CHAPITRE XII
lence des barons napolitains, devait faire de ce royaume le type de l’anarchie royale et féodale. Robert, en donnant pour époux à sa fille Jeanne, héritière de sa couronne, André, fils de Charobert son frère aîné et roi de Hongrie, avait fait asseoir la discorde sur le trône, loin de la détourner du royaume. La jalousie d’André et de Jeanne, qui prétendaient régner chacun en vertu de ses propres droits, envenimée encore par les rivalités des deux factions hongroises et napolitaines, et par les désordres d’une cour galante, éclata dans toute sa fureur et donna lieu à un drame sanglant. Quelques jours après son couronnement , le roi André, victime d’un complot ourdi par un fils naturel de Robert et une confidente de la reine, fut attiré par ruse hors de la chambre royale , massacré et jeté par les fenêtres du palais. Le pape Clément VI ordonna au grand justicier du royaume de poursuivre le crime sans acception de personnes. Louis le Grand, roi de Hongrie, frère de la victime, débarqua dans le royaume pour tirer de Jeanne une éclatante vengeance, et une nouvelle révolution menaça cette partie de l’Italie qui avait tant de fois changé de maître (1347).