milan , Othon Yisconti, chef du parti gibelin , à la seigneurie de cette ville (15.77), aux dépens do Napoléon délia Torre, partisan de Charles d’Anjou, qui semblait déjà y avoir un droit héréditaire. Le frère de, saint Louis rongeait son frein et cherchait une assez maigre consolation en achetant de Marie d’Antioche, dernière héritière des rois de Palestine et nommée pour cela Mademoiselle de Jérusalem, la couronne de Godelroi de Pouillon.

Ce Nicolas 111 qui ne fit que passer sur le saint-siège était un homme d’un grand sens; ce que la foi de son prédécesseur avait entrevu, sa politique avait pour but de le réaliser. 11 savait que c’en était fait du saint empire, et ne revendiquait pas pour lui les prétentions d’un autre temps; son ambition était d’étouffer les vieux partis, et de constituer la

puissance politique du saint-siège entre la monarchie méridionale et les républiques du nord, pour assurer leur équilibre au dedans, et leur servir de protection au dehors. Idée simple et juste qui eût pu garantir l’indépendance péninsulaire.

Aussi quand Nicolas III mourut ( 1280) persuadé que l’Italie, l’Orient ne pouvaient lui être assurés que par le saintsiège, le roi de Sicile accourut à Viterbe, força les portes du conclave, enleva trois des cardinaux qui lui étaient le plus hostiles, et emporta d’assaut l’élection d’un Français qui devait lui être tout dévoué, Martin IV. En effet. Je roi Charles fut investi de nouveau par sa créature de la dignité de sénateur de Rome et recouvra toute la puissance dont il avait déjà joui précédemment en Italie. Othon Visconti fut menacé de nouveau par Napoléon délia Torre, et prit le marquis de Montferrat pour podestat afin de le tenir en échec. Fisc même devint guelfe en Toscane. Charles d’Anjou acheva ses derniers préparatifs, leva une contribution forcée, rassembla tous ses vaisseaux, dirigea tous ses soldats aux ports de Manfredonia, de Tarente et de Brindes, n’attendant plus qu’un bon vent pour prendre à la tête de quinze mille hommes et de cent vingt galères la route du Bosphore. Mais, en s’assurant du concours de la papauté, le roi de Sicile avait oublié de gagner l’affection de son peuple.

Lcii Vêpres siciliennes; chute et mort «le Charles d'Anjou

Les rigueurs par lesquelles Charles d’Anjou avait essayé d’affermir sa conquête avaient souvent dépassé le but. La régularité que son gouvernement apportait surtout dans l’exécution des mesures fiscales inventées par les rois normands, avait répandu partout la haine de sa domination, mais particulièrement dans la Sicile. La royale Païenne que les rois normands et souabes s’étaient plu à orner de splendides monuments n’avait pas vu sans dépit son rang passer à la ville continentale de Naples, qui semblait à Charles d’Anjoi une capitale plus appropriée à sa puissance en Italie et à srs Vastes desseins ; le reste de l’île, laissé en proie à des

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