‹ Histoire universelle publiée par une société de professeurs et de savants sous la direction de M. V. Duruy Histoire de l'Italie depuis l'invasion des barbares jusqu'à nos joursChapitre 13 sur 347 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

l/EMPEREUR HONORIUS ET LE BARBARE STILICON (396-398). — L’ITALIE SAUVÉE D’ALARIC ET DE RADAGAISE ; L’EMPIRE PERDU (403-400). — ASSASSINAT DE STILICON PAR IIONORIUS (409); PRISE DE ROME PAR ALARIC (4 10); MORT DU ROI VIS1GOTH (4ll). — LE MINISTRE GONSTANTIUS ET LA PRINCESSE PLACIDIE (41 1-423). — L’EMPEREUR VALENTINIEN 111 ET LE BARBARE AÉTIUS (425-456). — 1.E PAPE SAINT LÉON ET LES BARBARES ATTILA ET CENSÉRIC ; DEUXIÈME PRISE DE ROME (452-455). — LE SUÈVE RICIMER ; LES EMPEREURS A VITES , MAJOR1EN, SÉVÈRE, ANTHÉMIUS ET OLYBRIUS (455-472). — LES DERNIERS EMPEREURS; LES BARBARES ORESTF ET ODOACRE ; ABDICATION DU SÉNAT ROMAIN (472-470).

L'empereur lIonoriuM et le barbure gtlllcon (395.398;.

Après la mort de Théodose, le premier personnage de l’empire romain, partagé entre deux enfants, l’Orient à Arcadius, l’Occident à Honorius, était un barbare , le Vandale Stilicon.

Revêtu du titre de maitre général d’une milice qui comptait plus d’étrangers que de nationaux dans son sein, époux de la nièce même de Théodose, la belle et adroite Sérène, Stilicon avait été chargé de la tutelle d’Honorius et de la régence de l’Occident, peut-être même du soin des deux empereurs et des deux empires. 11 s’assura d’abord en homme de précaution du pouvoir militaire. Tandis que Sérène, à Milan, s’emparait de l’esprit du jeune Honorius, auquel elle promit sa tille et qu’elle domina longtemps, il mit la main sur l’armée rassemblée dans la haute Italie après la guerre contre Arbogast; et en la partageant entre les deux empereurs, il eut soin de garder pour Honorius, c’est-à-dire pour lui-même, les troupes les plus braves et les mieux disciplinées. Habile et ambitieux, plein d’énergie et d'astuce, soupçonneux et vindicatif , il avait les qualités

l.Voy. Gibbon, Histoire de la chute et de la décadence de l'empire romain: J. I.ebcau, Histoire du Bas-Empire ; Crcvicr . Histoire des Empereurs ; I.e Nain de Tillemonl. Histoire des Empereurs : Jurnandbs , Annales des (lot lis ; Asrhbach, Geschichte der Westgotlie ».

et les défauts qu’une si haute fortune, au milieu d’un monde civilisé et corrompu, devait développer dans un barbare. Le sort de l’Italie et de l’empire était attaché au soin de son intérêt personnel et de son ambition jalouse ; le jeune Honorius, faible de corps et imbécile d’esprit, n’ayant d’autre souci que celui d’élever des poulets pour son plaisir.

Le noble désir de gouverner et de défendre l’Occident et l’Orient, l’envie de punir Rufin, ministre d’Arcadius, rival qui l’avait voulu perdre et qu’il méprisait, portaient Stilicon à vouloir exercer dans tout l’empire le pouvoir que lui avait laissé Théodose. Il sentait que l’unité du commandement était une condition de salut pour tout le monde romain, et il regardait Arcadius et son ministre comme incapables de contenir la nation des Yisigoths qui avait déjà franchi le Danube. Sous prétexte de conduire lui-même à Arcadius les troupes de l’Orient , qu’il avait composées des plus faibles et des plus turbulentes , il se dirigea d’abord sur Constantinople , pour se rendre maître aussi du pouvoir en Orient au nom d’Arcadius. Arrêté par un ordre que Rufin dicta à son pupille, il confia le commandement des troupes au Goth Gainas, avec la mission de le venger, sans toutefois renoncer encore à ses projets. L’année suivante (396), il profita de l’invasion prévue desGoths dans l’Attique et dans le Péloponnèse pour chercher à acquérir des droits à la faveur d’Arcadius en le défendant. Il débarqua aveG une armée, près des ruines de Corinthe, dans l’intention de couper la retraite au chef des Goths , Àlaric , qui venait de piller Argos et Sparte ; il le resserrait déjà et l’enveloppait sur les monts Pholoé, aux frontières de l’Élide, et espérait le forcer bientôt par la famine , lorsque Àlaric , profitant de la négligence de quelques soldats, traversa les retranchements romains et regagna, à marches forcées, le nord de la Grèce.

Ayant éprouvé un échec au lieu de rendre un service, le ministre de l’Occident fut mal récompensé; l’eunuque Eutrope, nouveau ministre d’Arcadius, déclara Stilieon ennemi public pour être entré en armes dans l’empire d’Orient , et octroya à Alaric le gouvernement de la province d’illyrie orientale, avec le titre de maître de la milice. Les

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